Le cirque médiatique autour de Ronaldo
©
AFP/Franck Fife
Le Canadien de Montréal est au hockey ce que le Real Madrid est au ballon rond. Un club mythique qui a tout gagné et sur qui repose une pression énorme. Avec cette légère différence que le Real n'a jamais cessé de gagner...
On dit souvent qu'à Montréal, cette pression fait fuir les meilleurs. Ils préfèrent jouer ailleurs et en paix. Mais c'est tout le contraire à Madrid. C'est une fosse aux lions... dont tout le monde rêve. C'est le cas de la star néerlandaise Ruud Van Nistelrooy, qui aspirait, comme plusieurs de ses collègues, à porter le fameux maillot blanc.
Le Real a été proclamé « meilleur club du 20e siècle » par la FIFA. Ici, c'est la victoire, tout le temps, et rien d'autre. On ne peut pas être « parmi » les meilleurs, il faut être « le » meilleur.
Il n'y a rien de trop beau pour le Real, l'équipe la plus riche du monde avec des revenus dépassant les 400 millions de dollars (voir tableau). Le plus incroyable? Seulement 20 % de ce montant provient de la vente de billets!
L'équipe vient de tripler ses revenus provenant des droits de télé: une entente record de 1,6 milliard pour 7 ans. On a aussi triplé en six ans les recettes de commandites et de produits dérivés. David Beckham y est pour quelque chose. Trois maillots vendus sur cinq portent le nom de l'étoile anglaise. Et c'est sans compter l'image très payante des joueurs.
| Uniforme officiel d'entraînement | 181 $ |
Le Real explore maintenant tous les recoins de la planète pour vendre sa marque. À l'été 2005, l'équipe a fait une tournée en Asie et aux États-Unis: matchs amicaux à guichets fermés, séances d'entraînement payantes, activités promotionnelles. Tout ça aurait rapporté près de 30 millions.
La mise en marché de l'équipe devient aussi sociale. Grâce à sa fondation, le Real détient sa propre chaîne d'écoles destinées aux enfants du tiers-monde.
Ce véritable empire est très contrôlé. Le club n'a pas de propriétaire unique, ce sont 85 000 membres qui élisent le président tous les quatre ans. Mais pas avant une campagne électorale presque politique, qui monopolise l'attention médiatique avec affiches, permanences et débats.