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Soccer | Chronique de Gabriel Gervais
(propos recueillis par Guillaume Boucher )

Placer les pions

Fraîchement retraité du soccer, Gabriel Gervais a disputé neuf saisons en USL, dont sept avec l’Impact de Montréal. Le défenseur a également défendu l’honneur du Canada en qualifications pour le Mondial 2006. Il commente le soccer d’ici toutes les semaines.

Bonjour à tous,

Adam Braz, Leonardo Di Lorenzo, Joey Gjertsen, Roberto Brown, David Testo, Rocco Placentino, Simon Gatti, Ciaran O'Brien et Mauro Biello... La liste des joueurs autonomes de l'Impact est longue et les départs sont inévitables.

Lesquels? Il est encore trop tôt pour le dire.

Les championnats amènent toujours des changements de camp et des retraites, mais, pour avoir vécu pareille situation, les joueurs sont toujours plus enclins à rester au bercail que de le quitter. Et les perspectives sont encore plus réjouissantes cette fois-ci.

En effet, l'équipe est dans une classe à part dans la USL et cogne dangereusement à la porte de la MLS. Même s'il utilise son pouvoir de négociation au maximum, Don Garber a besoin de Montréal dans sa ligue et ne peut se priver d'un tel marché. Les dirigeants le savent et plusieurs joueurs veulent être de la grande aventure.

Mais avant de rêver à l'avenir, encore faut-il l'assurer. De tous les joueurs autonomes, deux m'apparaissent comme des priorités, à commencer par Testo, qui vient de connaître la saison de sa vie. Il a chaussé de grosses pointures en remplaçant Patrick Leduc et Sandro Grande, et il les a très bien remplies. Ses qualités défensives, notamment en récupération, sont indissociables des succès de l'équipe.

Di Lorenzo, lui, est un autre joueur clé au milieu. Les gauchers naturels de sa trempe se font rares et la MLS a certainement remarqué ses performances, comme celles de Testo d'ailleurs. On peut certainement bâtir une équipe autour de ces deux joueurs.

À l'avant, Brown devra adapter son choix avec sa situation familiale (sa conjointe attend un enfant). Il demeure important pour le groupe en raison de son adresse balle au pied et de son positionnement au centre du jeu. Contrairement à Peter Byers, son jeu ne souffrira pas d'une éventuelle perte de vitesse, si on tient compte de ses qualités techniques.

Eduardo Sebrango, lui, est à mi-chemin entre Brown et Byers. Il est mobile, sans pour autant être le plus technique. À mon avis, il fait encore partie d'un équilibre à trois têtes à l'avant, si le schéma tactique de Marc Dos Santos ne change pas, bien sûr.

Mauro Biello

Photo: Pépé/Impact de Montréal

Mauro Biello

À l'arrière, le retour des trois piliers au centre (Nevio Pizzolitto, Cédric Joqueviel et Stefano Pesoli) est amplement suffisant pour le maintien de la stabilité. Patrick Leduc peut aussi s'acquitter de ce rôle au besoin.

Mauro et les jeunes

Mauro Biello prendra-t-il sa retraite? La réponse est loin d'être évidente et je ne connais pas ses intentions. Tout dépend de lui. S'il juge qu'il peut encore endurer la charge physique, il peut encore rendre de grands services à l'équipe. Son coeur est grand comme la ville.

S'il en décide autrement, il a une excellente fenêtre pour la retraite. Il s'est déjà mouillé les pieds comme entraîneur adjoint et sa présence serait tout aussi marquante dans le vestiaire, mais dans un nouveau rôle.

À l'autre pôle, les perspectives des jeunes sont moins reluisantes qu'autrefois. Avant le championnat de 2004, l'organisation était en mode développement, mais il faut maintenant tout défoncer pour se tailler une place avec le grand club.

Un joueur comme Alex Surprenant tiendrait sans doute un rôle plus permanent s'il avait fait ses débuts en 2002. Ciaran O'Brien et Pierre-Rudolph Mayard, eux, ont démontré de belles choses cette année, mais ont perdu leur place avec le retour au jeu des blessés.

Un jeune a besoin de minutes de jeu pour se développer et doit parfois se tourner vers une autre équipe pour les obtenir, comme ça a été le cas pour moi lorsque j'ai quitté Rochester.

Quel recrutement?

Avant de penser à la profondeur du banc, il faut consolider le onze partant et j'ai bon espoir que la direction parviendra à ses fins. L'équipe a grandi cette saison et est maintenant atteinte de la fièvre du soccer. Les joueurs s'en souviennent.

Les efforts de recrutement dépendront quant à eux de plusieurs facteurs. Si la position de Dos Santos est régularisée et qu'il obtient carte blanche pour ses joueurs, tout dépendra du système tactique qu'il voudra mettre de l'avant. S'il change pour un 4-3-3, il faudra alors chercher des renforts en attaque, sur les ailes.

L'équipe a aussi connu des bilans inégaux dans ses dernières campagnes de recrutement. Pour des succès comme Di Lorenzo et Pesoli, il y a aussi eu des échecs comme Martin Fabro et Severino Jefferson, des joueurs qui amenaient de la fantaisie, mais qui n'aimaient pas le jeu physique nord-américain.

Une saveur étrangère n'est donc pas toujours garante de réussite.

À bientôt.

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