Éviter le danger public

  |  Jean-François Tremblay  |  Radio-Canada
Stefano Pesoli Stefano Pesoli   © Pepe

Une banderole affichait «Toronto? Coché. Real Esteli? Coché». On pourra y ajouter «Joe Public FC? Coché».

L'Impact profite d'un rival fort techniquement, mais irresponsable en défense. Au passage, les deux entraîneurs s'envoient des cartons pour la revanche du 8 octobre.

Dans une ambiance automnale au possible, l'Impact de Montréal a vaincu 2-0 le Joe Public FC, mercredi, au stade Saputo.

Pour son premier match de la phase de groupes de la Ligue des champions, l'Impact a sorti le grand jeu. La météo a fait le reste... forçant même les Trinidadiens à jouer gantés!

Déjà, on a distribué les cartons pour le match retour, le 8 octobre, cette fois sous la chaleur des tropiques. L'entraîneur trinidadien, Keith Griffith, a d'abord lancé «qu'il gagnerait le prochain match avec une avance de quatre buts».

Son homologue de Montréal, John Limniatis, a répondu comme s'il s'agissait d'un numéro d'Abbott et Costello. «À moins qu'il ait une ligne directe avec Dieu... Il peut être confiant, mais il doit le montrer sur le terrain. Je ne sais pas comment ils vont changer un 0-2 en 4-0. Ils ont du talent offensif, mais c'est suspect de l'autre côté.»

Limniatis a mis le doigt sur le bobo: l'Impact a contrôlé un rival fort techniquement, mais irresponsable en défense. Ce laxisme a d'ailleurs valu une pensée pour le Revolution de la MLS, certes décimé, mais tout de même humilié 6-1 par le ténor trinidadien en qualifications.

Félix Brillant, dont le nom de famille résume le match, était le premier étonné de l'hégémonie montréalaise. «Après 5 minutes, je me suis dit wow! Je ne dis pas qu'ils sont mauvais, mais on a montré qu'on peut les jouer.»

Pesoli à la volée

À la 14e minute, Stefano Pesoli a sorti sa magie pour marquer en reprenant au vol, de côté, un ballon dans la surface. Tony Donatelli et Félix Brillant avaient d'abord dévié le coup de pied de coin du spécialiste de la manoeuvre Joey Gjertsen.

C'était la conclusion logique d'une vingtaine dominée par l'Impact, où le gardien colombien Alejandro Figueroa a gaffé plus souvent qu'à son tour. Ballon glissant, sorties hasardeuses, tout y était.

Le «It's all your fault» (c'est de ta faute) que lui ont servi les spectateurs valait son pesant d'or. Parlant de public, la pluie, le froid... et le mercredi ont chassé plusieurs partisans, mais entre 5000 et 6000 braves ont assisté au match.

Donatelli a marqué l'autre but à la 47e minute en lobant le ballon au dessus du portier adverse. Brillant venait de sauver un ballon qui se destinait à la clôture.

Le gardien de l'Impact Matt Jordan a fait le reste, bloquant chance par-dessus chance et frustrant jusqu'à l'insupportable le spectaculaire Gregory Richardson.

Pas important la USL?

Limniatis était fier du message envoyé par ses troupes. S'il concède réalistement le sommet du groupe à l'Atlante FC du Mexique, il aime l'idée d'être en avance sur les deux autres équipes pour la deuxième place.

«J'ai lu les rapports qu'on allait finir derniers. Si on n'a pas notre place, il n'y en a pas pour le Joe Public. Tout se joue sur le terrain.»

Le bouillant entraîneur prévient que les deux matchs de la USL ce week-end (les derniers de la saison) seront «difficiles pour la motivation». Mais il ne laissera aucun passe-droit pour autant.

«Quand tu es payé, tu dois tout prendre au sérieux. Si des joueurs prennent légèrement les matchs pas importants pour eux, ils ne joueront pas les matchs importants pour eux.»