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![]() Soccer | Chronique de Patrice Bernier
L'heure de la dernière chanceConsidéré comme le meilleur joueur de soccer de l’histoire du Québec, Patrice Bernier roule sa bosse de part et d’autre de l’Atlantique depuis près d’une décennie. Après un passage de trois ans avec l’Impact de Montréal, il a joué en Norvège, en deuxième division allemande et aujourd’hui au Danemark. Voyez le soccer international, et d’ici, à travers les yeux d’un pro. Bonjour à tous, Les billets pour le Mondial se font de plus en plus rares en Europe. Il n'en reste que quatre à l'aube des matchs de barrage et rien n'est encore acquis pour aucun des prétendants. Les grosses pointures ont les éléments nécessaires pour survivre, mais ne sont pas à l'abri des surprises. Analyse des forces en présence. La France n'aurait pu trouver un adversaire plus coriace que l'Irlande. Son déplacement s'annonce des plus ardus parce que la mentalité britannique de l'adversaire ressort encore plus sur sa pelouse, avec un engagement et une énergie constante et des tacles musclés. S'ils arrivent à temporiser le jeu dans les 15 premières minutes, sans trop subir, les Bleus pourront ensuite faire valoir leurs qualités individuelles. Sur papier, ils sont la meilleure équipe, et le rythme qu'ils ont trouvé dans leurs derniers matchs laisse présager de belles choses. L'Irlande n'est cependant pas à prendre à la légère. L'entraîneur Giovanni Trapattoni a amené plus de tactique au groupe, un peu comme Fabio Capello en Angleterre, mais dispose de moins de ressources globales. Dans un autre affrontement, le Portugal n'aura pas la vie plus facile contre la Bosnie-Herzégovine, mais son expérience devrait lui permettre de passer aux choses sérieuses. Après tout, l'équipe compte sur des joueurs de grands clubs, qui savent bien réagir dans des situations critiques. La Bosnie mise cependant sur un bassin d'expérience notoire et un arsenal offensif redoutable, avec Edin Džeko et Vedad Ibišević en première ligne. Elle devra cependant casser le rythme portugais, qui a pris forme en l'absence de Cristiano Ronaldo.
Dans un autre choc, l'Ukraine me semble avoir tous les éléments pour triompher de la Grèce. Son attaque est bien rodée avec un Andrïï Shevtchenko dangereux malgré son âge. La Grèce misera encore sur sa structure défensive en attendant ses chances en contre-attaque et sur les coups de pieds arrêtés. Dans les pays déjà éliminés, la Croatie représente une surprise parce qu'elle semblait être la seule de son groupe à pouvoir talonner l'Angleterre. De son côté, la République tchèque a peut-être souffert d'un manque de relève. Le départ des Pavel Nedved et Jan Koller a laissé un vide et la reconstruction doit maintenant passer par Tomáš Rosický. La Suède, elle, s'est peut-être accrochée trop longtemps à Henrik Larsson. Zlatan Ibrahimović a déjà les clefs de l'attaque, mais doit être entouré de joueurs plus en jambe. L'heure de Johan Elmander et de Markus Rosenberg est peut-être arrivée. Encore Maradona En Argentine, on espérait une excuse pour montrer la porte à Diego Maradona, mais il a fait ce qu'on attendait de lui. Ses récents commentaires sont cependant contraires à l'éthique à laquelle doit se soumettre un sélectionneur national et un demi-dieu. On savait déjà qu'il ne se laisse pas intimider et qu'il se replie rapidement en défense quand il fait l'objet d'attaques personnelles. Il doit cependant apprendre et gérer le stress et les critiques qui l'entourent, pour épargner son groupe des distractions. En Argentine, tous ses mots sont systématiquement repris dans les médias. La récente tempête était donc prévisible, mais elle pourrait se calmer dans les six prochains mois, dans les derniers préparatifs pour le Mondial. Des nouvelles du Canada... J'ai suivi avec intérêt le parcours de l'Impact. L'équipe a connu plus de bas que de hauts cette saison, mais la fin éclipse tout et le crédit revient à Marc Dos Santos et au groupe. Malgré les changements et les défaites, le caractère n'a jamais fait défaut. Le retour au jeu de Patrick Leduc a grandement aidé, comme celui de Peter Byers, qui a enchaîné les buts clés. L'équipe a aussi toujours démontré qu'elle était soudée. Je me suis entraîné avec les joueurs dans la spirale négative de l'été, mais je n'ai jamais senti d'inconfort. À l'époque, Dos Santos parlait même de championnat... C'est cependant tout le contraire au Toronto FC. La correction subie contre la pire équipe de la ligue, les Red Bulls de New York, remet en cause le caractère de l'équipe. Beaucoup de questions demeurent en suspens, surtout en défense. Certains observateurs ont critiqué l'arrivée de Julian De Guzman en faisant valoir que le milieu comptait déjà sur de bons éléments, tandis qu'un défenseur d'impact se faisait encore attendre. L'analyse est valable, car l'équipe a accordé plus de buts que l'an dernier, surtout en fin de match. Le prochain entraîneur du Toronto FC devra imposer sa philosophie et ses préférences tactiques pour amener l'équipe là où elle devrait être et satisfaire ses partisans. De bons joueurs ne font pas forcément une bonne équipe. Il en faut plus. ...et du Danemark De mon côté, les choses ne se déroulent pas comme prévu à Nordsjaelland. L'équipe traverse une période de crise, même si elle détient encore une bonne avance sur les formations au bord de la relégation. Nous avions accordé 14 buts en 3 matchs, mais nous nous sommes ressaisis avec une victoire de 2-0 à l'étranger. Les entraîneurs ont rebrassé leurs cartes et m'ont confiné à un rôle de substitut au cours des deux derniers matchs, pour favoriser des joueurs plus défensifs. Je vois cependant la chose comme un défi supplémentaire et j'entends reprendre ma place de partant. Je pense d'ailleurs avoir laissé une bonne impression lorsqu'on a fait appel à mes services en cours de route. À lire aussi 4 novembre 2011 Le Real s'éclate, ManU attend14 octobre 2011 Le Portugal casse, la France passe22 septembre 2011 Manchester United, l'équipe de l'heure8 septembre 2011 Les indésirables en Italie17 août 2011 Fabregas à Barcelone, finalement22 juillet 2011 L'héritage de Morace17 juillet 2011 Un nouveau champion pour une nouvelle ère13 juillet 2011 Une finale, deux styles11 juillet 2011 La surprise japonaise, le courage américain5 juillet 2011 La pire fin possible |