Onze souvenirs d'Allemagne 2011

Les trois dernières semaines à couvrir pour vous les matchs de la Coupe du Monde féminine de la FIFA ont été un véritable plaisir. Et je suis certain que vous avez, comme moi, plusieurs images gravées en mémoire pour vous souvenir de cette compétition qui a marqué une transition importante pour le soccer féminin.

Voici les 11 images qui ont le plus frappé mon imaginaire :

1. Le masque de Christine

La Canadienne n'a pas disputé un tournoi à la hauteur des attentes (les siennes comprises). Le coup de coude encaissé à la fin du premier match contre l'Allemagne lui a fracassé le nez et les chances du Canada de progresser dans ce tournoi. Le masque a permis à l'attaquante étoile de revenir au jeu, mais elle n'était plus l'ombre d'elle-même.

2. Le visage exténué des Canadiennes... en début de tournoi

Force est d'admettre que les trois mois de préparation en Europe ont joué contre les membres de notre équipe canadienne, qui semblaient épuisées comme l'a fait remarquer Alexandre Darocha sur notre plateau après la défaite contre la France. Les Anglais appellent cela « cabin fever », une forme d'irritation provoquée par une trop longue période de vie commune dans des quartiers restreints. Les Canadiennes étaient prêtes physiquement et tactiquement, c'est l'épuisement psychologique qui a eu le dessus.

3. Le sourire des Japonaises

La Japonaise Homare Sawa acclamée après son tour du chapeau La Japonaise Homare Sawa acclamée après son tour du chapeau.   © AFP/Patrik Stollarz

Les Japonaises ont marqué ce tournoi avec un esprit de groupe hors du commun. On a souvent utilisé l'image de fourmis qui travaillaient sans s'arrêter jusqu'à ce que l'éléphant tombe. Elles ont fait le coup aux Allemandes, aux Suédoises et aux Américaines.

4. La danse suédoise de célébration

Pour chaque but et chaque victoire, les Suédoises y allaient d'un même pas de danse, inspiré par Logobitombo, une chanson de Moussier Tombola. Sympathique, cette équipe suédoise n'a perdu qu'un seul match au mauvais moment et a dû se contenter d'une médaille de bronze.

5. Le partisan en feu de la Guinée équatoriale

Les attentes étaient nulles envers cette équipe africaine, sauf pour ce partisan non identifié dont les caméras des stades ne manquaient pas de suivre les moindres réactions absolument éclatées entre les phases de jeu. Cet homme nous a rappelé que la passion ne dépend pas des résultats.

6. Les talents de chanteuse de Megan Rapinoe

Après avoir marqué le deuxième but des siennes dans la victoire de 3-0 sur la Colombie en phase de groupe, Megan Rapinoe se précipite dans le coin du terrain, y va d'une petite vérification audio en tapant vigoureusement sur le microphone, puis reprend le refrain du succès de Bruce Springsteen Born in the USA. Sublime et surtout, inédit!

7. La bonhomie de Bruno Bini

Affable au possible et philosophe jusqu'au bout des ongles, Bruno Bini s'est avéré à mes yeux la découverte de ce tournoi. Véritable bouffée de fraîcheur avec ses propos teintés d'humour, il a été tout ce que Raymond Domenech n'a pas été pour la France lors de son séjour à la barre des Bleus. Longue vie à Bini!

8. L'indécision anglaise

L'entraîneuse anglaise Hope Powell n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles. Aucune de ses joueuses n'a levé la main pour se porter volontaire pour la séance de tirs de penalty visant à départager la France de l'Angleterre en quarts de finale. Cette indécision a ensuite été décriée par Powell, exposant le manque de maturité de cette équipe qui accueillera le tournoi olympique l'été prochain.

9. Les stades allemands

Pas de doute, l'Allemagne est une nation de foot. La fédération allemande dispose de stades modernes à la fine pointe de la technologie et de dimensions tout à fait convenables pour les grands matchs, comme pour ceux qui ont tendance à moins attirer en phase de groupe. Ce pays est prêt à accueillir des tournois internationaux au pied levé.

10. Le meilleur et le pire d'Erika

Auteure de ce qui possiblement a été le plus beau but de la compétition pour ouvrir la marque contre la Guinée équatoriale, la défenseuse brésilienne Erika a aussi été conspuée avec raison par la foule du stade de Dresde pour sa feinte de blessure devant le but des siennes face aux Américaines en quarts de finale.

En terminant, j'aimerais remercier Patrick Leduc, Marie-José Turcotte, Valmie Ouellet et l'excellente brochette d'analystes et de collaborateurs que nous avons accueillis sur le plateau de Radio-Canada, mais aussi Jean-Pierre Veillette, Laurent Godbout, Catherine Boivin, Stéphane Roy, Réal Desrosiers, Thierry Bourdeau et Diane Hayfield, ainsi que toute l'équipe technique et le personnel de soutien pour le véritable privilège d'avoir travaillé avec vous sur ce projet qui a rappelé à tous et chacun que Radio-Canada avait encore et toujours la capacité de produire et de mettre en ondes des émissions à contenu sportif dont la qualité est difficile à accoter.

Bonne semaine et à bientôt!