La finale Japon-États-Unis nous a donné un très grand match. L'intensité technique et la vitesse d'exécution étaient même comparables à celles d'un match masculin. Le match était à l'image du tournoi, où l'on a vu le soccer féminin faire un grand pas vers l'avant. Ça nous donne l'eau à la bouche pour le tournoi de 2015, au Canada.
Le Japon a encore prouvé que la dimension physique n'est plus si dominante au soccer féminin. Il a gagné avec son style, avec de petites joueuses, plus agiles, plus vives et plus techniques. On a un nouveau champion, qui a produit des résultats différemment.
Je ne suis pas surpris du triomphe du Japon. Sa victoire contre l'Allemagne en quarts de finale lui a donné un élan psychologique pour la suite. Avant, les Nippones frappaient une montagne contre des équipes physiques. Contre l'Allemagne, elles ont traversé cette montagne.
Homare Sawa dans le drapeau japonais
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AFP/DANIEL ROLAND
Contre les Américaines, on a vu leur combativité. Deux fois, elles ont comblé un retard. La détermination, la volonté et la concentration n'ont jamais fait défaut.
Les hauts et les bas des Américaines
Les Américaines ont quand même disputé leur meilleur match du tournoi, mais je ne suis pas prêt à dire qu'elles se sont fait voler le match. Après tout, les Japonaises ont travaillé très fort et ont imposé leur style en gardant possession du ballon. Il ne faut pas oublier non plus que les Américaines ont volé des matchs plus tôt dans le tournoi.
Les Américaines avaient toujours la même volonté, et elles étaient encore plus techniques. Elles se sont encore créé une tonne d'occasions, mais il y avait trop de rapidité dans l'exécution. Il fallait plus de patience, plus de sang-froid pour marquer. Les gestes étaient souvent précipités.
Dans les 15 premières minutes, elles ont par exemple eu trois ou quatre excellentes occasions, mais sans succès. Avec de la finition, elles auraient facilement pu prendre une avance rapide de 2-0 ou 3-0. Au final, ça les a rattrapées.
Les Américaines savent aussi où elles doivent reconstruire. L'équipe est très forte au milieu, où l'on récupère facilement les ballons. À l'avant, avec Abby Wambach, il n'y a pas de soucis. Le point faible, c'est la défense.
Pendant tout le tournoi, cette défense a donné beaucoup trop d'occasions à l'adversaire. En finale, le premier but japonais était un cadeau : on a mal dégagé le ballon pour le remettre aux pieds d'une attaquante.
Le bilan défensif des Américaines porte ombrage à celui de la gardienne Hope Solo. En finale, la gardienne a fait de gros arrêts pendant le match, et même pendant la séance de tirs au but.
Sawa, un choix logique
Homare Sawa a fait la différence pour le Japon dans le match, tout comme Abby Wambach pour les Américaines. Sawa n'a pas volé son Ballon d'or. De mon point de vue, il était clair que ce trophée serait remis à une joueuse de l'équipe gagnante. Et cette joueuse est l'image même du Japon.
C'est la capitaine de son équipe, elle marque le but qui force la séance de tirs au but et elle décroche le Soulier et le Ballon d'or. A-t-on besoin de plus de preuves sur ses qualités de meneuses?
La France comme le Japon
Le Japon est seulement la quatrième équipe titrée au Mondial. Qui sera le nouveau Japon, la prochaine équipe qui émergera?
À mon avis, l'équipe de l'avenir, c'est la France. Elle a montré de belles choses en Allemagne, où elle a progressé comme jamais auparavant. Ses joueuses ne sont pas très vieilles. Le noyau restera le même, peut-être même qu'on amènera d'autres jeunes joueuses.
Les Françaises jouent un peu comme les Japonaises, avec une excellente technique, mais elles sont encore plus physiques et explosives. Il faudra certainement les surveiller.
Les Japonaises, elles, ont maintenant une confiance maximale. L'équipe était 4e au classement avant le Mondial, mais elle peinait contre des adversaires physiques. Ce n'est plus le cas. Elle a maintenant la tête haute. Mentalement, elle ne se sentira plus intimidée.
À bientôt.
Les Japonaises célèbrent leur conquête.
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CHRISTOF STACHE