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Ski | Chronique de Érik Guay
(propos recueillis par Manon Gilbert )

Un petit extra

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin depuis 1998, Érik Guay parle de son quotidien d'athlète sur les pentes du monde entier.

Bonjour à tous,

Je suis absolument ravi de mon camp d'entraînement à Tignes (fin octobre). J'ai enfin eu de bons sentiments sur la piste. Je sens que les choses commencent à débloquer.

Ma position est plus stable. Il me reste à la garder dans toutes les circonstances. Pour l'instant, je ne suis pas encore constant, mais j'y travaille très fort.

Afin de retrouver ces bonnes sensations, qui m'ont fait défaut la saison dernière, j'ai fait un retour aux sources. Je me suis tourné vers mon père. Jusqu'à l'âge de 18 ans, il a été mon entraîneur.

Nul doute qu'il n'y a aucun entraîneur qui me connaît aussi bien que lui. De plus, c'est facile de discuter avec lui. Et puis, du ski, il en mange. Il suit ça à temps plein.

Nous nous sommes donc astreints à plusieurs séances de vidéo. C'est un outil que j'utilise beaucoup, mais le son de cloche de mon père m'a beaucoup aidé.

Évidemment, j'étais l'acteur principal de la plupart de nos séances de visionnement. Mais nous avons étudié également les descentes de mes rivaux comme Didier Cuche.

Mon père a tellement un bon oeil. Il décortique les descentes comme pas un. Il peut voir les problèmes tout de suite, mais aussi les petites choses qui font la différence entre la victoire et la 10e place.

Érik Guay

Photo: AFP/Franck Fife

Érik Guay fait partie de ceux qui ont réussi un top 12 la saison dernière.

Une question de feeling

Ce que j'apprécie surtout avec mon père, c'est sa façon de présenter un problème... toujours du bon côté. Avec lui, c'est facile de saisir ce qui ne va pas et de trouver une solution pour régler le problème.

Son approche est beaucoup plus orientée vers le feeling, la sensation ressentie sur les skis, que sur la recherche de la technique parfaite, ce qu'on pourrait comparer à skier comme un robot. Cette façon de faire me convient davantage que de me faire dire des trucs du genre: avance ton ski droit davantage dans le virage.

Un des problèmes que mon père a notés, c'est au niveau de mes virages. Désormais, je les amorce plus tôt dans la courbe, ce qui favorise une accélération graduelle de courbe en courbe. À Tignes, j'ai été capable d'enchaîner 3-4 bons virages et j'ai vraiment ressenti cette magie du ski que je recherche.

Je fais aussi cet exercice avec les entraîneurs de l'équipe canadienne. Je ne veux surtout pas prétendre qu'ils n'ont pas la capacité de corriger mes erreurs. Mais c'est évident qu'avec une douzaine de skieurs sous leur gouverne, ils n'ont pas le temps de consacrer 3-4 heures par jour à regarder uniquement des vidéos d'Érik Guay.

Donc, avoir un père entraîneur, c'est mon petit extra, quelque chose que les autres skieurs n'ont pas.

Dommage cependant que mon père ne puisse pas me suivre sur le circuit à temps plein! Pourtant, il aurait le temps maintenant, puisqu'il vient de prendre sa retraite. Sauf que justement, les voyages et les longs déplacements sont les principales raisons pour lesquelles il a mis un terme à sa carrière d'entraîneur... à 70 ans!

Par contre, il est en train de changer d'idée pour les Jeux olympiques. Au départ, il ne voulait pas faire le voyage à Vancouver, mais il y songe de plus en plus. Je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit qu'il y sera!

À bientôt.

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