Je ressors d'une expérience enivrante pour tout passionné de soccer nord-américain. J'ai assisté ces derniers jours au congrès annuel des entraîneurs de soccer américains à Baltimore, un événement qui réunit près de 10 000 personnes.
C'est dans ce cadre que j'ai assisté au repêchage 2011 de la MLS à un an de vivre ce moment de façon plus intense avec l'entrée en piste de l'Impact de Montréal.
Dans une salle bondée par les partisans des différentes équipes avoisinantes du Maryland, nommément Philadelphie, Washington, New York et Boston, l'ambiance était électrisante et animée par les chants des différents groupes fort colorés qui s'insultaient les uns les autres à coups de chants pas toujours conviviaux.
Nos Ultras ont besoin de se préparer eux aussi et d'élargir leurs rangs, car la compétition s'annonce féroce.
« On a tellement hâte de venir à Montréal! », m'ont avoué plusieurs d'entre eux. On peut comprendre par là qu'il y a pas mal plus de choses à faire en ville qu'après un match à Columbus ou à Kansas City.
Si la MLS et ses partisans sont prêts pour Montréal, la question est maintenant de savoir si Montréal est prêt pour la MLS. Après ce que j'ai vu de mes yeux cette semaine à Baltimore, ma réponse est non, pas encore.
Don Garber
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MLS/Jose Argueta
L'Impact est assis sur une mine d'or avec une population locale avertie en matière de sport professionnel, et de soccer par surcroît, qui ne demande pas mieux que de remplir un stade Saputo agrandi.
Les dirigeants de l'équipe savent bien qu'il faudra s'écarter des jeunes familles pour cibler davantage une clientèle de jeunes adultes pas toujours tranquille, mais fidèle, présente et surtout bruyante, même quand il pleuvra les jours de matchs cruciaux de la fin octobre.
Puis, contrairement à la plupart des marchés américains, le club montréalais jouit déjà d'une présence médiatique forte et supérieure à plusieurs de ses futurs rivaux, même s'il joue depuis toujours dans des ligues de bananes (comparativement à la MLS d'aujourd'hui), où l'organisation montréalaise fait figure d'empereur.
Entre le grand de sixième année et le petit de première secondaire, il y a un monde de différences. Et c'est à sa capacité d'ajustement et à sa rapidité dans les préparatifs que l'Impact deviendra un club à la hauteur de l'investissement et de la passion de la famille Saputo, Joey en tête, une fois installé en MLS.
Quoi ne pas faire : l'exemple de Toronto
L'exemple de ce qu'il faut faire et ne pas faire se trouve dans notre cour, au nord du 45e parallèle.
En raison de son manque de direction probant et de l'absence d'un véritable connaisseur au sein de son organisation, Maple Leaf Sports & Entertainment (MLSE) se retrouve avec un Toronto FC en déroute, gaspillant les ardeurs d'un public louangé par les dirigeants de la ligue. Et il doit encore une fois repartir à zéro, à l'aube d'une cinquième saison dans le circuit.
L'opération solde après incendie bat son plein à Toronto. Le club a dégagé sa masse salariale en échangeant un de ses meilleurs attaquants, Chad Barrett, au Galaxy de Los Angeles pendant le repêchage. Il a ensuite envoyé son vétéran gardien substitut Jon Conway au Fire de Chicago, ce qui lui a permis de mettre la main sur un attaquant équatorien de 1,60 m (5 pi 3 po), réclamé au troisième tour.
Chad Barrett
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PC/Nathan Denette
Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu au derrière des chroniqueurs et blogueurs spécialisés de la Ville Reine. J'ai bien l'impression, à voir les Leafs, les Raptors et le TFC, que MLSE est une sorte d'acronyme pour reconstruction éternelle.
Pendant ce temps à Vancouver
À l'autre bout du pays, les Whitecaps de Vancouver tracent leur propre chemin, en dehors des chemins habituels, pour respecter leur propre plan de match.
Ainsi, contrairement à l'avis de tous les principaux chroniqueurs de foot américains, les Caps ont évité les deux joueurs favoris. Ils ont plutôt réclamé le milieu offensif américain Omar Salgado au tout premier rang du repêchage. Pourtant, ce dernier ne pourra pas jouer avec les Caps avant d'avoir franchi l'âge de 18 ans, soit le 10 septembre prochain. En effet, un règlement de la FIFA interdit l'inscription d'un joueur mineur dans un club étranger.
Drôle de décision diront certains. Mais c'est certainement un choix en adéquation avec la vision d'un club qui a vu en Salgado la perle rare qui lui rapportera à moyen terme.
Salgado aura l'été 2011 pour se concentrer sur le tournoi de qualification de la CONCACAF, puis éventuellement sur la Coupe du monde U-20 de la FIFA avec l'équipe des États-Unis.
Cette décision relève d'un vieux renard de la MLS qui a joué neuf saisons (dont celle de 1989 avec l'Intrepid d'Ottawa) avant de devenir entraîneur au cours des neuf dernières saisons, Tom Soehn, aujourd'hui directeur des opérations soccer.
Quand je dis que Montréal n'est pas encore prêt, cela se résoudra en partie par la nomination d'un Tom Soehn au sein du personnel de direction de l'Impact, un gars qui a du vécu dans la MLS, qui connaît bien les rouages du soccer universitaire américain et qui donnera plus de latitude à Nick De Santis dans le choix de son entraîneur-chef, que ce soit Marc Dos Santos ou un autre.
Déjà, j'ai appris de sources bien avisées que De Santis a rencontré quelques candidats, mais il n'y a rien de concret jusqu'à présent.
À Baltimore, l'Impact était représenté par une demi-douzaine de personnes, notamment Joey Saputo et De Santis. Il ne serait pas surprenant d'apprendre dans quelques semaines que De Santis a trouvé son homme. Le plus tôt sera le mieux.
Entre-temps, commencez à ramasser vos cents, partisans de l'Impact, puisque la première séance de repêchage de la MLS à laquelle le club montréalais participera se déroulera à Kansas City, le 12 janvier 2012.
Avis aux amateurs de sensations fortes : le trajet se fait en 22 heures de route.
À la prochaine!