Stéphanie St-Pierre
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Association canadienne de ski acrobatique
Stéphanie St-Pierre a finalement tourné la page sur ses 15 années en ski acrobatique.
Durant les Jeux olympiques, Stéphanie St-Pierre a réalisé que ses genoux ne lui permettraient plus jamais de skier à un tel niveau. Le deuil passé, elle est maintenant prête à relever de nouveaux défis.
Jeudi, la bosseuse a confirmé qu'elle mettait un terme à sa carrière après sept années dans l'équipe canadienne.
Aux prises avec des blessures récurrentes aux genoux, St-Pierre avait déjà mis sa carrière en veilleuse en octobre dernier. À ce moment, elle avait annoncé qu'elle renonçait à sa saison, donc du coup aux Jeux olympiques de Vancouver. Mais elle voulait encore laisser le temps à ses genoux de récupérer avant de prendre une décision.
« Je trouvais que c'était trop difficile de tout annoncer en même temps, de dire : je ne vais pas aux Jeux olympiques, je prends ma retraite. Tout au cours de l'année, j'ai vécu de gros deuils, mais maintenant, c'est la fin », avoue la Québécoise.
Le déclic, c'est justement pendant les Jeux olympiques que la skieuse de 24 ans l'a eu.
« En octobre, je gardais espoir, je croyais que le repos allait m'aider. Mais en regardant les Jeux, je me suis dit : "C'est fini." Le niveau est rendu trop élevé. J'avais skié quelques fois déjà et ça n'allait vraiment pas bien. »
Ironiquement, malgré tout le repos et les traitements thérapeutiques, ses genoux ne tiennent plus le coup. Avec une masse musculaire diminuée, ses articulations sont incapables d'endurer les chocs dans les bosses, pas plus que le gros sel printanier.
Ses trois chirurgies aux ligaments antérieurs croisés ont laissé des traces irréversibles. Une véritable gifle pour une fille qui mange du ski!
« Ça m'attriste de voir que je ne peux pas faire de ski. Je ne peux pas croire que je ne pourrai plus faire 3-4 descentes dans les bosses. J'espère qu'avec le temps, ça va aller mieux, dit-elle. Mais une chose est certaine, je ne pourrai plus faire 15 descentes lors du ski de printemps. Je vais passer plus de temps sur la terrasse! »
Hyperactive et friande de sports, St-Pierre s'est découvert une nouvelle passion pour le cyclisme sur route... que ses genoux tolèrent à merveille. Aucun problème non plus pour le patin à roues alignées, le surf, le surf des neiges, la raquette.
Étudier pour oublier le ski
Stéphanie St-Pierre
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PC/Peter McCabe
Ses plus beaux moments, la médaillée de bronze des Championnats du monde de 2003 les a vécus aux Jeux olympiques de Turin, même si elle a fini seulement 12e, et au mont Tremblant lors de sa victoire en 2004.
Plus souvent chez le médecin que sur la piste depuis deux ans, St-Pierre n'aura jamais pu développer son plein potentiel, mais elle n'a aucun regret.
« J'ai tenté de revenir après trois chirurgies. Tu ne peux pas avoir de regret. Si je n'avais pas réussi à aller aux JO après ma première chirurgie, ça aurait été un regret, assure la native de Victoriaville. Mon seul regret, c'est d'avoir pris ça trop à coeur. Cette intensité m'a permis d'accomplir plein de choses. Mais, en même temps, ça me mettait trop de pression. »
Justement, cette pression de se surpasser s'est répercutée dans ses études. Parce que pendant qu'elle soignait ses genoux, la fille organisée qu'elle est a décidé de vendre sa maison à Québec et de s'inscrire à l'Université de Sherbrooke en communications marketing, question de ne pas perdre de temps.
Une décision qui l'a grandement aidée à combler le vide et à faire la transition, même si au début son corps avait de la difficulté à s'adapter à l'inactivité pendant trois heures de cours.
« J'avais de la misère à marcher quand je me levais de ma chaise. »
Sans surprise, St-Pierre a approché ses études comme le ski acrobatique... avec passion, détermination et intensité. Des qualités qui lui ont permis à deux occasions de revenir parmi l'élite mondiale après deux reconstructions du genou gauche (2004 et 2008).
Mais comme une médaille possède toujours deux côtés, la perfectionniste éprouvait une certaine appréhension devant l'inconnu, notamment les fins de session avec cinq cours. Elle craignait de ne pas être à la hauteur.
« Les filles me disaient : "Steph relaxe. On n'est pas aux Jeux olympiques. Prends ça cool." »
L'arrivée de son bulletin a calmé ses appréhensions... le succès s'est transposé dans ses études.