L'entraîneuse Carolina Morace
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PC/Nathan Denette
La fête de la Confédération n'aura jamais été aussi triste pour une équipe nationale que celle de l'équipe féminine canadienne au lendemain d'une solide défaite aux mains de la France.
Sonnée par cette élimination beaucoup trop rapide de son groupe, sur qui les attentes étaient tellement élevées, l'entraîneuse Carolina Morace a en quelque sorte lancé un ultimatum en réclamant la création d'un circuit féminin au Canada.
Dans le contexte d'un moratoire imposé par l'Association canadienne de soccer sur l'expansion de circuits professionnels et semi-professionnels américains sur le territoire canadien, le débat arrive à point.
Rappelons que c'est devant l'absence de véritable activité en club que Morace a réuni ses joueuses en Europe pendant au moins trois mois avant le Mondial en Allemagne. Force est d'admettre que la contre-performance des Canadiennes à leurs deux premiers matchs a bousillé la progression notoire de cette équipe.
Sur Twitter, un ami a rapidement réagi à la défaite canadienne contre la France en écrivant : « Structure de club 4, Foot universitaire 0 ». Je suis d'accord avec le besoin de structure. À mon avis, cela s'inscrit dans la philosophie d'un club comme les Whitecaps, ce pour quoi un aussi grand nombre de Canadiennes s'y sont retrouvées, au grand dam des entraîneurs de l'Ontario et du Québec.
On reproche en quelque sorte la saison beaucoup trop courte de la W-League, où jouent trois membres de l'équipe actuelle, soit Emily Zurrer, Jodi-Ann Robinson et Desiree Scott avec les Whitecaps de Vancouver. Ce championnat de 12 à 14 matchs roule pendant deux mois, de la mi-mai à la mi-juillet. C'est à se demander comment on pourrait mieux structurer les choses pour empiéter davantage sur les 10 mois de l'intersaison.
L'Olympique Lyonnais, qui compte une dizaine de représentantes dans l'équipe de France, dispute une saison de 22 matchs, en plus des rencontres de Coupe de France et de Ligue des champions, entre le début septembre et la fin mai. Ces joueuses sont donc sollicitées au moins 9 mois sur 12, sans compter les rappels dans l'équipe nationale.
Circuit canadien : une utopie
Je crois que la création d'une ligue féminine canadienne n'a pas plus de chance de voir le jour qu'une ligue professionnelle canadienne chez les hommes. Comme c'est le cas pour tous les autres sports majeurs nord-américains, il faut investir dans un club canadien et trouver le moyen de se joindre à un circuit existant à prédominance américaine.
Justement, un circuit de calibre intéressant vivote aux États-Unis depuis 2007, la WPS (Women Professionnal Soccer), qui réunit en 2011 six clubs basés dans l'est des États-Unis (Boston, Rochester, New York, Philadelphie, Atlanta et Boca Raton). C'est là que jouent déjà les internationales canadiennes Christine Sinclair, Candace Chapman, Sophie Schmidt, Kelly Parker et Karina LeBlanc.
Si on ne veut pas allonger la saison de la W-League, pourquoi ne pas injecter une dose de vitalité dans la WPS en y installant son équipe?
Vancouver a déjà signifié son intérêt de faire passer son équipe féminine en D1 et je ne vois pas comment les Sounders de Seattle, qui connaissent aussi du succès en W-League, pourraient passer à côté de l'occasion, créant un noyau pour une expansion vers l'Ouest canadien.
Dans l'est du pays, il y a suffisamment d'argent à Toronto et à Montréal pour démarrer un tel projet. Il ne reste plus qu'à trouver une personne qui a le désir et beaucoup de vision pour aller de l'avant.
Ayant fait ses preuves, ce club pourrait ensuite se rattacher au Toronto FC et à l'Impact, qui ont pour le moment les mains trop pleines avec leur première équipe masculine pour s'empêtrer avec un projet féminin.
N'oubliez pas que le Canada accueillera la prochaine Coupe du monde féminine de la FIFA en 2015, précédée en 2014 par la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA. Montréal compte jouer un rôle important dans ce tournoi, notamment en y attirant le quartier général du tournoi et la finale.
C'est dans cette optique qu'une personne de vision, appuyée par du personnel technique de valeur, pourrait convaincre quelques investisseurs de bâtir un projet gagnant. Deux années de mises sur pied, une première année de fonctionnement dans la WPS et plusieurs années de récolte à compter de 2014.
Si un sport féminin professionnel peut réussir au Canada, c'est bien le foot. Toutefois, comme on l'a vu chez les hommes, le succès devra passer par les circuits nord-américains déjà en place.
À bientôt!