L'année 2011 avait pourtant bien commencé avec une merveilleuse matinée de ski le 1er de l'an sur les pistes de mon enfance. Mais le bonheur et la quiétude ressentis lors de ces quelques descentes ont vite fait place à la réalité.
Le 10 janvier, j'ai dû me soumettre à une nouvelle intervention chirurgicale. Déjà, avant les fêtes, je m'étais rendue à l'évidence. Mon genou gauche ne progressait plus et la douleur était toujours présente, même si j'avais fait un pas en arrière en octobre pour travailler davantage en musculation pour renforcer mes muscles. Il fallait donc opter pour une autre solution.
Finalement, je ne regrette pas du tout ma décision, même si cela signifie de faire une croix définitive sur ma saison. De toute façon, si j'avais renoué avec la compétition, ça n'aurait été que pour une ou deux Coupes du monde.
Mon genou se porte tellement mieux. Il est plus stable, plus fort, et surtout il a meilleure mine. Après la première opération, j'avais dû me résigner à vivre pour le restant de mes jours avec un genou plus gros que l'autre et désaxé. Maintenant, il est bien réaligné avec ma jambe. Et déjà, je suis capable de marcher et de faire du vélo, ce qui n'était pas le cas trois semaines après ma première chirurgie.
Pour une question pratique, j'ai été opérée à Banff plutôt qu'à London. J'ai pu ainsi reprendre tout de suite le travail avec les physiothérapeutes de l'équipe nationale à Calgary. Quand le docteur Heard a procédé aux premiers examens, il a constaté que les dommages étaient plus sérieux que prévu.
Le genou de VanderBeek après sa deuxième chirurgie.
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Kelly VanderBeek
Il a donc dû reconstruire mon ligament antérieur croisé et mon ligament collatéral médial avec du tissu de cadavre (allograft) pour resserrer mes ligaments. Auparavant, ce mou dans mon genou provoquait de la friction, ce qui se traduisait par de l'enflure et de la douleur.
Il a également provoqué des microfractures, une procédure qui permet une meilleure circulation sanguine et qui favorise et accélère la guérison.
Lors de ma première chirurgie, mon genou était encore passablement enflé. De plus, il était complètement disloqué, ce qui est très rare. Le Dr Litchfield avait alors reconstruit mes ligaments postérieur croisé et latéral interne, mais il avait préféré laisser les ligaments antérieur et collatéral, légèrement touchés, mais pas déchirés, guérir par eux-mêmes.
De toute façon, s'il avait reconstruit les ligaments antérieur et postérieur en même temps, ça aurait été difficile de skier de nouveau, puisque les rééducations sont complètement différentes. Donc, c'est impossible de travailler sur la rééducation des deux ligaments en même temps.
Comment réduire les blessures?
Après un mois à Calgary, je suis maintenant de retour à la maison, à Chilliwack. Mais pas pour très longtemps. Je pars bientôt pour l'Australie afin de rejoindre mon mari David qui s'entraîne sur le site olympique des Jeux de Sydney depuis le nouvel An.
Malgré la distance, je serai entre bonnes mains. David habite chez l'une des meilleures physiothérapeutes du pays! Et malgré la chirurgie, notre calendrier demeure le même. Je devrais prendre part aux camps en salle de l'équipe en avril et mai, et aux camps sur neige en juillet.
L'Autrichien Hans Grugger, blessé à Kitzbühel
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PC/AP Photo/Kerstin Joensson
La question des blessures demeure néanmoins d'actualité. Encore une fois cette saison, l'équipe canadienne est largement touchée. Il faut faire quelque chose, c'est fou, il y a beaucoup trop de blessures graves.
Mais la question est de savoir quoi faire. La technologie est assez avancée pour trouver une solution. Mais, en même temps, il ne faut pas dénaturer l'essence du sport.
Depuis quelques années, les fabricants sont revenus avec des skis beaucoup plus droits pour réduire la vélocité des skieurs. Mais les athlètes sont tellement au sommet de leur art qu'ils sont capables de développer de nouvelles techniques pour aller toujours plus vite.
Je me souviens qu'il y a cinq ans, je skiais confortablement, c'est-à-dire sans dépasser ma limite. Et si je ne commettais pas d'erreurs, je terminais parmi les cinq premières. Maintenant, si j'adopte la même stratégie, je vais finir 25e.
Désormais, il faut toujours repousser nos limites si on veut gagner. Alors, de cette façon, on accroît le risque de blessures. C'est un cercle vicieux.
À bientôt.