Bonjour à tous,
C'est avec plaisir que j'ajoute mon nom à ceux des autres chroniqueurs du site de Radio-Canada.ca/sports pour livrer mes commentaires sur le soccer international et mon expérience personnelle de l'autre côté de l'Atlantique.
J'ai vécu de grands moments depuis mes débuts professionnels avec l'Impact en 2000. Ma progression m'a amené de l'Amérique du Nord jusque dans la cour des grands, en Europe. Après un séjour de quatre ans en Norvège (Moss FK, Tromso IL) et une escale d'un an en Allemagne (FC Kaiserslautern), j'ai fait mon entrée en championnat danois avec le FC Nordsjaelland cette année.
Ici comme partout sur le Vieux Continent, le soccer est roi et imprègne la culture sportive. Les équipes font l'objet d'une couverture médiatique lourde et leur quotidien est constamment disséqué.
En Allemagne, tout était amplifié, un peu comme à Montréal au hockey. Kaiserslautern ne vit que pour l'équipe et les joueurs ne peuvent se promener dans l'anonymat.
Les matchs attiraient jusqu'à 40 000 spectateurs, soit près de la moitié de la population totale de la ville. C'est d'autant plus impressionnant que la formation joue en deuxième division!
Expérience danoise
Le championnat danois est peut-être moins prestigieux aux yeux de certains observateurs, mais il n'a cependant rien à envier à l'Allemagne en ce qui concerne le jeu d'ensemble. Les qualités techniques des joueurs et l'aspect tactique sont excellents malgré des budgets plutôt limités, à l'exception de trois ou quatre grosses équipes, comme le FC Copenhague et le BK d'Aalborg.
La dimension financière est d'ailleurs à la base du décalage par rapport aux cinq gros championnats européens (Angleterre, Italie, Espagne, Allemagne, France). À titre d'exemple, Kaiserslautern dispose de plus de ressources que la plupart des équipes de première division danoise.
Patrice Bernier (à droite)
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AFP/Jens Norgaard Larsen
Au Danemark, la survie passe essentiellement par le marché des transferts. Les formations peuvent difficilement attirer des joueurs vedettes et choisissent donc de former des jeunes pour ensuite les vendre à des formations plus prestigieuses. En ce sens, le championnat sert de tremplin pour ses têtes d'affiche.
Le FC Nordsjaelland compte sur un noyau jeune (moyenne d'âge entre 20 et 23 ans). L'équipe a un grand potentiel, mais manque de constance. On peut gagner 4-0 un soir pour perdre 3-0 le lendemain. On a oscillé entre la 7e et la 9e place toute la saison, tout près de la relégation.
En début de saison, je me suis rapidement adapté à mes nouveaux coéquipiers et à leur style de jeu, mais une blessure en novembre m'a contraint à l'inactivité pendant six semaines, ce qui a cassé mon rythme. Depuis mon retour, les choses se passent bien et j'espère terminer les choses en beauté pour préparer mon retour sur la scène internationale.
Barcelone jusqu'au bout
Les demi-finales de la Ligue des champions s'amorcent cette semaine et les formations anglaises ont une fois plus confirmé leur place parmi l'élite, avec trois représentants (Chelsea, Manchester United, Arsenal).
Leur présence dans le carré d'as n'est pas le fruit du hasard: le championnat anglais est le plus relevé d'Europe sur le plan technique et athlétique et attire des joueurs étrangers de qualité. Avant, l'Italie et l'Espagne dominaient, mais l'Angleterre est maintenant presque seule en piste.
Des quatre demi-finalistes, Barcelone m'apparaît toutefois comme le groupe le plus solide. Les Catalans jouent bien à l'anglaise, mais amènent une touche athlétique supérieure. Je pense qu'ils viendront à bout de la défense expérimentée de Chelsea pour ensuite triompher de Manchester United en finale.
À bientôt.
Patrice Bernier