Ça y est, je peux dire que j'ai posé les skis en Chine. Une première expérience brève, mais ô combien formidable!
Beida Lake se situe au nord-est de la Chine, à deux heures de voiture du village le plus près, Jilan. Quand je dis village, je parle de 4 millions d'habitants!
Ici, ce n'est pas la Chine touristique de Pékin et de Shanghai. Nous étions dans une région isolée, avec les fermiers et les usines. À part, un hôtel, il n'y a rien d'autre.
Nous avons fait deux heures d'autobus pour nous rendre à Beida Lake. On arrivait de la Finlande. On avait voyagé toute la journée, alors nous avions faim. Généralement, dans pareilles circonstances, l'autobus s'arrête dans un petit restaurant en bordure de la route.
Ici, rien. Nous avons donc dû attendre d'être rendus à l'hôtel. D'ailleurs, c'était le seul endroit où nous pouvions nous sustenter. Après quelques jours, tout commençait à goûter la même chose. Par contre, je n'ai rien mangé de bizarre, contrairement au Japon où il y avait des choses qui bougeaient dans mon assiette!
Cependant, je dois vous avouer que j'ai hâte de revenir à la maison pour manger la traditionnelle dinde de Noël.
Jennifer Heil
©
PC/Sean Kilpatrick
Cela dit, moi qui adore voyager et découvrir de nouvelles cultures, je suis très contente que mon baptême en Chine se soit déroulé hors des sentiers battus.
D'ailleurs, je tenais tellement à profiter de ce court voyage que j'ai changé mon billet d'avion pour revenir à Pékin après la compétition plutôt que d'attendre au lendemain.
Je dois être à l'aéroport à 15 h, Dominick et moi, nous nous sommes organisé une petite et rapide visite guidée avec un ami. Au menu, la Grande Muraille, le marché de soie et la place Tiananmen.
La nuit va être courte. Je viens d'arriver à mon hôtel à Pékin et il est... 2 heures!
Un mois, un tour du monde
À la montagne, l'ambiance était à la fête. Il y avait passablement de spectateurs pour une Coupe du monde, malgré le fait que le site soit loin de la ville. Pour les Chinois, les bosses c'est plutôt nouveau. Ils sont plus familiers avec les sauts. Mais ils veulent apprendre et ils s'informent.
D'ailleurs, à un certain moment, je remontais dans la chaise et la jeune fille à côté de moi m'a demandé si j'étais bien Jennifer Heil. J'étais un peu surprise.
Heil avec sa médaille de Turin
©
PC/Ryan Remiorz
Et là, elle me raconte qu'elle suit ma carrière depuis ma médaille d'or aux Jeux olympiques de Turin et qu'elle s'est farci 15 heures de train depuis Pékin pour voir les meilleurs au monde parce qu'elle veut parfaire sa technique en bosses.
J'étais franchement impressionnée par sa volonté.
Côté performance, j'ai encore terminé 2e aujourd'hui, et encore derrière Hannah Kearney. Une autre course serrée. Hannah m'avait battue par 7 centièmes de point à Ruka (Finlande), et mardi c'est par seulement 8 centièmes qu'elle a eu le dessus.
Mais je me sens très solide sur mes skis après trois courses. Je sens que j'ai solidifié ma base avec ma technique et ma concentration. À Beida Lake, c'est moi qui ai été la plus rapide de la journée. Mon ski était énergique, comme je le souhaitais, et j'ai réussi deux bons sauts.
Je dois seulement retrouver mon rythme et minimiser les erreurs. Je fais de petites erreurs inhabituelles, comme aujourd'hui quand je suis sortie de ma ligne de course. En fait, Dominick était content de me voir commettre cette faute parce que pour lui, ça voulait dire que j'étais sortie de ma zone de confort et que je repoussais mes limites.
En ski acrobatique, c'est impossible de faire une descente parfaite. Le truc, c'est de masquer nos erreurs pour que les juges ne les voient pas. Ce que je n'ai pas réussi à faire pour l'instant.
Je reviens au Québec plus affamée que jamais. J'ai hâte aux fêtes pour passer du temps avec ma famille et pour construire sur ces trois courses.
Mon premier arrêt est à Spruce Grove pour Noël. Ensuite, je mets le cap sur le Québec pour le jour de l'An. Donc, en un mois, j'aurai complété mon tour du monde!
Joyeuses fêtes et à bientôt!