Montréal ne sera pas un autre Rochester...

  |  Jean-François Tremblay  |  Radio-Canada
Richard Legendre Richard Legendre (archives)

Richard Legendre a pris des notes...

Richard Legendre croit dur comme fer qu'il ne frappera pas son « Rochester » avec le nouveau stade Saputo. Il ne craint pas de vivre les déboires d'assistance des Raging Rhinos.

Mis au fait des déboires d'assistance du nouveau stade à Rochester, le vice-président de l'Impact de Montréal s'est voulu rassurant.

Il a une foi inébranlable dans le stade Saputo, et il s'est fait un point d'honneur de le remplir. Il croit aussi dur comme fer que le projet montréalais ne commettra pas les mêmes gaffes que son équivalent new-yorkais.

« L'endroit est extraordinaire, a dit Legendre à Radio-Canada Sports. À Rochester, de ce que j'ai compris, il y a une problématique avec l'emplacement (le stade est situé dans un quartier lugubre). Ici, le stade Saputo est encore mieux au Parc olympique qu'au Technoparc. »

L'ancien ministre québécois des Sports se félicite aussi de contribuer à la vocation sportive de l'endroit, « dont l'avenir ne passe pas par les congrès ». Legendre pense ensuite à la vitalité du quartier Hochelaga-Maisonneuve et de tout l'est de Montréal.

« Comme à Ahuntsic (emplacement du Complexe sportif Claude-Robillard), il y en a des enfants et des familles. Je n'ai pas d'inquiétude, surtout qu'on veut rester très accessible au niveau des prix. »

On peut sortir l'homme du ministère, mais impossible de sortir le ministère de l'homme...

Un choix déchirant?

À Rochester, les Raging Rhinos ont péché en se mettant à dos la clientèle de soccer. Résultat? Le public déserte. À Montréal, Legendre a reçu le mandat (dangereux) d'accroître la vente des abonnements de saison.

Que fera-t-il le jour où le milieu corporatif pèsera aussi lourd que les associations locales de soccer et les familles?

StadeSaputo Le futur Stade Saputo   © Impact de Montréal

« Il n'y aura pas de choix à faire avec 13 000 sièges de qualité. Ce n'est pas le gros stade d'une clientèle riche. Oui, on veut augmenter les abonnements pour rentabiliser le stade et continuer le développement. Mais on est capable de le faire au détriment de personne. »

Côté ambiance, un cruel manque à Rochester, Legendre a déjà hâte. D'abord, les spectateurs seront à quelques pieds de l'action, tandis qu'ils sont à une année-lumière des joueurs à Claude-Robillard.

Ensuite, la structure compacte du stade aidera, comme ça a été le cas au stade Uniprix de tennis. « Quand c'est vaste, c'est dur de créer de l'ambiance. Ce sera aussi un stade bruyant. Il est métallique, donc... »

Le soccer, 12 mois par année

Récapitulons la feuille de route de Legendre. Rendre opérationnel le nouveau stade. Coché. Remplir les gradins. Coché. Faire du soccer une activité annuelle... Ouille!

Même le Canadien est incapable de garder ses éléments à Montréal durant l'été, alors pour le soccer, on repassera. Malgré tout, Legendre rêve de promouvoir le sport « à l'année » grâce aux joueurs.

« J'aimerais que les joueurs se consacrent au soccer 12 mois par année au Québec. Mais ils ne feront pas ça pour nos beaux yeux. Il faut donc développer davantage l'équipe et réinjecter l'argent dans le soccer québécois. »

Entouré de jeunes avant le match de vendredi, Legendre explique que « c'est ça le sport » et que c'est toute la motivation dont il a besoin pour son ambitieux projet. « Les petits bouts regardent les Leduc et les Gervais et rêvent de faire comme eux... »

Prochain gros dossier: amener la MLS à Montréal. Lisez mercredi la suite de l'entretien avec Richard Legendre.