Antonio Ribeiro prend un bain de foule.
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Impact de Montréal/Pépé
Le voyagement excessif n'a pas arrêté l'Impact, la fatigue non plus. Les champions du Mexique et du Honduras ont aussi échoué...
Après avoir parcouru la moitié du globe dans les derniers jours, l'Impact trouve une autre manière de gagner. Un arbitre culotté infléchit le destin et Antonio Ribeiro joue encore les héros.
Et les Whitecaps de Vancouver ont suivi dans cette veine vendredi. On cherchait un surnom à l'Impact de Montréal. Les surhommes?
Au beau milieu d'une semaine de 18 800 km, après une semaine de 11 000 km, les Montréalais ont trouvé le moyen de gagner le match aller de la demi-finale de la USL 1-0, au stade Saputo.
Victoire, le tableau confirme, mais en demi-teintes. Il n'y a rien eu de trop flamboyant, rien de trop décevant non plus.
Reste que pour un deuxième match de suite, Antonio Ribeiro a marqué l'histoire. À la 49e minute, il a un peu (beaucoup) insisté auprès du gardien Jay Nolly, recroquevillé au sol. Une mêlée a suivi et Nolly a commis l'ultime péché au soccer: main au cou.
Interdit. Rouge automatique et expulsion.
Dans l'atmosphère la plus tendue, le culotté arbitre Steve DePiero assailli, s'est amené Taylor Baldock, un gardien qui n'avait jamais joué chez les professionnels. Dix minutes plus tard, Ribeiro, l'auteur même de la zizanie, initiait l'apprenti.
«Je travaille fort, je donne le meilleur de moi-même, a expliqué Ribeiro. J'ai des chances, je vais peut-être en marquer d'autres. Je suis allé jusqu'au but, le ballon aurait pu glisser des mains du gardien et le terrain était aussi glissant.»
Byers sans compas
Pauvre Peter Byers... Comment a-t-il pu rater autant d'occasions? Comment a-t-il pu, presque à lui seul, valoir à la performance de l'Impact le descriptif «en demi-teintes»?
«J'ai vu son langage corporel, a expliqué l'entraîneur de l'Impact John Limniatis. Il est déçu. Reste qu'il est là pour marquer et il ne l'a pas fait. Au moins, il était à la bonne place. Il était trop rapide ou trop lent. Ce n'était pas sa journée.»
Trop rapide? Dixième minute, échappée, un demi-kilomètre de solitude: Byers perd le globe en contournant Nolly. Vingt-sixième minute, il est alimenté par le consortium Sandro Grande-Antonio Ribeiro, mais il rate encore le filet en échappée.
Trop lent? Soixante-seizième minute, Baldock est déjà couché et le ballon est collé au pied de l'Antiguais devant la cage béante. Figurez-vous que Baldock a eu le temps de se relever, de faire un pas et de plonger pour l'arrêt.
C'était un arrêt des grands jours, certes, mais qui n'avait pas lieu d'être.
Prêts pour dimanche
Après le match, les Whitecaps sont tombés dans la facilité: l'arbitre a infléchi le destin. Un joueur a même osé dire que le juge de touche Nicolas Dubuc, celui qui a vu la main au cou, avait du culot d'intervenir «même s'il vivait à 10 minutes du stade».
«L'arbitre a joué un rôle dans la victoire, a dit Charles Gbeke, ancienne vedette montréalaise aujourd'hui dans l'Ouest. Il aurait dû donner deux jaunes. C'est presque une victoire pour nous. On quitte avec une défaite de 1-0, mais on sait qu'on peut marquer.»