Quel bonheur! J'ai enfin chaussé mes skis et effectué mes premiers virages.
J'attendais ce moment depuis si longtemps. C'est le signe que j'ai parcouru beaucoup de chemin depuis un certain jour de décembre 2009. Même s'il m'en reste beaucoup encore à parcourir, mentalement, c'est plus facile quand je me retrouve dans mon élément.
Quand j'ai enfilé mes bottes dimanche matin à Lake Louise, c'est comme si je revenais à la maison. Pas nerveuse, pas émotive comme je l'anticipais. Et quand j'ai amorcé mon premier virage et que mes carres ont mordu la neige, j'ai tout de suite retrouvé mes sensations. C'est comme si j'avais skié la veille.
Et j'ai même eu la chance de vivre ce moment magique en compagnie de mon physiothérapeute Kent Kobelka et de mon chirurgien Bob Litchfield. Le Dr Litchfield avait fait le voyage à Lake Louise, avec sa famille, pour assister à la Coupe du monde.
À ma troisième... et dernière descente, le Dr Litchfield a presque réussi à me faire verser quelques larmes. Quand il m'a donné une accolade, l'émotion est remontée à la surface et c'est là que j'ai réalisé tous les sacrifices et les efforts que j'avais dû faire pour renouer avec ma passion.
Kelly VanderBeek
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PC/Jonathan Hayward
Malgré l'envie de passer la journée sur les pentes, je me suis limitée à trois descentes. Je ne veux pas surtaxer mon genou. Le plan de match pour les deux prochaines semaines est de skier un jour sur deux. Et si mon genou ne va pas bien, alors congé. C'est lui le patron, je dois l'écouter.
Pour l'instant, j'ai seulement besoin d'avoir du plaisir sur la neige. Ma rééducation est autant physique que mentale. Et d'ailleurs, ça me fait un bien énorme de me retrouver ici à Lake Louise et de jaser avec des filles qui reviennent de sérieuses blessures. Ma petite jasette avec Marlies Schild m'a énormément motivée.
Avec toute l'ambiance ici, je sens que je suis de retour à la compétition. Le hic, c'est que quand les filles vont retourner en Europe la semaine prochaine, moi je vais rester ici!
Mieux vaut prévenir que guérir
Honnêtement, mon premier entraînement s'est mieux déroulé que je le croyais... mais pas aussi bien que je le rêvais!
Si vous m'aviez vu skier, vous n'auriez jamais remarqué que je ressens encore une douleur au genou gauche. Je ne compensais pas avec ma jambe droite, même si mon orthèse à gauche n'était pas confortable. D'ailleurs, j'en aurai une nouvelle mercredi.
Force est d'admettre que je suis encore loin d'un retour à la compétition. Je vous avoue sincèrement que je préfère attendre à l'an prochain. Je préfère reprendre la compétition quand je vais pouvoir me battre avec les meilleures, et non pas pour faire de la simple figuration. Ça me frustrerait de finir dans le bas du classement.
Kelly VanderBeek
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AFP/Samuel Kubani
Pour effectuer un retour en Coupe du monde, il faut deux mois intensifs d'entraînement, ce à quoi je me consacrerai en janvier et en février.
Ça veut donc dire que je pourrais rejoindre le circuit à la fin février ou au début mars. Il restera alors deux étapes avec des épreuves de vitesse si je réussis à atteindre un niveau de compétition pour la fin février.
Aussi bien continuer à renforcer mon genou pour éviter une autre blessure au moindre coup. Cependant, je ne fais pas une croix sur les Championnats canadiens à la fin mars.
En terminant, la perte de l'un de nos deux commanditaires principaux (GMC) m'effraie. À Lake Louise, Canada Alpin m'a demandé de donner une conférence afin d'essayer de joindre la communauté des affaires.
Pour l'instant, ceux qui ont du succès vont continuer d'en avoir. Mais dans quatre ans, il n'y aura plus de jeunes pour prendre la relève quand Erik et moi allons accrocher nos skis.
Ce sera le même scénario qu'après les Jeux de Calgary. On a été capable d'avoir de bons résultats jusqu'en 1994, ensuite ç'a été la panne sèche pendant plusieurs années.
Les gens pensent qu'avec « À nous le podium », on a eu un surplus d'argent au cours des dernières années. En fait, on a eu le même budget que les Autrichiens et les Suisses... et les succès ont suivi.
À bientôt.