Ronaldo (1993-2011) : Promesses, réalisations et déception

Je ne peux m'empêcher de penser, à l'annonce de la retraite du Brésilien Ronaldo, qu'il est le premier d'une série de vedettes du ballon rond qui m'ont laissé un peu perplexe au fil des années, au cours desquelles j'ai eu le privilège de couvrir le foot international.

Je suis « venu au monde » comme chroniqueur de foot en 1998 avec le premier coup de pied donné à la Coupe du monde en France. Après quatre ans en Europe avec le PSV Eindhoven et une saison au FC Barcelone, Ronaldo Luis Nazario de Lima (c'est la première fois que j'écris ce nom au complet) avait dans mon imaginaire naïf le potentiel de s'élever au rang des très grands.

Sacré joueur de l'année de la FIFA en 1996 et en 1997, il devait piloter la Seleçao vers le titre en France, comme l'avaient fait Pelé dans le même uniforme et Maradona avec l'Argentine en 1986. Mais l'histoire s'est écrite différemment.

Frappé de convulsions la veille de la finale, Ronaldo n'a pas joué à la hauteur de sa réputation, tandis que Zizou et les Bleus triomphaient sur leur pelouse.

Après quelques années à l'Inter Milan, il a refait surface au sommet du monde en 2002. Il a marqué huit buts dans un Mondial asiatique sens dessus dessous. Il rejoignait le total du mythique Pelé à la classique quadriennale pour ainsi conduire son équipe à un cinquième titre mondial.

ronaldo-retraite Ronaldo et son fils Alex   © AFP/Mauricio Lima

Quelques mois plus tard, Ronaldo remportait un troisième titre de joueur de l'année de la FIFA, fait d'armes que seul Zidane répétera dès l'année suivante.

Blessé plus souvent qu'à son tour, il n'a jamais remporté la Ligue des champions de l'UEFA, ni avec l'Inter, ni plus tard avec le Real Madrid, ni encore avec l'AC Milan. Sa fin de parcours est marquée par des accusations de paresse et de laisser-aller. Il se fera même siffler par les spectateurs à la Coupe du monde de 2006 qui le trouvent trop rond à leur goût, malgré ses trois buts.

Seulement avec ses 15 buts en trois phases finales de la Coupe du monde, Ronaldo mérite une page à lui seul dans le grand livre d'histoire du foot.

Rentré au Brésil avec le club de Corinthians depuis 2009, l'athlète de 34 ans met fin à une carrière de 247 buts en 343 matchs (0,72 but par match) en club et de 62 buts en 97 matchs internationaux (0,64), ce qui se compare fort bien aux autres deux gros canons brésiliens qu'ont été Pelé (0,95 but par match en club et 0,84 en sélection) et Romario (0,69 en club et 0,79 en sélection).

Dans les fameux débats de qui est le meilleur de tous les temps, je n'oserais jamais comparer Ronaldo aux deux grands qu'ont été Maradona et Pelé. C'est ce qui me rend perplexe, car je suis certain qu'il aurait pu rivaliser avec ces deux géants s'il avait maintenu une discipline personnelle et qu'il avait évité l'infirmerie.

Par contre, puisque vous me le permettez : avec des « si » on aurait gagné à Paris...

À bientôt!