Cristiano Ronaldo
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AFP/MIGUEL RIOPA
La phase de groupes est terminée dans les qualifications pour l'Euro 2012. Il ne reste que les matchs de barrage pour déterminer les quatre dernières places. Et parmi les barragistes, on retrouve le Portugal, qui mérite ce détour.
Le Portugal demeure une grosse pointure, mais n'est plus la même équipe qu'auparavant. En fait, ses qualités d'équipe souffrent. Individuellement, les joueurs ont tout ce qu'il faut. Mais ensemble, il leur manque quelque chose.
Le départ de joueurs comme Deco a fait mal au Portugal. Il n'y a plus la même créativité qu'avant. De la créativité, la Seleçao en manquait à son dernier match du groupe H, contre le Danemark à Copenhague, qu'elle amorçait en tête du groupe.
Dans ce match, les Scandinaves étaient l'opposé de leurs rivaux. Le collectif était bien rodé, l'organisation était impeccable. Ils ont triomphé 2-1, mais auraient aussi pu s'échapper avec un pointage plus lourd (3-0 ou 4-0).
En tant qu'équipe, le Danemark représente ce qui se fait de mieux. Son parcours de qualification en est la preuve : six victoires, une nulle et seulement une défaite.
La France qualifiée
Comme le Danemark, la France s'est qualifiée sur le tard pour l'Euro avec une nulle de 1-1 contre la Bosnie-Herzégovine. Les Bleus ont maintenant la paix pour préparer leur tournoi.
Cette qualification est tout à l'honneur de Laurent Blanc, qui a redoré le blason d'une équipe en déroute après le Mondial. Il en a aussi profité pour donner des chances à une tonne de joueurs, surtout des jeunes.
Le problème de Blanc, c'est qu'il ne semble pas encore avoir trouvé son équipe type, malgré de nombreuses expériences.
On sent au moins que la France est plus unie. La qualité de groupe, c'est cet aspect qui était le problème l'an dernier et qui a fait la force de ses meilleures équipes par le passé, comme celles de Platini et de Zidane.
L'Angleterre et Rooney
L'Angleterre prend aussi la route de la Pologne et de l'Ukraine, mais doit trouver un plan B parce que Wayne Rooney ratera les trois premiers matchs du tournoi en raison d'une suspension.
Fabio Capello est ainsi privé de son meilleur pion, de SON cadre en attaque. Cette année, on a le Rooney des beaux jours. Sa suspension complique la vie de l'Angleterre, mais d'autres joueurs pourraient émerger.
En l'absence de Rooney, Ashley Young m'apparaît comme un bon candidat pour prendre la relève à l'avant, même si on l'a souvent utilisé comme ailier. Son transfert à Manchester United lui a fait découvrir une équipe de premier plan. Son rythme et ses qualités en attaque en ont profité. Il amène de la créativité.
Young est d'ailleurs un peu l'image d'un virage jeunesse qui s'amorce pour les Three Lions. On veut déjà tester des joueurs pour préparer le départ de Frank Lampard et de Steven Gerrard pour que la transition se fasse en douceur d'une génération à une autre. On ne veut pas faire sécher des jeunes sur le banc pour ensuite leur donner les clés alors qu'ils n'ont presque aucune expérience.
Même avec un nouveau visage, l'Angleterre n'est pas encore au sommet en Europe. Ses qualifications pour l'Euro ont été bonnes, mais on s'attendait à une plus grande domination. Le problème avec cette équipe, c'est qu'on la place trop haut, sans doute parce qu'elle est trop médiatisée. Elle n'est pas dans la même ligue que l'Espagne et l'Allemagne.
Si on parle trop de l'Angleterre, on ne parle pas assez de l'Allemagne, qui s'est qualifiée avec 10 victoires en 10, 34 buts marqués et seulement 7 accordés. Joachim Löw a même essayé de nouveaux joueurs, comme Toni Kroos, et les résultats n'ont pas souffert. Son équipe est dangereuse et monte en puissance.
Les barrages
Je vois la Bosnie-Herzégovine battre le Portugal. Cette équipe n'a fini qu'à un point de la France, elle est préparée et est prête à grandir. Elle a montré qu'elle est difficile à battre et, surtout, elle a des qualités collectives que le Portugal n'a pas.
Le Monténégro est un pays jeune en termes de soccer (sa sélection n'existe que depuis 2007), mais il a déjà atteint les barrages de l'Euro, un signe d'une très belle progression. Je ne vois cependant pas comment il pourrait battre les Tchèques.
La Turquie, elle, a marqué presque autant de buts (13) qu'elle a récolté de points (17) en phase de groupes. Cette équipe n'a pas de grands atouts offensifs. La Croatie trouvera le moyen de gagner.
L'Irlande, de son côté, a hérité d'un pays que personne ne voyait là : l'Estonie. C'est sa chance de retrouver un premier tournoi majeur depuis le Mondial de 2002. Les Boys in Green ne rateront pas cette chance.
À bientôt.