Grand titres

Logo Radio-Canada

Ski | Chronique de Kelly VanderBeek
(propos recueillis par Manon Gilbert )

Une « vraie skieuse »!

Depuis la saison 2006-2007, Kelly VanderBeek s'impose comme l'une des meilleures descendeuses au monde. L'Ontarienne partagera avec nous ses expériences sur le circuit mondial.

Bonjour à tous,

J'ai de bonnes nouvelles en ce début d'année. Mon genou gauche est amoché, mais pas autant que le test de résonance magnétique l'avait démontré avant Noël. Étonnant, non?

J'ai été opérée le 31 décembre à London (Ontario), belle façon de célébrer la nouvelle année dans une chambre d'hôpital! Une fois mon genou ouvert, le Dr Litchfield, une sommité dans la reconstruction des genoux, a constaté que mon ligament antérieur croisé et mon ligament collatéral tenaient toujours. Ils ont été légèrement touchés, mais il n'y a pas de déchirure. Le médecin préfère les laisser guérir naturellement.

Même chose pour mon ménisque. Certes, il y a beaucoup d'inflammation, mais une fois l'enflure partie, tout rentrera dans l'ordre.

Donc, seuls les ligaments latéral interne et postérieur croisé ont été reconstruits.

À mon réveil, la première chose que j'ai demandée au Dr Litchfield, c'est combien de ligaments il avait réparé. Quand il m'a répondu deux, je ne peux vous décrire la joie que j'ai ressentie.

Kelly VanderBeek

Photo: La Presse Canadienne /Jonathan Hayward

Kelly VanderBeek

Ma famille était tellement heureuse qu'elle célébrait dans la chambre, pendant que moi, j'essayais de reprendre mes esprits.

Ça, c'est la bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que la rééducation pour un ligament postérieur croisé est plus longue que pour un ligament antérieur croisé. Au lieu de 6 mois, ça pourrait être de 8 à 11 mois. C'est encore difficile à prévoir pour l'instant. Donc si tout va bien, je pourrais remonter sur mes planches en septembre... sinon en novembre!

Afin de me remonter le moral, mon mari David s'amuse à dire que maintenant, je suis une « vraie skieuse »! Il n'a pas tort, sauf que je ne connais personne qui s'est déchiré le ligament postérieur croisé! Alors, je n'ai pas de repère!

De skieuse à... mannequin!

Aujourd'hui, je rentre à la maison à Chilliwack. Hier, j'ai rencontré le médecin pour un dernier examen. Je peux entreprendre ma longue rééducation.

Pour les quatre prochaines semaines, je peux mettre du poids sur ma jambe, mais seulement quand elle est complètement droite. Je ne peux fléchir le genou que couchée sur le ventre et avec l'aide de quelqu'un pour soutenir ma jambe.

Évidemment, je dois m'astreindre à plusieurs séances de glace par jour pour faire désenfler mon genou, mais j'ai hâte de recommencer à faire de la musculation.

J'ai fondu depuis mon accident. Je n'ai plus de muscles dans ma cuisse gauche. J'ai perdu 15 livres. Mes parents disent qu'ils ne m'ont jamais vue aussi mince depuis mon adolescence. Si ça continue, je vais avoir l'air d'un mannequin! Mais ça ne sert à rien de m'acheter une nouvelle garde-robe parce que dans quelques mois, je vais devoir m'en débarrasser!

Heureusement, mon appétit revient. Aussi, sous la gouverne d'un physiothérapeute, je vais pouvoir entreprendre de légers exercices pour remuscler mon quadriceps et mon mollet gauches. Et sans restriction, je peux travailler mon haut du corps et ma jambe droite. Selon le médecin, je devrai attendre trois mois avant de retrouver toute la mobilité dans mon genou.

Une vraie Madeleine...

Kelly VanderBeek

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Giovanni Auletta

Kelly VanderBeek

Durant mon séjour chez mes parents à Kitchener, j'ai versé beaucoup de larmes. Pas à cause de ma blessure, mais plutôt en raison des nombreux témoignages très touchants que j'ai reçus. J'ai fait mon deuil des Jeux olympiques.

Jeudi dernier (le 7), j'ai été surprise par de jeunes skieurs dans mon ancien club de Chicopee qui ont marché jusqu'à la maison de mes parents et qui ont chanté le Ô Canada devant notre porte.

Au départ, ils devaient être une quinzaine. Je ne sais pas si c'est à cause de Facebook ou de ce genre de site, mais finalement, ils étaient une soixantaine avec des banderoles à mon effigie et avec le drapeau canadien.

Ni moi, ni mes parents n'avions aucune idée de leur initiative, même si le club de ski n'est qu'au bout de notre rue. J'ai signé des autographes à tous ceux qui se sont présentés. Par chance qu'ils n'étaient pas plus nombreux sinon ce sont les ligaments de ma main qui auraient commencé à souffrir!

Le lendemain, j'ai visité mon ancienne école primaire qui m'avait « adoptée » pour les Jeux. Encore là, environ 500 écoliers se sont massés dans la bibliothèque pour m'encourager et me remonter le moral.

J'aurais aimé qu'ils puissent m'encourager jusqu'à Vancouver, mais ils m'ont dit qu'ils resteraient derrière moi jusqu'à Sotchi. Ouf! Ce sont de petits gestes qui font chaud au coeur.

Je vous reviens bientôt.

À lire aussi

1 février 2011

Avancer pour mieux reculer

1 décembre 2010

Comme revenir à la maison

27 octobre 2010

Aussi souple qu'un gars!

20 avril 2010

Ça plie...

19 mars 2010

Une offre d'emploi!

10 février 2010

Un baume sur mon genou!

12 janvier 2010

Une « vraie skieuse »!

23 décembre 2009

Je serai de retour