Bonjour à tous,
Quel jour sommes-nous? Qu'ai-je fait hier?
Quel tourbillon! J'ai l'impression que les Jeux olympiques n'ont jamais pris fin. Pourtant, il y a plus d'un mois que les athlètes ont quitté Vancouver. Mais depuis le 13 février, jour où j'ai gagné ma médaille d'argent, pour moi, c'est la folie, un feu roulant incessant.
Physiquement, je suis vidée. Tout avait été planifié jusqu'aux Jeux. Sauf qu'on n'avait pas prévu comment gérer tout ce qui allait suivre. Et ça aurait été impossible de le faire parce que ça a dépassé toutes nos attentes.
Pour vous donner une petite idée de mon après-Vancouver, j'ai quitté le village olympique à 4 heures du matin, quelques heures à peine après la cérémonie de clôture, en direction du Japon. Il restait cinq épreuves à la Coupe du monde... Finalement, il n'y en a eu que quatre, une au Japon ayant été annulée. Ensuite, cap sur la Suède et l'Espagne.
Sauf que j'ai dû faire une croix sur Sierra Nevada. Une déchirure au quadriceps m'a contrainte à rater la dernière épreuve et à ainsi oublier le grand globe de cristal en ski acrobatique. Une blessure vraiment bizarre qui est survenue à l'atterrissage d'un saut. Je crois que mon corps en avait assez.
Jennifer Heil
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PC/Ryan Remiorz
Je ne suis rentrée à Montréal que lundi dernier (29 mars). Nombreuses entrevues dans les médias, signature d'autographes dans un magasin de disques, obligations avec les commanditaires, apparition au Centre Bell lors du match contre les Hurricanes se sont succédé.
Vendredi, j'ai de nouveau traversé le pays pour retrouver ma famille à Spruce Grove, pour la première fois depuis les Jeux olympiques. Et ne croyez pas que je vais me reposer tranquillement chez papa et maman. L'horaire est tout aussi chargé. Heureusement que Dominick (entraîneur et conjoint) est là pour gérer l'horaire parce que moi, j'en perds le fil.
Dimanche, j'ai reçu un autre bel honneur de ma communauté. Après la rue Jennifer-Heil à Spruce Grove, voilà que le centre de ski Marmot Basin, notre station familiale dans ma jeunesse, situé dans le parc national de Jasper, a renommé une piste en mon honneur... Jenn's Run. Franchement, je suis vraiment choyée.
Lundi soir, les Oilers ont imité le Canadien en m'invitant au centre de la glace avec Dominick. Impossible pour moi de dire quel accueil m'a touchée le plus. J'ai la chance d'être reconnue, appuyée et honorée dans les deux villes que je considère comme ma maison.
Et puis ce soir, autre grosse célébration avec ma famille, mes amis et tous ceux qui m'ont aidée dans ma carrière.
Vivement l'Indonésie!
Jennifer Heil
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Association canadienne de ski acrobatique
Ouf! J'ai hâte aux vacances, mais pas avant le 24 avril. Parce que le 23, tous les athlètes olympiques canadiens participeront à un défilé sur la rue Sainte-Catherine. Mais dès le lendemain, Dominick et moi nous nous envolons pour nos vacances de rêve : deux semaines de surf en Indonésie, d'abord à Bali, puis à Lombok.
Mes vacances seront quand même ponctuées d'exercices. À cause de mon quadriceps, j'en suis encore quitte pour du repos et de la glace, mais je devrais commencer à nager demain. Donc, je dois entretenir mon corps afin de m'assurer que la blessure guérisse correctement.
Par contre, j'avoue que l'entraînement estival sera moins intensif que l'été dernier. Je ne me suis pas encore assise avec mon équipe pour déterminer le plan, mais pas question de m'entraîner trois fois par jour... deux fois suffiront!
Je n'ai cependant aucun regret pour tous les efforts déployés depuis quatre ans. Me croiriez-vous si je disais que ma médaille d'argent a été beaucoup plus difficile à gagner que ma médaille d'or? La deuxième est toujours plus ardue à décrocher que la première, simplement parce que c'est plus facile d'atteindre le sommet que de s'y maintenir.
Bien sûr, sur le coup, j'étais déçue de ne pas conserver mon titre olympique. Depuis quatre ans, il n'y a pas une journée où je ne pensais pas à la médaille d'or, pas une journée où je ne m'entraînais pas pour la gagner. Mais la victoire et la défaite sont l'essence du sport et je le savais en signant mon contrat!
Heil entourée de Bahrke et de Kearney
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PC/Sean Kilpatrick
Coincée entre deux Américaines (Hannah Kearney et Shannon Bahrke) qui exultaient, j'avais l'air un peu dépité. Outre ma 2e place, ma déception venait aussi du fait que je n'avais pas trouvé de drapeau canadien dans lequel me draper. Alex (Bilodeau) n'a pas vécu ce problème-là le lendemain!
Cependant, j'avoue que contrairement à Turin, j'ai pleuré sur le podium. Les cris et les applaudissements de la foule m'ont fait craquer.
Sans contredit, ces Jeux olympiques ont été le moment le plus riche de ma carrière. D'abord, parce que quand j'ai commencé ma carrière d'athlète, je n'aurais jamais cru prendre part à des JO au Canada. Puis, l'appui et les encouragements des Canadiens ont été incommensurables. À Cypress, la montagne en tremblait.
Pas facile donc de se motiver pour les Coupes du monde après autant d'émotions. Mais j'ai utilisé l'adrénaline des Jeux olympiques pour poursuivre ma saison. Pour moi, le globe de cristal est aussi important qu'une médaille olympique.
D'ailleurs, ce cinquième globe de cristal est le plus satisfaisant de tous. Je ne veux pas me répéter, mais ce n'est pas facile de rester au sommet. Et j'ai bien l'intention d'y demeurer et d'en viser un sixième l'an prochain!
Bon été.