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![]() Ski Alpin - Canada La saga des quotasMise à jour le jeudi 29 octobre 2009 à 9 h 07 Un texte de Manon Gilbert
En juin, la nouvelle avait eu l'effet d'une bombe. La Fédération internationale de ski (FIS) amputait de huit places le quota du Canada aux Jeux olympiques de Vancouver. Du maximum de 22, il passait à 14. Puis, sans tambour ni trompette, le Canada a gagné quelques places supplémentaires, au grand soulagement des athlètes. Pour l'instant, impossible d'avoir l'heure juste puisque le chiffre officiel ne sera connu que le 18 janvier. Mais selon le dernier rapport de la FIS, datant du 22 octobre, le nombre de places pour le Canada est passé à 16. Et il pourrait encore augmenter d'ici le jour J. « La FIS dispose de places flottantes et elle pourrait en octroyer trois au pays organisateur », explique Francesco Cattaneo de la FIS. « On mise sur les quotas que les autres pays n'utiliseront pas. Quant à moi, avec 20 places, je serais confortable pour présenter notre meilleure équipe », ajoute Max Gartner, chef de la direction athlétique de Canada Alpin. Cette hausse enlève un poids sur les épaules des athlètes qui courent après l'une de ces précieuses places. C'est le cas de Jean-Philippe Roy. Premier skieur à avoir répondu aux critères de sélection canadiens (2 tops 12, dont un en 2009-2010, ou un top 5 en 2009-2010) dimanche dernier à Sölden avec sa 9e place, le Québécois de 30 ans n'aurait même pas été assuré de faire le voyage à Vancouver si le quota était demeuré à 14. Maintenant, il respire mieux. « Ça enlève de la pression d'avoir déjà réussi mes deux tops 12. Maintenant, avec une possibilité de 18 skieurs, j'ai de bonnes chances d'aller aux Jeux. Parce qu'à 14, je n'étais pas certain. Comme le Canada compte plus de spécialistes que de skieurs polyvalents, j'aurais pu écoper s'il y avait eu plus que 14 athlètes qui avaient répondu aux critères. Ils auraient pu prendre un gars qui fait de la descente, du super-G et du slalom géant », a expliqué le Québécois, spécialiste du slalom géant. Un autre avantage joue en faveur de Roy, qui deviendra papa de son deuxième enfant un mois après les Jeux: le Canada compte moins de techniciens que de spécialistes de la vitesse. Et avec François Bourque, de retour après avoir raté presque toute la dernière saison, Roy est le meilleur géantiste du pays. Priorité Coupe du monde
Julien Cousineau et Louis-Pierre Hélie comptent aussi sur leur spécialité respective pour obtenir leur « boni » olympique. Mais pour les deux skieurs, le plus important d'abord, c'est la saison de Coupe du monde. « C'est sûr que je veux être à Vancouver, c'est un rêve. Mais je pense plus à la Coupe du monde. Avant les JO, il y a huit courses plus importantes pour ma carrière », soutient Cousineau. Le vétéran de 28 ans, qui a retrouvé son statut de membre officiel de l'équipe nationale après une année en tant qu'invité, a décidé d'opter uniquement pour le slalom cette saison. Un choix logique, comme il a terminé 9e sur sa piste fétiche de Wengen en janvier dernier. « Comme je suis le seul Canadien à faire du super-combiné, ça va peut-être me donner une chance supplémentaire pour les JO, affirme pour sa part Hélie, 23 ans. Mais ce n'est pas mon objectif principal. Je veux me concentrer sur la Coupe du monde qui dure toute l'année et faire régulièrement des tops 30. Vancouver, je vois plus ça comme un boni. » Champion du classement général de la Coupe Nor-Am la saison dernière, le skieur de Berthierville a obtenu sa place dans toutes les disciplines de la Coupe du monde cette année, mais il se concentrera d'abord sur les épreuves de vitesse et sur le super-combiné. Malgré son statut d'unique spécialiste du super-combiné, Hélie doit quand même satisfaire aux critères beaucoup plus exigeants qu'à Turin, où 2 tops 30 suffisaient... ce qui avait permis au Canada d'envoyer 17 représentants. Simard encore loin de son rêve
Un défi qui relèvera presque de l'exploit pour ce jeune loup, mais aussi pour une vétérane comme Geneviève Simard, dont le dernier top 12 remonte à mars 2007 (9e du slalom géant de Zwiesel). Opérée deux fois à la jambe gauche au printemps 2007, la blonde de Val-Morin a renoué avec l'action un an et demi plus tard. Un retour peu convaincant qui a semé des doutes et qui l'a incitée à travailler davantage avec un psychologue. « Ce ne sera pas facile de me rendre aux JO. Pour m'y rendre, je dois penser aux cinq prochains slaloms géants avant de penser à mon rêve de petite fille. Je dois me concentrer seulement sur ce que je dois faire pour être à Vancouver: avoir confiance en moi et bâtir sur tous les efforts que je fais en ski depuis si longtemps », explique celle qui a terminé 5e du slalom géant à Turin. Le sort de Simard, Cousineau et Hélie repose évidemment sur leurs skis. Mais l'augmentation du quota aura au moins l'avantage de réduire la compétition entre les membres de l'équipe. |