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Ski | Chronique de Érik Guay
(propos recueillis par Manon Gilbert )

Des vacances... de ski

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin depuis 1998, Érik Guay parle de son quotidien d'athlète sur les pentes du monde entier.

Bonjour à tous,

Je suis actuellement à Wengen pour ma première Coupe du monde en 2010. J'ai hâte de reprendre le collier parce que depuis Bormio, ça fait deux semaines que je n'ai pas skié... en compétition on s'entend.

D'ailleurs, en raison de cette longue pause, mes vacances avec ma fiancée Karen et ma fille se sont transformées en vacances de ski... où j'étais le seul à skier! Logan n'a qu'un an et elle est encore trop jeune pour tenir sur deux planches, mais ce n'est que partie remise. Dès qu'elle sera assez solide, je lui achète une paire de skis!

Nous avons donc fait une tournée des stations autrichiennes, notamment à Kirchberg, où l'équipe canadienne de slalom élit domicile durant la saison de Coupe du monde.

J'avais vraiment besoin de m'entraîner. Je ne connais pas un bon début de saison et j'ai encore beaucoup de travail à faire avant les Jeux olympiques.

Érik Guay

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Alessandro Trovati

Érik Guay

Ma technique n'est pas à point. Et quand la technique ne suit pas, la confiance s'en ressent. Quand la technique va, tout va. C'est difficile de prendre des risques quand tu ne te sens pas à 100 % sur tes skis.

Je me sens plus confiant après ces deux semaines d'entraînement. Mon ski se replace. Je ne me fixe pas d'objectif précis pour Wengen ni pour la semaine suivante à Kitzbühel. Je veux seulement bien me sentir sur mes skis, même si les résultats ne suivent pas.

La bonne nouvelle, c'est qu'il me reste encore du temps avant Vancouver. Je n'ai plus de compétition après Kitzbühel, donc je vais disposer de trois semaines d'entraînement pour mettre la touche finale à ma préparation avant les Jeux.

Tout est déjà planifié. Les entraîneurs ont déjà prévu notre retour au Canada tout de suite après Kitzbühel. On se retrouvera donc à Nakiska pour 5 jours d'entraînement. Ensuite, je rentrerai au Québec pour 5 jours avant de m'envoler de nouveau pour Nakiska pour un autre camp de 5 jours.

Dur sur le moral

Même si ça ne va pas très bien cette saison, au moins je peux skier. Plusieurs de mes coéquipiers ne peuvent pas en dire autant. C'est l'enfer cette saison. Je n'ai jamais vu ça. La malchance nous a frappés de plein fouet.

John Kucera évacué par hélicoptère.

Photo: La Presse Canadienne /Jonathan Hayward

John Kucera évacué par hélicoptère à Lake Louise.

Je ne vous cacherai pas que c'est dur sur le moral de l'équipe. C'est triste pour John, François et Jean-Philippe, de même que pour les filles. Ils nous manquent, mais en même temps, il ne faut pas trop y penser parce que sinon ta tête va te jouer de mauvais tour.

Et s'il y a bien une chose qui doit être à 100 % quand tu skies, c'est ta tête. Parce que si tu te mets à penser, que tu hésites, alors c'est là qu'un accident arrive. C'est plus dangereux de ne pas pousser que de foncer. De toute façon, si tu veux gagner, tu dois prendre des risques, tu dois pousser.

Le ski alpin, c'est un sport dangereux. Mais en même temps, c'est ce que nous, les skieurs, aimons. Nous sommes accros à la vitesse. Je ne crois pas que j'aurais opté pour le ski si on atteignait seulement 30 km/h.

Bien sûr, il faut peut-être apporter quelques changements. On a déjà considérablement raccourci les skis. À l'époque, les gars skiaient avec des planches de 225 à 230 cm. Actuellement, mes skis de descente mesurent 215 cm.

Moi, j'aimerais bien qu'on revienne à des pistes non damées comme dans les années 1970-1980. Le ski était aussi enlevant à cette époque-là. Comme les pistes étaient moins lisses, bien elles étaient moins rapides. C'est sûr que si tu tombes à 80 km/h, les risques de blessures sont moins grands qu'à 100 km/h.

Le hic, c'est qu'on dame les pistes parce qu'on les enneige artificiellement. Pas de dameuse, pas de neige artificielle... pas de Coupe du monde. S'il fallait attendre l'enneigement naturel, notre saison durerait une semaine! Donc, pas facile de trouver la solution miracle!

À bientôt.

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