Le nouveau Real Madrid: les joueurs

  |  Guillaume Boucher   |  Radio-Canada

Bonjour à tous,

Après un plein de personnalités fortes pendant l'été, la pâte lèvera-t-elle au Real? Le tapis rouge déroulé devant elles, les nouvelles têtes d'affiche de l'équipe doivent maintenant être à la hauteur des projets ambitieux de l'équipe.

Sur papier, la qualité du groupe ne fait aucun doute, mais seul le temps permettra de juger des succès du recrutement. Analyse des nouveaux effectifs.

Ronaldo, l'homme de 100 millions

Des emplettes estivales de l'équipe, le transfert de Cristiano Ronaldo a monopolisé toute l'attention médiatique. Tous ses gestes sont minutieusement observés, de l'utilisation de son pied gauche à sa diète personnelle, ce qui s'ajoute à une pression sportive déjà colossale.

Beaucoup d'encre a coulé depuis son départ de Manchester United, qui n'a pas pleuré longtemps son départ. Sa tête était déjà ailleurs avant le déménagement, étant arrivé à la fin de son cycle de vie en club. Il n'était pas un cancer dans l'équipe, mais son énergie et sa volonté faisaient défaut, probablement parce qu'il avait déjà tout remporté en Angleterre.

Le caractère égoïste du Portugais a été révélé au grand jour en fin de séjour à Manchester, et il devra comprendre qu'il ne peut gagner des matchs à lui seul. Le jeu espagnol est cependant taillé sur mesure pour lui, ce qui facilitera la transition.

Le football anglais est dur, les contacts physiques y sont plus rudes et la recherche du but est prioritaire dans les phases offensives. En Espagne, les unités défensives sont plus rusées et ouvrent davantage la voie à des duels à un contre un.

Dans une guerre pour la possession de ballon, Ronaldo a toutes les qualités pour aller lui-même au but, de par ses dribles, ses accélérations et ses feintes exceptionnels. Il s'était rapidement fondu dans le moule à Manchester et devrait faire la même chose à Madrid.

Cristiano Ronaldo Cristiano Ronaldo, nouvelle prise du Real Madrid   © PC/Frank Gunn

Karim Benzema, le troisième ajout majeur de l'été, lui servira de complément idéal comme attaquant de surface. Avec un style simple, moins orienté vers le drible, il se contente de faire beaucoup d'appels et d'aller droit au but, ce qui sert bien sa cause jusqu'à présent.

Kaka, le pilier

Si tous les projecteurs sont braqués sur Ronaldo, Kaka demeure la pièce maîtresse du renouveau, le meneur de jeu tant attendu.

Ses accélérations opportunes, sa finition et son efficacité générale ressortiront davantage dans le jeu collectif. Sa présence est peut-être moins remarquée que celles d'autres joueurs, mais elle améliore à elle seule les perspectives de l'équipe.

Son efficacité dépendra cependant largement de la contribution des milieux défensifs, surtout en récupération. Comme Ronaldo et Benzema, il est résolument tourné vers l'attaque et ne se battra jamais pour 15 ou 20 ballons dans un match.

Xabi Alonso, la carte cachée

Pour seconder les ténors à l'attaque, Xabi Alonso tiendra un rôle plus effacé, mais non moins central. Ses qualités physiques seront fondamentales en récupération, tout comme ses premières passes en relance et dans l'entre-jeux.

Les deux Diarra (Mahamadou et Lassana) l'assisteront dans ses fonctions et travailleront eux aussi dans l'ombre. S'ils font bien leur travail, les joueurs offensifs auront tout le soutien nécessaire pour briller.

La récupération est souvent négligée dans l'analyse des effectifs, mais est pourtant un incontournable. On oublie souvent que le déclin de l'ère galactique 1 s'est joué essentiellement avec le départ de Claude Makelele, un as en la matière.

Quelle cohabitation?

L'ère galactique 2 débute sous tension. Les nouveaux venus doivent rapidement s'adapter à une culture et à un championnat différents. Si une chimie d'équipe ne se construit pas en un mois, des résultats immédiats sont cependant attendus à Madrid.

La situation est d'autant plus complexe que les nouveaux joueurs recrutés ont des profils similaires. Les dirigeants se sont entêtés à embaucher des joueurs offensifs et devront vivre avec les conséquences, surtout en défense, où les options sont plus limitées.

Les risques de tension sont aussi nombreux quand des joueurs entrent dans l'espace de leurs coéquipiers, un problème inexistant à l'ère galactique 1. Dans cette optique, a-t-on vraiment besoin de Franck Ribéry pour compliquer les choses?

À bientôt.

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