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Soccer | Chronique de Philippe Germain

L'Impact en mission

Philippe Germain décrit les matchs de l’Impact à la télévision de Radio-Canada depuis quatre ans.

Bonjour à tous,

À l'instar de la dernière saison, l'Impact de Montréal semble avoir retrouvé son aplomb avec une poignée de matchs à jouer en saison, au moment où plusieurs expriment des doutes quant aux chances de l'équipe de faire partie du groupe qui atteindra les séries éliminatoires.

Avec cinq matchs à disputer, les joueurs de Marc Dos Santos ont démontré en blanchissant de façon convaincante leurs deux derniers adversaires qu'ils sont les seuls capables de bousiller leur parcours vers une autre qualification.

On a fait grand état de la sortie du président Joey Saputo pour expliquer ce revirement de situation. Et même si après avoir sondé le terrain je n'ai pas de raison de croire que les joueurs ont été ébranlés par ces accusations directes, le groupe sort plus soudé que jamais de cet épisode.

Pour Joey Saputo, c'est donc mission accomplie. Bien que le geste semble porter ses fruits sur le terrain et qu'il ait été apprécié par des partisans toujours en quête d'un coupable quand les choses ne tournent pas rond, le président devrait se garder une petite gêne la prochaine fois que l'envie lui prendra d'accuser ses employés de tricherie et de manque de courage sur la place publique.

Joey Saputo

Photo: Impact de Montréal/Pépé

Joey Saputo

Une fois ça passe, deux fois on le remarque, mais la troisième fois pourrait se retourner contre tout le travail et toute la passion qu'il a investis avec son groupe depuis des années.

Chose certaine, on ne pourra jamais accuser Joey Saputo de manque d'intégrité ou de manque de passion quand on parle de l'Impact de Montréal. Je souhaite pour cela de tout coeur qu'il reste en poste pendant de très longues années.

Pour Nick De Santis et Marc Dos Santos, les deux récentes victoires sont accueillies avec un énorme soupir de soulagement.

Même avant l'arrivée des Ali Gerba, Antonio Ribeiro, Wesley Charles, Anthony Le Gall et Richard Pelletier à la place des Peter Byers, Roberto Brown, Cédric Jocqueviel, Stefano Pesoli et Tyler Hemming, l'Impact de Montréal représentait déjà une des formations les plus puissantes et les plus équilibrées du circuit.

De Santis m'assurait encore la semaine dernière à l'entraînement que l'équipe devrait avoir cinq, voire six points de plus au classement, preuves à l'appui.

Le 5 à 0 du 21 août à Baltimore aurait facilement pu se produire 10 jours plus tôt au stade Saputo quand le gardien Evan Bush a multiplié les prouesses, stoppant 13 tirs dans un match nul de 0 à 0 qui prolongeait la misère de l'Impact.

Le 2 à 0 de vendredi dernier contre les Rhinos de Rochester aurait pu avoir lieu lors de la précédente visite des joueurs de Bob Lilley en pleine Coupe du monde quand l'Impact a accordé un but sur deux tirs et que les résultats positifs n'ont pas été retrouvés.

Combien de fois Marc Dos Santos s'est-il présenté devant les journalistes après un match en criant presque au vol tellement ses joueurs avaient dominé la rencontre sans pouvoir ramasser de précieux points au classement?

J'ai bien l'impression que certains joueurs savaient qu'ils étaient supérieurs aux autres équipes. Mais ils ont oublié que les points au classement se gagnaient sur le terrain au terme de 90 minutes d'effort, plutôt que sur les galeries de presse et dans nos savantes analyses d'observateurs.

marc-dos-santos

Photo: Pépé / impactmontreal.com

Marc Dos Santos

Au lieu de se battre pour le 1er rang, l'Impact démarre la machine fin août et ne peut maintenant espérer que le 5e rang du classement général, cela avec un peu d'aide.

De la façon dont s'est comporté l'Impact depuis quelques matchs, personne ne voudra l'affronter pour démarrer les séries éliminatoires, que ce soit Austin, Portland, Vancouver et encore moins les jeunes Rhinos de Rochester qui viennent de goûter à la sauce des Bleus.

Bien qu'il soit un des meilleurs attaquants canadiens disponibles pour les deux matchs amicaux de l'équipe nationale contre le Pérou et le Honduras dans les prochains jours, Ali Gerba n'a pas été retenu par le sélectionneur Stephen Hart et c'est tant mieux pour l'Impact et ses partisans.

La qualification aux séries éliminatoires ne reste qu'à être confirmée mathématiquement et Dos Santos profitera de tous ses éléments pour disputer les deux prochains matchs à Porto Rico et à Miami en préparation pour la défense du titre.

Rien ne va plus à Toronto

Fort d'une excellente première moitié de championnat en MLS, d'une qualification en phase de groupes de la Ligue des champions de la CONCACAF et d'embauches plus qu'intéressantes au cours des dernières semaines, tout semble s'effondrer pour le Toronto FC.

Peu importe la compétition, les Torontois sont incapables de remporter des matchs à l'extérieur de BMO Field (exception faite du stade Saputo). Sans revirement à ce chapitre, l'équipe ratera les séries éliminatoires de la MLS pour la quatrième saison de suite et gâchera son départ canon en Ligue des champions.

Larry Tanenbaum et Richard Peddie de MLSE, propriétaire des Rouges, devraient peut-être considérer trouver un remplaçant à Mo Johnston. Il était l'entraîneur lors des deux premières saisons, puis directeur général depuis et grand responsable à mes yeux de la non-performance de cette équipe.

À bientôt.