La finale du Mondial féminin promet. Japon-États-Unis, ce sera la technique, la possession de balle et les passes courtes contre la puissance athlétique. Ces deux styles ont produit des résultats convaincants en demi-finales.
Contre la France, les États-Unis ont montré cette puissance athlétique. Quand c'était le moment de pousser dans les dernières minutes, les Américaines ont mis le match hors de portée de l'adversaire.
Elles ont aussi prouvé qu'elles ont une force mentale, une volonté hors du commun. C'est une équipe qui n'arrête jamais, qui est déterminée.
La France a quand même montré son caractère. La preuve : elle a tiré de partout. Elle a eu ses occasions, un poteau et des demi-échappées, mais n'a pas concrétisé assez rapidement.
Le but gagnant des États-Unis, marqué par Abby Wambach.
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AFP/Odd Andersen
Quand les Bleues sont revenues à 1-1, elles étaient parfaitement en contrôle. J'étais convaincu qu'elles ajouteraient un autre but. Le cas échéant, le jeu aurait été plus ouvert parce que les Américaines auraient pris plus de risques. La France aurait alors pu s'échapper en contre-attaque.
La sérénité japonaise
Contre la Suède, le Japon a dominé en possession. Il fallait s'attendre à ça. Les forces de la Suède, c'étaient la puissance athlétique et des contre-attaques placées. Comme il l'a fait contre l'Allemagne, le Japon a contré ces forces.
On sent d'ailleurs que cette victoire contre l'Allemagne lui a donné un élan mental, une force supplémentaire pour aller plus loin. Contre la Suède, les Japonaises sont restées imperturbables après l'ouverture du pointage par leurs adversaires.
La Suède était pourtant la seule équipe à n'avoir pas encore perdu dans le tournoi. Les Japonaises ont continué de jouer leur style, sans se poser de questions, en faisant circuler le ballon.
Avec l'erreur de la gardienne Hedvid Lindahl sur le troisième but japonais, le match était perdu pour la Suède. Si les Scandinaves avaient évité ce troisième but, elles auraient encore été dans le coup. À 3-1, tout changeait. Ça tuait le moral.
La finale
Pour la finale, je donne l'avantage aux Japonaises parce qu'elles sont gonflées à bloc depuis leur victoire contre l'Allemagne. On sent aussi que cette équipe veut en donner plus pour son pays, victime d'un terrible tremblement de terre.
Le pointage sera assurément serré, car ces deux équipes ne donnent presque rien. Pour me risquer aux prédictions : 2-1 Japon, peut-être en prolongation. Peu importe qui gagne, le soccer féminin sortira grandi. Ce Mondial aura été un très beau tournoi, où l'on a vu de la parité. On n'avait jamais vu du jeu aussi égal, rapide et technique.
Les Américaines auront certainement l'avantage physique. Leur volonté sera au rendez-vous, mais on ne peut pas gagner seulement avec de la volonté. Il leur faudra par exemple placer des centres et dominer dans la surface adverse. Il leur faudra également resserrer la défense, puisqu'elles accordent beaucoup d'occasions. Les Japonaises ont la technique et savent trouver les espaces, ce qui pourrait faire mal.
Les Japonaises, elles, ont justement prouvé qu'elles pouvaient se regrouper en défense. À cet effet, elles me font un peu penser au FC Barcelone. Elles mettent de la pression à deux ou trois joueuses sur la porteuse du ballon pour reprendre rapidement la possession.
Pour contrer le jeu physique, elles devront faire courir leurs adversaires. Physiquement, elles ne font pas le poids pour les duels. Et elles devront justement éviter ces duels en courant le moins possible avec le ballon, en le faisant plutôt circuler.
Et dans la finale pour le bronze, je donne l'avantage à la France. Son style est fluide et très technique. Cette équipe a mis les Américaines sur les talons. Elle est sur une pente ascendante et ne s'est encore jamais rendue à cette étape. On sent qu'elle veut bien terminer.
À bientôt.