La Ligue majeure de soccer (MLS) s'apprête à connaître un moment charnière de son histoire avec la première participation d'une de ses équipes à la Coupe du monde des clubs de la FIFA.
Petite nuance ici. Deux équipes, soit DC United (1998) et le Galaxy de Los Angeles (200) ont déjà été championnes de la CONCACAF. Puisque la Coupe du monde des clubs de la FIFA a été créée en 2000, DC United était trop précoce pour inscrire la MLS à un tournoi de la FIFA.
Les Whitecaps célèbrent la victoire.
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PC/Aaron Harris
Par contre, Los Angeles s'est qualifié pour la deuxième édition de cette compétition prévue en Espagne en 2001, mais l'événement a été annulé quelques mois avant le premier coup de sifflet en raison de la faillite du groupe suisse ISL, principal partenaire marketing de la FIFA.
Le Galaxy devait notamment y affronter le Real Madrid, titulaire de la Ligue des champions d'Europe, qui venait tout juste de faire sauter la banque en obtenant les services de Zinedine Zidane. La Coupe du monde des clubs a été relancée en 2005, mais jamais un club de la MLS ne s'y est présenté.
Alors que mes voisins regardaient paisiblement les Capitals de Washington combler un déficit de trois buts pour vaincre les Rangers de New York mercredi dernier, j'avais les yeux rivés sur le match aller de la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF 2010-2011, mettant aux prises le Real Salt Lake à la puissante équipe de Monterrey, championne de la première partie du calendrier de Primera División du Mexique.
Ce match était d'une importance capitale pour le club de l'Utah dans un contexte où les succès au Mexique sont maigres et parsemés pour les clubs américains. Un résultat négatif, par exemple une défaite de 2-0 aurait certes maintenu la tendance alors que les clubs mexicains ont remporté les cinq derniers titres continentaux de club et 25 des 45 couronnes mises en jeu depuis 1962.
En comblant deux fois des retards d'un but, les Royaux ont soutiré un verdict nul de 2-2 à saveur de victoire aux Rayés. Ces deux buts en déplacement, premier facteur de départage en cas d'égalité après deux matchs, leur procurent un avantage monstre.
L'engouement suscité par cette prestation est palpable aux quatre coins de la MLS et avec raison. La présence d'une formation du circuit Garber au mondial des clubs rejaillirait sur les 18 autres équipes du circuit, notamment le Toronto FC, Vancouver et Montréal, qui grimperaient tous d'un cran dans l'intérêt de bien des joueurs à travers le monde en quête de contrat.
Si la naissance de la ligue, sa durabilité et sa croissance depuis 16 saisons, suivies par l'arrivée des Rafa Marquez, David Beckham et Thierry Henry ont contribué à l'aspect visibilité, cette qualification à la Coupe du monde des clubs de la FIFA par le Real Salt Lake marquera une autre étape importante, celle-là sur le plan de la crédibilité.
Elle déclenchera aussi l'envie (si ce n'est pas déjà le cas) des autres clubs du circuit à s'assurer d'être de la fête dans les années à venir.
L'Impact de Montréal, bouleversé par son élimination
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Pépé/montrealimpact.com
Et au Canada?
À quand une équipe canadienne à cette Coupe du monde des clubs? Pas pour bientôt. Du moins, certainement pas l'an prochain.
Surprenant : le FC Edmonton affrontera le Toronto FC dans la première demi-finale du tournoi canadien donnant accès à la Ligue des champions de la CONCACAF. Le club albertain vient de subir une première défaite en trois matchs en NASL. On dit de cette équipe qu'elle joue la possession de balle comme peu de formations de son niveau, bien que cela ne suffise pas contre les Reds de la Ville Reine.
Les Torontois, comme l'architecte Numérobis dans Astérix et Cléopâtre, sont engagés dans d'éternels travaux de reconstruction avec des résultats pas trop jojo... En entrevue à une radio de Toronto, le directeur général Paul Mariner a laissé entendre qu'il faudra être patient. Bref, oubliez les séries éliminatoires de la MLS encore une fois cette année et croisez-vous les doigts, si jamais on passait au tournoi de la CONCACAF.
À Montréal, malgré toutes les bonnes intentions, les sourires et le travail effectué, les hommes de Marc Dos Santos ont le malheur de disputer leur place au tournoi de la CONCACAF un peu trop tôt dans leur processus de développement. Le mélange n'a pas encore atteint la bonne consistance que déjà il faut se frotter aux Whitecaps de Vancouver, les 27 avril et 4 mai dans la deuxième demi-finale canadienne.
Avec un but marqué à ses 180 premières minutes contre des clubs de D2, l'Impact ne fait plus peur aux Whitecaps. Les Vancouvérois ont encore quelques crottes sur le coeur à l'endroit des Montréalais, notamment après avoir raté une première qualification continentale en 2009 à la suite de la victoire à sens unique du TFC au stade Saputo. Ils n'ont pas non plus digéré la défaite contre Montréal en finale de la Première division USL en 2009.
Après un début de saison spectaculaire, les Whitecaps ont frappé un mur en MLS et la réalité de leur statut de club d'expansion les a rattrapés après six matchs. Même si elle parvenait à disposer de l'Impact et du Toronto FC (advenant une victoire sur Edmonton), la troupe de Teitur Thordarsson risque de trouver le temps long contre les clubs du Mexique et d'Amérique centrale.
Bref, profitons quand même de cette édition 2011 des Championnats canadiens Nutrilite et espérons le mieux pour nos équipes favorites, puisque les succès continentaux de clubs de la MLS risquent d'être réservés pendant quelques années encore aux formations américaines qui auront vu l'importance d'investir leurs jetons dans cette compétition.
À bientôt!
Philippe Germain