Ça sent l'hiver. Quand je sors et que je sens le froid, j'ai hâte que la saison reprenne. Dans mon cas, ce sera à Lake Louise, à la fin novembre.
Ce sera une saison de renouveau. Je ne sais pas vraiment où je me situe par rapport à mes rivaux parce que je n'ai pas fait beaucoup de ski cet été. Seulement un camp de deux semaines en Autriche au début du mois.
La raison est fort simple, j'ai décidé de prendre soin de mon corps et de revoir complètement ma façon de m'entraîner. Depuis cinq ans que mon dos me faisait souffrir. À tel point que ça prenait deux heures quand je me levais le matin avant que mes douleurs disparaissent. Pas évident quand, habituellement, deux heures après mon réveil, je suis sur la pente de ski.
Au printemps, j'ai rencontré Damien Moroney (physiothérapeute) dans l'Ouest et il m'a dit qu'il pourrait me faire un programme sur mesure. Je fais donc maintenant partie de l'équipe B2dix. Et, depuis deux mois et demi, je m'entraîne désormais sous la gouverne de Scott Livingston (l'ancien préparateur physique du Canadien).
C'est merveilleux. Je n'ai plus aucune douleur. Mon corps est beaucoup plus souple, mes hanches sont plus flexibles. J'ai tout de suite vu la différence en Autriche. J'ai pu me laisser aller sur mes skis sans penser à mon dos.
Erik Guay
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AFP/Christof Stache
On s'entend que je n'ai pas fait 10 descentes par jour, 4 maximum. Comme l'équipe est aux prises avec plusieurs blessés qui reviennent, mon père m'accompagnait pour me donner des commentaires sur chacune de mes descentes. Donc, j'ai pu en faire moins, mais de façon plus intense. À 30 ans, je me rends compte que je dois réduire ma charge de travail si je veux que ma carrière se poursuive encore longtemps.
Avec Scott, on a vraiment recommencé à zéro. Au début, il me faisait faire des exercices inusités. Du genre me mettre sur une jambe en position de recherche de vitesse ou faire des squats (flexion de jambes). Je bougeais mes hanches, mon dos et là, il me disait : « Tu vois comment tu utilises mal ton corps. »
Il a tout défait pour mieux me rebâtir. J'ai dû apprendre à bien utiliser mon corps pour chaque exercice. Au début, j'avais tendance à me crisper parce que mon corps voulait reprendre ses mauvaises habitudes.
Évidemment, ce travail de reconstruction a fait en sorte que j'ai perdu 15 livres (7 kg) parce que j'ai moins soulevé de poids durant l'été. Je ne sais pas encore comment cette perte va se traduire sur mes skis. Peut-être aurai-je moins de force?
Un autre déménagement l'été prochain
J'apprécie vraiment ce suivi personnel. Et Canada Alpin m'a encouragé dans cette voie. À Calgary, on était une vingtaine d'athlètes avec un entraîneur physique et un physiothérapeute. Ils ne pouvaient pas passer deux heures exclusivement avec moi. Dans le passé, j'avais discuté avec Jennifer Heil et Alexandre Bilodeau (deux poulains de B2dix), mais je ne me doutais pas de l'impact qu'un tel encadrement personnalisé pouvait avoir.
Une fois ma saison commencée, je devrai voler de mes propres ailes. Mais Damien m'accompagnera à Lake Louise, tandis que Scott et l'ostéopathe Dave Campbell me rejoindront pour un suivi en Europe en janvier, le mois le plus exigeant sur le circuit avec Wengen, Kitzbühel et Garmisch-Partenkirchen.
Et l'an prochain, je ne perdrai pas de temps. Dès la saison terminée, je me remets au boulot. Je déménagerai même à Montréal. Je vais m'acheter quelque chose en ville pour être plus près du studio (Premier studio, le nom du gymnase). Vous comprendrez que je n'ai pas envie de me farcir des allers-retours Tremblant-Verdun tous les jours.
Je sais que ça va faire beaucoup de déménagement en trois ans (Tremblant-Calgary-Tremblant), mais je pense que ma blonde se plaira à Montréal. Il y a tellement d'activités qu'elle n'aura plus le temps de s'ennuyer durant mes nombreuses absences!
À bientôt et bonne saison.