Les Girondins de Bordeaux, vainqueurs du Trophée des champions en 2008
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Un invité-surprise, un ténor qui a retrouvé sa voix et une scène inusitée.
La caravane française débarque en grande pompe dans la métropole. Les Girondins de Bordeaux et l'En avant de Guingamp s'apprêtent à faire revivre le stade olympique dans un duel des plus contrastés.
L'En avant de Guingamp et les Girondins de Bordeaux ont rendez-vous au Stade olympique de Montréal, samedi, pour le Trophée des champions.
Le match, disputé pour la toute première fois hors des frontières de l'Hexagone, s'inscrit dans une vaste tournée de promotion du soccer français, mais les protagonistes n'ont cependant pas envie de légèreté.
Grands négligés, les Guingampais s'amènent dans la métropole les yeux rivés sur l'objectif. Forts de leur victoire en Coupe de France, la première pour une équipe de 2e division en 50 ans, ils entendent compléter leur tour de force en bousculant les champions de France.
« Bordeaux a un groupe plus mature et technique grâce à leurs joueurs de renommée européenne et mondiale, admet l'entraîneur Victor Zvunka. Je me sers cependant de notre match de huitième de finale de la coupe de la ligue (défaite de 4-2), à Bordeaux, pour construire notre confiance. Ce jour-là, il n'y avait pas beaucoup de différence entre les deux équipes et nous aurions pu les pousser jusqu'en prolongation. Sur un match, tout est possible. »
Si les Bretons fouleront le terrain sans complexe, des questions restent toutefois en suspens quant à la cohésion de l'effectif. L'intersaison a marqué de nombreux départs, surtout sur le front offensif, et les nouvelles prises sur le marché du transfert n'ont disposé que de très peu de temps pour faire leur marque.
Les Luis Delgado, Farbrice Colleau, Alharbi El Jadeyaoui et autres Sébastien Grax sont toujours en pays de découverte, en quête de repères et d'automatismes.
Entre désagrément et fébrilité
À l'aube de prendre d'assaut l'enceinte de béton, les Girondins éprouvent quant à eux des sentiments partagés. La nouveauté de l'escale nord-américaine était attrayante de prime abord, mais elle complique maintenant la tâche de l'entraîneur Laurent Blanc, qui devra écourter l'évaluation de son effectif.
« Disputer le Trophée des champions dans un pays francophone qui n'a pas forcément l'habitude de voir le Championnat de France, l'idée est assez originale, a lancé Blanc, champion du monde avec la France en 1998 et champion d'Europe en 2000. Ce que je trouve un peu moins original, c'est la période. »
« On est conscient qu'au niveau de la préparation, la semaine au Canada ne sera pas comme la semaine que l'on avait pu faire l'an dernier en Bretagne, et où on pouvait faire du travail physique, technique, tactique », a-t-il ajouté.
Au-delà du décalage annoncé dans la préparation, les Bordelais, champions en titre de la classique, entendent se servir de leur expérience montréalaise comme tremplin. Le parcours qu'ils avaient emprunté l'an dernier leur sert d'ailleurs d'inspiration.
Yohann Gourcuff
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« Après notre victoire contre l'Olympique Lyonnais au Trophée des champions l'an dernier, des journalistes parlaient d'une possible passation de pouvoirs de Lyon à Bordeaux, a souligné Blanc. Ils avaient vu juste 10 mois à l'avance (les Girondins ont mis un terme au règne de 7 ans de l'OL en L1). »
Au chapitre des effectifs, les Marine et Blanc ont fait le plein dans la saison morte avec la reconduction du contrat de leur meneur de jeu, Yoann Gourcuff, un des plus beaux espoirs du soccer français.
La perte de Souleymane Diawara (parti à Marseille) laisse cependant une brèche béante en défense centrale, tandis que l'attaquant marocain Marouane Chamakh est dans l'attente du prononcé de son divorce (il a récemment déclaré faire le voyage au Canada à contrecoeur).
Un nouvel environnement
Sur le terrain, les joueurs devront dompter une surface de jeu qui leur est peu familière, le synthétique. La nouveauté n'effraie cependant pas Blanc outre mesure.
« Les surfaces synthétiques se sont grandement améliorées avec les années. Il était cependant primordial pour nous de fouler le terrain quelques jours avant le match pour s'habituer aux rebonds, à la vitesse et la circulation de balle. Au chapitre de la surface, nous sommes logés à la même enseigne que Guingamp. Aucune équipe n'a un avantage marqué. »
Les particularités de l'ancien domicile des Expos pimenteront donc la représentation et nivelleront encore plus les chances, une bénédiction pour un duel présenté comme un monologue.