Patrick Leduc, Rocco Placentino, Eduardo Sebrango, Filipe Soares et Wesley Charles se sont fait montrer la sortie par l'Impact.
On ne peut pas parler du début d'un grand ménage, mais l'équipe tourne certainement une page importante, surtout en ce qui concerne Leduc et Sebrango, deux joueurs clés dans la renaissance de 2002.
Leduc n'avait pas beaucoup joué cette saison, mais il avait encore la passion. Au point même où il a tellement poussé son corps qu'il s'est blessé. Il ne cadrait cependant plus dans les plans pour la MLS.
S'il le veut, il peut poursuivre sa carrière ailleurs parce qu'il a encore une bonne valeur comme joueur. Il est doué techniquement, polyvalent, il travaille fort, en plus d'être aimé dans le vestiaire. S'il veut le faire, il doit cependant réfléchir avec sa famille, parce qu'il lui faudra quitter Montréal. Sinon, il demeure bien établi sur la Rive-Sud dans le programme sports-études et sa carrière dans les médias est prometteuse.
Le départ de Placentino surprend un peu moins. Dans les déclarations de Joey Saputo, il avait été montré du doigt directement. Quand il est au mieux, Placentino est un joueur qui est rapide et qui crée du danger. Mais son problème principal, c'est la constance.
Quant à Eduardo Sebrango, ça sent peut-être la fin. Je ne sais pas si on le reverra ailleurs, même s'il a encore la forme. L'Impact a pris une décision : il aurait pu choisir de garder des mentors comme lui et Leduc pour encadrer les jeunes en vue de la MLS, mais il n'a pas fait ce choix. Sebrango était pourtant excellent pour motiver ses coéquipiers. On l'a vu avec Ali Gerba, qui était meilleur à ses côtés.
Patrick Leduc
Avec les départs de Leduc et de Placentino, la base de joueurs locaux s'effrite. En 2002, des joueurs comme Adam Braz s'étaient joints au groupe, mais en ce moment, on peut difficilement prévoir lesquels sortiront du système québécois pour faire le saut.
À court terme, il faudra sans doute rapatrier ceux qui jouent en MLS, comme Andrew Hainault, ou les Patrice Bernier et autres Olivier Occean en Europe.
L'attaque, une priorité
Quand on regarde le travail qui attend Nick De Santis, l'attaque sera certainement une des priorités de recrutement. Avec les départs de Roberto Brown et de Peter Byers en saison, et celui de Placentino, il ne reste plus que Gerba comme joueur établi. Il faudra trouver quelqu'un avec qui il pourra développer une chimie.
Reda Agourram aura une dernière chance de prouver son plein potentiel. S'il ne démontre pas qu'il a sa place en MLS, la suite sera difficile pour lui.
Mais il y aura peut-être des trous à combler ailleurs. Si Matt Jordan ne revient pas, il faudra recruter d'urgence un gardien numéro un, et peut-être même un numéro deux. Au milieu, on perd Leduc, qui donnait de la profondeur à l'équipe, et Placentino, qui pouvait être utilisé à cette position au besoin. Un Pierre-Rudolph Mayard est-il de calibre pour un rôle important?
En défense cependant, tous les morceaux restent intacts. Charles s'en va, mais il ne faisait déjà plus partie du top 4. Il faudra toutefois trouver des substituts de qualité.
Où regarder?
Des décisions importantes attendent Nick De Santis. Il demeure soutenu par l'organisation, mais on sent aussi que tout le monde est sous la loupe et le directeur technique n'y échappe pas.
Dans le passé, il y a eu l'échec Martin Fabro. Cette saison, c'est Filipe Soares qui a déçu après avoir été présenté comme un grand joueur. Des échecs comme Fabro et Soares, ça fait mal pour un directeur technique, mais les conséquences sont limitées quand on les embauche en USL ou USSF. En MLS, la facture sera beaucoup plus salée.
Pour la prochaine phase de recrutement, plusieurs options s'offrent à l'Impact, comme celle de l'Amérique centrale et latine, notamment les joueurs de la CONCACAF. Ces joueurs sont doués techniquement, notamment avec le ballon au pied, mais ils s'adaptent parfois difficilement à un style de jeu physique.
À mon avis, il y a un endroit où l'Impact doit regarder : les universités américaines. J'ai moi-même joué dans leurs circuits et les joueurs qu'on y trouve sont nettement plus solides qu'au Canada.
Je me souviens par exemple d'avoir joué contre Carlos Bocanegra, au moment où il était installé à UCLA. On voit son parcours par la suite : la MLS (Fire de Chicago), le Championnat anglais (Fulham), la Ligue 1 (Stade rennais et Saint-Étienne) et l'équipe nationale américaine, dont il est maintenant le capitaine.
Dans les années à venir, les équipes-réserves de l'Impact joueront aussi un grand rôle dans le succès. Tellement de joueurs sont perdus en adolescence ou à 18-19 ans. Il faut les garder sur le terrain et la création d'équipes U-14, U-15 et U-16 est une excellente nouvelle.
Il faut aussi recruter partout, pas seulement à Montréal. Il faut déterminer clairement les joueurs qui ont des habiletés techniques, ne pas se laisser impressionner par les joueurs qui se développent plus rapidement sur le plan physique.
À noter :
À bientôt.