Un groupe divisé

  |  Frédéric LordTwitter  |  Radio-Canada
Marc Dos Santos Marc Dos Santos   © Pépé/Impact de Montréal

Pour l'Impact de Montréal, les problèmes sur le terrain n'en finissent plus. À la veille d'affronter de vieux rivaux, les Islanders de Porto Rico, le onze montréalais s'engouffre dans une spirale de questionnements.

Ainsi, le collectif prend le bord, la solidarité est larguée.

« Le groupe n'est pas uni à 100 %, explique à l'autre bout du téléphone l'entraîneur Marc Dos Santos. En raison des différentes langues, du fait que l'on a des Français, des Américains, on n'a pas encore trouvé cette union-là. Et, sans ça, c'est très difficile d'être une équipe. »

Naturellement, la dernière défaite contre la pire équipe de la ligue, les Silverbacks d'Atlanta, n'a pas aidé à rapprocher les individualités.

« Une équipe championne ne se bâtit pas en quatre ou cinq mois, insiste Dos Santos, mais les joueurs sont encore en train d'apprendre à se connaître pas juste sur le terrain, mais comme personnes. »

En somme, tout le monde tire de son côté, avec le résultat que l'on connaît : deux petites victoires en neuf matchs. Et si ça continue comme ça, les joueurs n'auront pas à se souffrir longtemps, puisque l'équipe est en 7e position au classement de la NASL, exclue des séries éliminatoires.

Pour le maestro, un peu plus de simplicité ferait l'affaire. « On a besoin de beaucoup, beaucoup plus d'humilité », insiste-t-il.

À défaut de solidarité, de la volonté

Marc Dos Santos largue-t-il ses joueurs? Ce serait mal connaître l'homme.

« Ils veulent s'en sortir, assure Dos Santos. Mais après il y a des choses comme la peur de faire une erreur qui s'installe. Il y a aussi la volonté de vouloir tout faire parfaitement parce que nous sommes tous en démonstration pour la MLS. »

Bill Gaudette Bill Gaudette   © Pepe/Impact de Montréal

Et lorsque Dos Santos dit « tous », il parle vraiment de tous ceux qui se démènent sur la pelouse, équipe technique comprise. Personne n'est sous contrat pour 2012, une situation qui n'aide en rien la confiance et l'unité.

« Est-ce qu'on est emprisonné à cause de ça? À un moment donné, il faut qu'on se libère. Il faut mettre ça de côté. »

Toutefois, la défaite à Atlanta aura été la preuve patente de l'état d'esprit fragile du groupe. Les deux buts accordés auront été le résultat de gaffes monumentales de deux des meilleurs joueurs du onze montréalais.

« Dans des zones où on doit rester simple, on veut être parfait, explique l'entraîneur, faisant notamment référence à la relance catastrophique de son gardien de but qui a mené au but de la victoire. Au lieu d'être simple et d'être direct, on prend des risques. »

« Depuis le début de la saison, enchaîne-t-il, les joueurs qui doivent prendre un rôle important dans cette équipe comme Leo (Di Lorenzo), David Testo, comme Philippe Billy et Bill Gaudette n'excellent pas. Ça fait mal à l'équipe. »

D'un même souffle, ne laissant pas les questions venir, Dos Santos relance ses idées, comme s'il voulait incarner l'acharnement qu'il met à trouver les solutions.

« L'équipe a besoin d'eux, de ces meneurs-là, assure-t-il. Une mauvaise phase, ça arrive à tout le monde au travail, dans le sport, mais il faut qu'ils s'en sortent le plus vite possible parce que la saison va finir rapidement. »