La saison de Coupe du monde a pris son envol le week-end dernier. Mais pour ma part, je devrai encore patienter avant d'amorcer la mienne.
Je m'entraîne assidûment et ardemment en salle, mais j'ai hâte de tester mon genou sur la neige. Et c'est à Lake Louise que mon baptême est prévu à la fin novembre ou au début décembre.
Ironiquement, au même moment où se tiendra la Coupe du monde, la première de la saison pour les épreuves de vitesse est ma préférée. Donc, pendant que mes coéquipiers s'élanceront sur la piste olympique, je me contenterai de la petite pente pour les enfants!
Je croyais vraiment être guérie à temps pour Lake Louise. Ce sera la première fois que je raterai cette compétition et ce ne sera pas évident de regarder les courses sur les lignes de côté. Mais ça ne pourra pas être plus crève-coeur que de vivre des Jeux olympiques à la maison par procuration.
Kelly VanderBeek (gauche) sur le plateau de télévision
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www.kellyvanderbeek.com
D'ailleurs, mon expérience comme analyste à la télévision se poursuivra à Lake Louise, cette fois pour CBC. C'est le côté positif à ma blessure. Ça m'a ouvert d'autres portes et permis de me découvrir de nouvelles passions.
Je suis une athlète et je ne tolère pas de rester assise bien longtemps. Je dois m'occuper, raison pour laquelle j'ai passé beaucoup de temps à peaufiner ma nouvelle passion, la photographie.
Ce repos forcé s'est avéré également un mal pour un bien dans ma vie de couple. J'ai passé plus de temps avec mon mari David que dans les huit années précédentes réunies. Et pour la petite histoire, les choses vont toujours très bien entre nous!
Différent à tout jamais!
J'en suis encore au travail en gymnase dans ma rééducation. Mon genou progresse exactement selon l'échéancier prévu par les médecins et les athlètes, ce qui, pour moi, est somme toute un peu décourageant.
Étant une athlète, je croyais que je guérirais beaucoup plus rapidement. Je me disais que les médecins m'avaient présenté le pire scénario. Force est d'admettre qu'ils avaient raison. Et j'ai dû me faire à l'idée que le mot d'ordre était patience. Dur retour à la réalité.
Autre aspect plus difficile à accepter mentalement, la physionomie de mon genou. Le gauche sera à tout jamais différent du droit, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Outre les cicatrices, il sera toujours légèrement plus gros que le droit et il y aura toujours cette pointe d'os qui sort de la partie frontale.
Kelly VanderBeek
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PC/Jonathan Hayward
Pour ce qui a trait à la partie interne, elle fonctionne différemment. Par exemple, il y a certains mouvements de yoga que je n'arrive plus à faire. Mon genou est moins flexible. En fait, je ressemble aux gars quand j'essaie de faire des exercices de souplesse! Vous voyez ce que je veux dire!
Mon genou doit donc apprendre à fonctionner avec ses nouvelles contraintes. Actuellement, je fais beaucoup de répétition pour lui donner confiance. Je dois entraîner les muscles pour qu'ils sachent de quelle façon réagir pour soutenir mon genou. Je travaille beaucoup sur ma force et sur mes rotations.
En fait, pour une personne normale, mon genou fonctionnerait très bien dans son état actuel. Mais pas pour une skieuse qui descend à 100 km/h sur des pentes glacées, qui doit faire face à des bosses, des trous, des virages énergiques et rapides.
Je veux renouer avec le circuit de Coupe du monde cette saison. Mais si mon genou ne me le permet pas, je prendrai mon mal en patience!
Néanmoins, les performances de Jean-Philippe Roy et de François Bourque à Sölden dimanche m'ont encouragée. Le slalom géant a été annulé après la première manche, ce qui ne changeait rien pour JP et François (ils ne s'étaient pas qualifiés parmi les 30 premiers), mais ils ont attaqué ce parcours extrêmement exigeant et leurs genoux ont tenu le coup.
Une merveilleuse petite dose d'encouragement et de motivation.
À bientôt.