Ma vie est aussi mouvementée qu'après les Jeux olympiques de Vancouver.
À l'approche d'une nouvelle saison de ski acrobatique, Jennifer Heil est aussi motivée qu'à ses débuts. De plus, une révélation pendant l'été l'a aidée à améliorer son ski.
Un peu par ma faute, je l'admets. J'ai tendance à vouloir tout faire. Mais on me propose tellement de choses intéressantes qu'il m'est difficile de refuser. J'adore donner des conférences dans les écoles pour partager ma passion et l'importance du sport.
Mes commanditaires me proposent également des projets intéressants, comme Birks qui me donne la chance de dessiner ma propre ligne de bijoux.
Mais rassurez-vous, le ski demeure ma priorité. L'an dernier, en raison des Jeux olympiques, j'ai réduit mes engagements au minimum pour me concentrer uniquement sur le sport.
Cette année, je n'ai pas la même mentalité et je me permets de profiter des occasions qui s'offrent à moi.
Par exemple, j'ai repris l'entraînement un mois plus tard qu'à l'habitude, au début juin seulement, après mes vacances de rêve avec Dominick, deux semaines de surf à Bali et à Lombok, suivies d'une semaine à Bordeaux et d'une autre à Monaco.
Jennifer Heil
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PC/Sean Kilpatrick
Je craignais d'arrêter l'entraînement aussi longtemps. Mais mon équipe m'a rassurée en me disant qu'à mon âge (27 ans), mon corps compte assez d'années d'entraînement pour que tout revienne vite.
Une révélation...
Et ils avaient raison. D'ailleurs, croyez-le ou non, j'ai vécu le meilleur camp d'entraînement de ma carrière le mois dernier à Zermatt. Je n'en revenais tout simplement pas. Après 11 saisons dans l'équipe nationale, j'ai eu une révélation qui s'est traduite par une avancée majeure dans mon ski.
En fait, c'est d'abord en gymnase, sur une plateforme où l'on doit se maintenir en équilibre, que j'ai remarqué que je mettais plus de poids sur une jambe. Il y a trois ans, j'ai travaillé à rééquilibrer mon corps pendant toute une saison pour transférer mon poids du côté droit au côté gauche.
Mais voilà, l'effet inverse s'est produit. Sur la neige, je mettais trop de poids sur le ski extérieur lors d'un changement de direction. Je dirais que j'étais à 80-20, alors que maintenant, je suis à 60-40.
Mon angle de genou est meilleur. Ainsi, je suis beaucoup plus solide sur mes skis, mais mon contact sur la neige se fait plus en douceur.
Les non-initiés n'y verront que du feu. Il faut avoir l'oeil averti pour voir une différence. Ça peut avoir l'air farfelu de s'attarder à de si petits détails, mais c'est une amélioration significative, si mineure soit-elle.
Ce qui m'a surprise également durant ce dernier camp, c'est que ma motivation n'a pas baissé d'un cran depuis toutes ces années. Elle est comme au premier jour.
Jennifer Heil avec son 5e globe de cristal
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Association canadienne de ski acrobatique
J'amorce donc la nouvelle saison avec l'objectif bien avoué de remporter un sixième globe de cristal en bosses. D'ailleurs, la saison commence sur les chapeaux de roue avec trois courses en huit jours, du jamais vu. Généralement, nous disputons rarement plus de deux courses avant les fêtes.
D'autant plus qu'après la Finlande et la France, nous mettons le cap sur la Chine qui accueillera sa première Coupe du monde en bosses. J'ai hâte parce que je n'ai jamais posé mes valises dans l'Empire du Milieu. Dommage, par contre, parce que j'aurais aimé y passer plus de 24 heures.
Cette saison sera-t-elle ma dernière? Après les Jeux, j'ai tout lu sur la suite de ma carrière : elle était terminée, elle se poursuivait pour un autre cycle olympique, elle prenait fin en 2011. Bref, pour l'instant, je ne veux pas penser à la retraite, je me concentre uniquement sur ma saison.
À bientôt.