L'AC Milan
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PC/AP Photo/Luca Bruno
Le conflit de travail est réglé en Espagne, tant mieux. On a agi sur le présent. De 80 à 85 % des joueurs étaient payés en retard ou pas du tout. On a mis en place un fonds pour l'avenir, pour éviter que l'argent s'envole et que les joueurs en souffrent.
En Italie, on a trouvé une solution à la grève des joueurs, avec un accord temporaire d'un an. Mais un dossier demeure en suspens, celui des joueurs indésirables. C'est d'ailleurs une tache sur le soccer italien.
Le problème des joueurs indésirables vient des propriétaires, souvent milliardaires, comme c'est de plus en plus la norme dans le soccer européen. Quand ils entrent en poste, ils ont déjà un groupe de 25 ou 30 joueurs, mais ils veulent aller chercher d'autres joueurs.
Voilà comment le groupe gonfle et comment des joueurs deviennent indésirables. Et le problème n'est pas qu'italien. Regardez Manchester City, avec sa quarantaine de joueurs dans l'effectif.
Les joueurs, mêmes indésirables, doivent garder la forme. Le fait de s'entraîner à l'extérieur, comme le veulent les équipes italiennes, ne les aide pas en ce sens. S'ils veulent trouver preneur ailleurs, ils doivent au moins avoir la forme.
Et ils sont en droit de rester parce qu'ils ont un contrat. Imaginez la même situation, mais dans un autre milieu de travail. Quand un employeur a des contrats à honorer, il ne peut pas simplement dire à des employés de rester à la maison. S'ils veulent relancer leur carrière ailleurs, ils doivent garder la main.
Les joueurs indésirables peuvent réagir différemment face au sort qu'on leur réserve. Certains accepteront leur salaire en patientant, en sachant qu'ils ne toucheraient justement pas le même salaire ailleurs.
Mais une chose est certaine, si on les fait entrer dans un match, on ne peut pas s'attendre à ce qu'ils se donnent autant pour l'équipe, qu'ils performent pour le maillot. La fierté d'appartenir à un collectif n'est plus la même et on comprend pourquoi. Les équipes et les amateurs en souffrent.
Cette situation des indésirables montre une triste réalité du soccer italien, qui s'étend aussi à l'Europe. Tout est pensé à court terme. Quand on ne performe pas à la hauteur des attentes après six mois, notre équipe regarde déjà ailleurs.
L'exemple parfait se trouve au Real Madrid. On a fait venir à grands frais Kaka comme meneur de jeu. Les choses n'ont pas fonctionné comme prévu et l'équipe a déniché un nouveau meneur de jeu, Mesut Özil. Mais elle a toujours Kaka dans son groupe.
Le mercato
Le mercato d'été est terminé. Le transfert le plus important : celui de Cesc Fabregas d'Arsenal au FC Barcelone. Pour Arsenal, c'était le début de la sécheresse parce que l'équipe a perdu le joueur qu'elle avait choisi comme successeur à Fabregas : Samir Nasri.
Nasri est maintenant à Manchester City, dans une équipe qui a déjà amélioré son potentiel offensif avec l'attaquant Sergio Aguero. On ne savait pas où irait cette équipe il y a un ou deux ans. On sait à présent qu'elle appartient au top 3 en Angleterre et qu'elle sera à craindre pour le titre.
Est ensuite venu le transfert de Samuel Eto'o de l'Inter Milan à l'Anzi Makhachkala. Il y a des choses qu'on ne sait toujours pas de ce transfert. Sur le plan sportif, c'est difficile à comprendre parce que l'Anzi n'est pas en tête de peloton en Russie et n'a encore jamais pris part à la Ligue des champions.
Eto'o est maintenant le joueur le mieux payé sur la planète. Il peut assurer l'avenir financier de sa famille jusqu'à ses arrières-petits-enfants.
Le transfert d'Eto'o est aussi curieux parce qu'il va à contresens des réformes de l'UEFA. D'ici 2013-2014, les équipes devront avoir des budgets responsables et équilibrés et contrôler leurs dettes, sans quoi elles seront sanctionnées jusqu'à une exclusion de compétitions européennes.
Maintenant, on vit la période de l'émergence des propriétaires milliardaires, qui gèrent leur équipe comme si elles étaient un jouet. Combien de temps cette situation peut-elle durer? Si ces propriétaires vendent leur équipe dans 5 ou 10 ans, que laissent-ils comme héritage à part une tonne de dettes?
Diego Forlan brandit la Copa America.
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AFP/DANIEL GARCIA
Forlan à Milan
Pour remplacer Eto'o, l'Inter est allé chercher Diego Forlan à l'Atlético Madrid. Les Milanais n'y perdent pas au change, puisque Forlan peut marquer des buts. On l'a vu à l'Atlético et avec l'Uruguay au Mondial et à la Copa America : Forlan est un meneur.
Forlan a maintenant 32 ans et a encore beaucoup de choses à offrir, comme Eto'o d'ailleurs. Il n'a jamais non plus été entouré d'aussi bons joueurs.
La perte d'Eto'o se fera quand même sentir. C'est un joueur qui peut jouer à plusieurs positions, qui travaille fort et qui apporte un élément physique. Forlan, lui, est essentiellement un finisseur, un joueur de surface.
Eto'o est difficilement remplaçable. Le FC Barcelone, malgré tout son prestige des dernières années, n'a plus eu d'autres joueurs comme lui depuis qu'il est parti.
À bientôt.