L'heure du bilan

Comme l'an dernier, l'Impact a disputé une saison en deux temps. Pour le cauchemar de la première moitié, je ne peux pas lui donner plus que 5 sur 10. L'équipe avait du temps pour se préparer, mais a peiné en USSF et s'est fait éliminer rapidement en Championnat canadien.

Un début laborieux, la sortie de Joey Saputo, l'explosion d'Ali Gerba, l'émergence de Philippe Billy, la déchéance de Peter Byers et de Roberto Brown. Retour sur la dernière saison de l'Impact.

Pour la deuxième moitié, je lui donne cependant 8 sur 10. Elle n'a pu atteindre la finale, mais les circonstances étaient quand même difficiles. Il fallait absolument le championnat pour racheter la saison.

Comme l'an dernier, et même en 2008, l'Impact a commencé avec un long passage à vide. On dirait que tout est plus laborieux depuis qu'il dispute de longs camps.

Les déplacements sont nombreux et sont peut-être fatigants mentalement, ce qui n'est cependant pas une excuse. Les joueurs devront pourtant s'habituer à de longues saisons, avec de longs camps. En MLS, le programme commence en janvier...

Peut-être aussi que les joueurs étaient moins motivés après des escales en Europe, ce qu'il faudra régler. Et peut-être aussi que certains étaient moins motivés à l'approche de la MLS, sachant qu'ils ne seront plus des plans. Ces joueurs-là partiront tôt ou tard.

Pour la saison prochaine, la stabilité devra être l'une des priorités de l'Impact. Il faudra absolument être prêt physiquement et mentalement, surtout en Championnat canadien. En ligue, il faudra aussi éviter un relâchement avec le départ de Vancouver et de Portland en MLS.

Matt Jordan Matt Jordan   © Pépé/montrealimpact.com

Le dernier début de saison est cependant plus encourageant que le précédent. Oui, il a encore fallu une sortie publique de Joey Saputo pour que les choses débloquent, mais l'équipe jouait quand même bien à ce moment. L'an dernier, Peter Byers avait sonné le réveil en attaque, cette fois-ci c'est Ali Gerba.

Jordan, malgré les blessures

Matt Jordan a connu une bonne saison, malgré les blessures. Il a joué avec la douleur, comme quoi c'est un guerrier. À un certain moment, il avait à ce point mal à l'aine qu'il avait de la difficulté à prendre des coups de pied de buts. Je vois Matt en MLS, même s'il doit négocier un contrat dans l'immédiat.

Srdjan Djekanovic a aussi connu de bons moments, mais une question demeure : est-il prêt pour être numéro un? Il doit encore prendre des forces mentalement, tout en étant plus loquace quand il s'adresse à ses défenseurs

Encore Pizzolitto

En défense, tout est rentré dans l'ordre, surtout grâce à Nevio Pizzolitto. Il a connu une autre saison très solide avec plus de 2000 minutes, un exploit physique. Nevio a aussi très bien réagi quand il a été écorché par Joey Saputo. On a vu ses qualités de meneur.

Hicham Aaboubou a finalement fait sa place dans l'équipe, aussi dans le vestiaire parce qu'il a un très bon caractère. Stephen deRoux, lui, s'est sorti de l'équipe. Autant il avait impressionné l'an dernier, autant il a déçu cette année. Rien ne fonctionnait pour lui à la défense.

Philippe Billy a trouvé sa place comme latéral, comme droitier qui joue à gauche. On sentait qu'il n'était pas tout à fait à l'aise là où on l'utilisait, au milieu.

Deux forces

Au milieu, il y a eu deux constantes toute l'année. Leonardo Di Lorenzo, mon choix pour le joueur de l'année, le joueur le plus constant, et Tony Donatelli, un joueur qui est assez discret, mais qui sait produire.

Ali Gerba Ali Gerba   © Pépé/Impact de Montréal

David Testo a connu une bonne saison, mais traînait aussi des blessures, notamment aux muscles abdominaux et à l'aine. Il a été surtaxé l'an dernier et on a vu les conséquences. D'extraordinaire l'an dernier, il est passé à efficace. Mais il demeure dans les plans pour la MLS.

Gerba et encore Gerba

Quand Ali Gerba a retrouvé la forme et qu'il s'est mis à travailler en défense, tout a débloqué, avec les résultats qu'on connaît. J'espère que sa renaissance durera longtemps à Montréal.

Avec Eduardo Sebrango, il formait un beau duo dynamique. Les deux n'étaient pas égoïstes, on sentait qu'ils aimaient jouer ensemble. Sebrango ne rajeunit pas, mais il est respecté dans le vestiaire et apporte encore beaucoup à l'équipe. Gerba en sait quelque chose.

L'attaque a cependant mis du temps à se trouver une identité après les départs de Roberto Brown et Peter Byers, des partants de la dernière conquête.

L'empreinte Dos Santos

À Marc Dos Santos, je donne une note de 7 sur 10. Un entraîneur-chef est toujours jugé sur les résultats. Or, l'Impact a été éliminé rapidement en Championnat canadien et n'a pu sauver sa saison en séries.

Dos Santos demeure un entraîneur très compétent. Il a encore beaucoup de choses à apprendre à son âge, mais il est extrêmement doué. Il demeure aussi très près de ses joueurs.

Le recrutement

Les joueurs de finesse ont de la difficulté à s'adapter au style nord-américain et Felipe Soares en est la preuve. Il a démontré de belles choses au début, mais on a rapidement vu qu'il n'aimait pas se faire tacler.

Soares était une expérience, comme l'était à l'époque Leonardo Di Lorenzo, qui s'est finalement très bien adapté. Il fait un peu penser au cas Martin Fabro.

Le meilleur et le pire

De toutes les victoires de l'Impact, celle de 2-0 contre les Rhinos, à Rochester en août, a une saveur spéciale. On sentait alors l'atmosphère des séries. Les Rhinos étaient aussi en feu à domicile, mais ils ont été complètement déclassés, notamment par le doublé de Gerba.

Parmi les pires matchs de l'équipe : la défaite de 3-0 contre l'AC St. Louis, au Missouri, ressort du lot. La défaite à domicile contre le Toronto FC (1-0) en Championnat canadien était aussi décevante. Les Reds demeurent dans la tête des joueurs. Pourra-t-on les battre un jour?

À bientôt.