Trois casse-tête

  |  Jean-François Tremblay  |  Radio-Canada
Matt Jordan Matt Jordan   © Impact de Montréal/Pépé

«Si nous pouvons tous rester ensemble, nous allons faire de grandes choses».

Gabriel Gervais, Sandro Grande et Matt Jordan... Trois piliers qui ont chacun une raison de ne pas revenir avec l'Impact l'an prochain. Quelle sera la solution de Nick De Santis?

Nevio Pizzolitto a lancé ce cri du coeur au gala annuel de l'Impact de Montréal jeudi.

Avec le temps, le vétéran de 14 saisons a appris à jauger ses coéquipiers. Il sait ce qui leur trotte dans la tête. Il comprend trop bien les questions que se posent trois des plus importants rouages de l'équipe.

Il y a Gabriel Gervais, atterré par toutes ses blessures. Il y a aussi Matt Jordan, tiraillé par l'idée de ramener sa petite famille au Colorado. Puis il y a Sandro Grande, ragaillardi, qui regarde vers l'Europe.

Deux de ces trois joueurs seront sans contrat dans une semaine exactement, après le dernier match de la saison contre l'Atlante FC. Jordan est l'exception, avec une autre année à son pacte.

Pizzolitto le sait, leur départ ferait très mal à une équipe enfin partie pour la gloire, à cinq mois des quarts de finale de la Ligue des champions.

Jordan d'abord

Commençons par Jordan: joueur par excellence de l'Impact en 2008, 9 jeux blancs, meilleure moyenne de la USL (0,76), finaliste au titre de gardien de l'année, 3 buts accordés en 7 matchs de Ligue des champions...

Son parcours est auréolé et il a depuis longtemps fait oublier son distingué prédécesseur Greg Sutton. «Le vrai leader dans le vestiaire», en a dit l'apprenti Davy Uwimana.

Homme de famille, père intègre, il tenait ses deux jeunes enfants par la main au moment de l'entrevue. Pour eux, il pense retourner vivre au Colorado. Et après sa saison de grâce, il passera sûrement un coup de fil aux Rapids, l'équipe de la MLS de sa ville natale... sans vrai numéro un devant le filet.

«Je dois en parler d'abord avec ma famille. On a deux maisons, une ici et une au Colorado. Ma petite fille commence l'école. Ma famille aime Montréal, mais je dois m'assurer avant tout qu'elle est heureuse.»

De son propre aveu, tout le monde sera fixé sur son avenir dans les prochaines semaines.

Le doute de Gervais

De son côté, le défenseur étoile Gervais a été secoué par la vie. Une blessure à une cuisse et plus récemment un caillot sanguin à un genou l'ont contraint à seulement 9 présences cette saison.

Gabriel Gervais Gabriel Gervais   © Pépé/Impact

Il sait qu'il devra prendre des anticoagulants au mieux jusqu'à la fin décembre, au pire jusqu'à la fin mars, et tout ça sans s'entraîner.

Le studieux défenseur de 32 ans, souriant malgré les épreuves, a fait cette réflexion sur son avenir. «Je veux attendre d'être en santé pour prendre une décision éclairée. J'ai toujours dit que j'allais jouer aussi longtemps que mon corps me le permettrait.»

Dans son cas, il reste à voir ce que son corps lui dictera. Le plus inquiétant? Même le directeur technique Nick De Santis, autrefois si prompt à seconder son acolyte, admet que «les deux côtés doivent réfléchir»...

Grande regarde à l'Est

Dix jours avant de s'entendre avec l'Impact, Grande a refusé une offre en Angleterre. Il n'était pas prêt mentalement, selon ses propres dires, après une année à se remettre d'une opération à un genou.

Maintenant qu'il a retrouvé sa coordination, sa vitesse et sa touche de ballon, il regarde encore vers l'Europe. Le Montréalais a déjà goûté à l'aventure outre-Atlantique, en Italie et en Norvège.

«Ma priorité est Montréal: c'est intéressant la Ligue des champions, jouer au stade olympique. Mais je ne resterai pas si je n'ai pas les bonnes conditions. On a toujours le goût d'être dans le meilleur club, le meilleur championnat, la meilleure situation.»

En devenant directeur technique, De Santis a accepté de nouveaux casse-tête. On jugera de son vrai talent par la façon dont il résoudra ces trois-là...