Turski vise l'Histoire

Intouchable Kaya

Plus haut, plus loin, plus de rotation. C'est un peu la devise du slopestyle, la recrue des sports olympiques d'hiver.

Un sport que domine outrageusement Kaya Turski. La Montréalaise a goûté à la victoire et à rien d'autre en 2012.

« Je pense qu'en 2011 j'ai eu une 2e place! Ma carrière va très bien et j'espère encore gagner des médailles d'or », explique Turski.

Elle est triple championne en titre des prestigieux X-Games et la seule skieuse au monde à pouvoir réussir le 1080 degrés switch. Mais la complaisance, ce n'est pas pour elle.

« Je pense que je peux toujours travailler sur l'aspect mental du sport parce que les sauts deviennent de plus en plus grands et c'est intimidant des fois », juge Turski.

La skieuse de 24 ans compte sur des appuis de taille dans sa poursuite de l'excellence. Elle fait partie du groupe B2dix et est commanditée par le géant autrichien Red Bull, qui a déployé, juste pour elle, un module d'atterrissage gonflable au Colorado. L'occasion de sortir de sa zone de confort en limitant les risques.

« On a tendance à faire les rotations dans une direction alors quand on peut faire les deux, c'est vraiment bon pour les points », mentionne Turski.

Le coeur lourd

Si sa carrière roule à plein régime, elle a volontairement mis les freins l'été dernier, encore bouleversée par la mort de sa bonne amie Sarah Burke. Turski s'est isolée en Californie pour un temps d'arrêt, un temps de réflexion.

« J'ai pris du temps pour moi-même. J'ai pris du temps, j'ai pensé à beaucoup de choses. J'ai lu beaucoup, et je me sens prête pour une autre saison. »

L'idée d'arrêter ne lui a pas même effleuré l'esprit. Repousser les limites reste son objectif principal.

« Je comprends les risques et je veux continuer à pousser le sport comme elle le faisait et c'est pour elle que je fais ça. »

Kaya Turski aura sans doute une pensée pour Sarah Burke aux Jeux de Sotchi. Les deux pionnières de leurs disciplines respectives partageaient les mêmes ambitions dorées.

D'après un reportage d'Antoine Deshaies