Bonjour à tous,
Je ne vous le cacherai pas, je vis des moments difficiles. Après la mort de ma belle-mère MegAnn, voilà que mon rêve olympique a pris fin abruptement à Val-d'Isère. C'est triste également pour ma famille et mes amis. Ils étaient tous tellement heureux pour moi et plusieurs devaient venir m'encourager à Vancouver.
J'ai souvent été ennuyée par des douleurs mineures dans ma carrière, mais jamais je n'avais subi de blessures aussi sévères. Quand j'ai chuté à Val-d'Isère, je savais que ma saison était terminée. La douleur dans mon genou était trop intense pour que ça ne soit pas quelque chose de sérieux.
D'ailleurs, j'ai passé un test d'imagerie par résonance magnétique ce matin (mardi) et les dommages à mon genou gauche sont beaucoup plus graves que prévu. En fait, je n'ai plus de genou.
Les premiers examens avaient révélé une déchirure du ligament antérieur croisé, mais la résonance magnétique a montré que le ligament latéral interne, le ligament postérieur croisé et le ménisque étaient touchés. Les médecins ont aussi décelé une légère fracture quelque part dans la jambe, mais je ne sais pas où exactement encore.
Kelly VanderBeek
©
AFP/FRANCK FIFE
Je suis aussi bien de me faire à cette nouvelle réalité parce que j'en ai pour un bon bout de temps. C'est beaucoup plus que les six mois de rééducation pour un ligament croisé antérieur qui m'attendent. Je vais devoir faire contre mauvaise fortune bon coeur, même si ce n'est pas évident, surtout à quelques mois des Jeux olympiques.
Hier soir, j'ai eu peur et j'ai réalisé que je devais prendre ma blessure très au sérieux. En enlevant mes chaussettes avant d'aller au lit, j'ai remarqué que mon pied était très enflé... et vert. Les médecins m'avaient dit que si je constatais des changements à mon pied, je devais me rendre immédiatement à l'urgence.
C'est ce que David et moi avons fait à 2 heures du matin. Tant qu'il y a de l'enflure, c'est difficile de déterminer la gravité de la blessure. Il se peut qu'en raison des ligaments déchirés, une artère soit aussi touchée. Alors, si l'artère ne parvient pas à bien irriguer ma jambe, eh bien, je pourrais la perdre.
Alors, il n'y a aucun risque à prendre. Parce que même si j'en ai pour de nombreux mois avec la chirurgie et la rééducation, je serai de retour sur mes planches. Je prendrai ma retraite quand MOI seule l'aurai décidé.
Malgré tout, il y a un peu de positif. Il y a quelques minutes, j'ai reçu un appel de John Furlong, le président-directeur général du Comité organisateur des Jeux de Vancouver, qui m'offrait la dernière place disponible pour le relais de la flamme.
Donc, le 9 février, je ne sais pas de quelle façon, en béquilles, en fauteuil roulant ou sur mes deux jambes, je porterai la flamme quelque part dans la région de Vancouver. De plus, on m'a approchée pour travailler dans les médias durant les Jeux. Alors, c'est certain que j'y serai.
Je profiterai aussi de ma convalescence pour passer un peu de temps avec David et voyager. Je veux aussi suivre quelques cours à l'université en gestion des affaires, question d'entamer mon baccalauréat, ce que je n'ai pas le temps de faire pendant que je me concentre sur le ski. Je veux aussi m'adonner à mes autres passions que sont l'art et la photographie.
Pas toujours facile d'être une athlète
Kelly VanderBeek
©
PC/AP Photo/Giovanni Auletta
L'équipe canadienne est décimée par les blessures. Quand je suis partie vendredi matin, athlètes et entraîneurs en pleuraient un bon coup. J'essayais de faire des farces pour détendre l'atmosphère, j'ai dit à Britt (Janyk) et à Emily (Brydon) que je croyais en elles.
C'est dommage qu'autant de skieurs se blessent parce que les Jeux olympiques ne présenteront pas un niveau de compétition digne de ce grand rendez-vous.
C'est vrai que le nombre de blessés augmente de façon phénoménale cette saison. Mais malgré toutes les interrogations au sujet de l'équipement et des parcours, il ne faut pas oublier que c'est une année olympique et que les athlètes poussent davantage pour se qualifier.
Dans mon cas, j'avais déjà obtenu ma place sur l'équipe canadienne grâce à ma 11e place dans le super-G de Lake Louise.
J'adore courir à Lake Louise, mais ce week-end dans les Rocheuses n'avait rien de très joyeux. Le mercredi soir, la veille de la deuxième descente d'entraînement, c'est là que j'ai appris le décès de ma belle-mère.
J'aurais voulu ne pas skier, rester seule (David était rentré d'urgence à Victoria), pleurer et faire mon deuil. C'était difficile d'être une athlète quand tout ce que je voulais être c'est une personne normale. Tu ne peux pas séparer l'athlète de la personne, mais je suis une professionnelle et le ski c'est mon travail.
Ironiquement, même si l'émotion était à son comble, cette fois-là, je m'en suis sortie indemne... physiquement.
Malgré mon absence prolongée des pentes, je tiens à poursuivre ma chronique sur le site de Radio-Canada Sports. Je profite de l'occasion pour vous souhaiter de Joyeuses fêtes et on se retrouve en janvier.