Bonjour à tous,
J'ai l'impression de ne pas encore être sortie du tourbillon olympique. Depuis la fin des Jeux, mon horaire se bouscule.
Les demandes affluent. Je suis de plus en plus sollicitée pour donner des conférences dans des entreprises, sans compter celles déjà prévues dans des écoles. Mon expérience à CTV et SportsNet durant les Jeux m'a ouvert des portes. Les gens ont réalisé que je m'exprimais bien.
J'ai vraiment adoré mon travail à la télévision, beaucoup plus que je ne l'aurais cru. J'ai réalisé que c'est quelque chose dans laquelle j'étais bonne. Les producteurs m'ont même offert un emploi une fois ma carrière de skieuse terminée. Ils ont aimé mon enthousiasme, la pertinence de mes commentaires.
Kelly VanderBeek (gauche) sur le plateau de télévision
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www.kellyvanderbeek.com
De plus, je n'étais pas du tout nerveuse à l'antenne. En tant qu'athlète, je suis habituée à gérer le stress, mais il faut dire que j'étais entourée d'une excellente équipe qui m'a mise en confiance.
Je suis contente d'avoir pu assister aux Jeux malgré ma blessure. À deux occasions seulement, j'ai eu un petit pincement au coeur : lors de la cérémonie d'ouverture et lors de la descente féminine. Dans ce dernier cas, j'avais de la difficulté à regarder la course. Ce n'est pas évident de faire de la physio quand tu sais que tu aurais dû courser toi aussi.
Pour le reste, pas de problème. Mon coup de coeur est allé à Jon Montgomery, le premier médaillé d'or à Whistler. C'est un gars tellement sympathique, c'est tellement un bon vivant. Je trouve qu'il représentait parfaitement l'esprit olympique des Jeux.
Attentes trop élevées
Évidemment, j'aurais souhaité que mes coéquipiers décrochent une médaille. Mais il n'en a pas été ainsi. Honnêtement, je crois que les attentes étaient beaucoup trop élevées. Décimée par les blessures, l'équipe ne pouvait pas répondre aux attentes de trois médailles.
Canada Alpin aurait dû revoir le nombre à la baisse. En ne le faisant pas, Canada Alpin a ajouté une pression supplémentaire sur les épaules des skieurs.
Déjà que depuis quatre ans, les athlètes canadiens vivaient avec la pression de gagner une première médaille d'or à des Jeux organisés au Canada. Dans bien des cas, les athlètes y sont allés seulement pour l'or et, au passage, ça nous a fait perdre des médailles d'argent et de bronze.
Je pense, entre autres, à Robbie (Dixon) qui n'était jamais monté sur un podium en Coupe du monde, et à Manuel (Osborne-Paradis). Ils ont skié à la limite, pour décrocher l'or. Parfois ça passe, d'autres fois, ça casse. Et c'est ce qui leur est arrivé.
La ligne est mince en ski alpin entre une médaille et une sortie de piste. Parlez-en à Erik (Guay) qui a failli perdre le contrôle à trois reprises lorsqu'il a gagné le petit globe en super-G.
Manuel Osborne-Paradis
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PC/Jonathan Hayward
De plus, avec leur podium en Coupe du monde cette saison, Emily (Brydon) et Manuel faisaient figure de favoris. Jamais, je n'aurais prédit un podium à Emily à Whistler, la piste ne correspondait pas du tout à son style. Même chose pour Manny. La piste convenait davantage à un gars comme John (Kucera). Mais soudainement, pour les médias, Emily et Manny étaient des espoirs de médaille.
Le ski alpin n'a pas contribué à la récolte de 26 médailles canadiennes. Mais plus personne ne peut parler de la guigne de la médaille d'or au Canada. Avec 14, c'est un record absolu pour un pays organisateur.
Même si j'étais sur place, je n'ai pas vu grand-chose des Jeux. Je me déplace maintenant sans béquilles, mais je boite encore et je ne peux marcher trop longtemps. La seule épreuve à laquelle j'ai assisté, c'est le match de hockey entre le Canada et l'Allemagne, et c'est parce que j'étais reçue dans une loge avec mon mari David.
Comme je suis incapable de plier mon genou à 90 degrés, il était impensable pour moi de m'asseoir dans les rangées exiguës des gradins.
Parlant de mon genou, il m'inquiète un peu. La flexion progresse moins bien qu'avant, même si je suis rendue à 85 degrés. Je ne peux toujours pas pédaler. D'ici un mois, je devrais savoir si je dois me soumettre à une autre intervention chirurgicale pour réparer les tissus cicatrisés. Ce sont eux qui empêchent mon genou de fléchir davantage.
Je continue de travailler d'arrache-pied dans l'espoir que tout rentre dans l'ordre sans chirurgie. Cependant, comme l'intervention ne toucherait en aucun cas les ligaments, elle ne retarderait pas mon retour sur neige l'automne prochain.
À bientôt.