Comme un chat, Pierre-Alexandre Rousseau atterrit toujours sur ses pattes... ou presque.
Lors de la dernière épreuve de la saison à La Plagne, Pierre-Alexandre Rousseau a fait une lourde chute qui aurait pu avoir des conséquences graves sur la suite de sa carrière.
Le 17 mars, la veille de la dernière Coupe du monde de ski acrobatique de la saison, le Québécois a vécu un cauchemar. Un sentiment de déjà vu comme un certain jour de janvier 2002 quand il s'était fracturé une vertèbre cervicale.
À sa dernière descente d'entraînement de la journée, Rousseau a lourdement chuté sur la piste glacée, à La Plagne, en France. Trop sur les orteils à la réception de son deuxième saut, un périlleux arrière croix de fer, le champion du monde de 2007 a frappé un morceau de glace pour ensuite atterrir sur la bosse sur son épaule droite.
Et puis, comme une balle de tennis, Rousseau a rebondi de bosse en bosse jusqu'au bas de la pente, cassant son ski droit au passage. Les gens présents au bas de la piste ne croyaient pas qu'il allait se relever.
La vidéo qu'a montrée P.-A. à Radio-Canada Sports leur donne raison. Les images donnent froid dans le dos (voir le lien en bas).
« C'est comme si j'avais frappé une chaîne de trottoir à 50 km/h », a dit le principal intéressé.
Résultat: une côte et l'omoplate droite fracturées.
Sauf que contrairement à son accident à Saint-Lary, en France, en 2002, le Drummondvillois dévalait cette fois la piste à fond de train. À cette vitesse, si le cou avait plié comme en 2002, Rousseau ne marcherait plus... s'il était toujours en vie bien sûr.
« Après coup, j'ai eu peur. C'était le genre de journée où je ne ratais rien. Tout ce que je faisais, je le réussissais. Comme ça n'avait pas très bien été aux Championnats du monde, je voulais finir la saison sur une bonne note », a confié l'auteur de 21 podiums en Coupe du monde.
Manger mou...
Les premières radiographies n'ont révélé que la fracture à la côte. Mais deux semaines plus tard, le vétéran de 29 ans a commencé à ressentir les relents de son sévère traumatisme: douleurs au dos, au bras, à la mâchoire.
« En 2002, j'ai eu mal pendant une semaine. Mon collier cervical ne m'empêchait pas de fonctionner au quotidien. Là, je n'étais même pas capable de sortir une pinte de lait du frigo. J'ai dû manger mou pendant deux semaines. J'ai essayé de manger un steak et je l'ai regretté. »
Rousseau lors de sa 2e place à Äre, avec Bilodeau et Marquis
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PC/AP Photo/Scanpix Sweden/Pontus Lundahl
Mais les guerriers n'abandonnent jamais. Incapable de se vêtir, encore moins d'attacher ses bottes de ski, Rousseau a quand même pris le départ de l'épreuve de bosses en parallèle à La Plagne. Pour la forme, pour assurer sa 4e place au classement de la Coupe du monde de la spécialité.
Une fois le portillon de départ ouvert, il s'est dirigé sur le côté de la piste.
« Ce n'était pas dangereux. Et puis, je n'avais rien d'autre à faire. »
Dernière chance olympique
Plus de deux mois après l'accident, Rousseau n'a plus de séquelles. Patient, il vient tout juste de reprendre l'entraînement en salle. Et le gars qui aime bouger trépigne d'impatience à l'idée de se farcir un 120 km de vélo, question de faire sortir le méchant.
À 11 mois des Jeux olympiques de Vancouver, ce malheureux coup du destin aurait pu laisser beaucoup plus de séquelles physiques.
Mais c'est mal connaître cet optimiste de nature.
« En 13 ans de carrière, une blessure par six ans, ce n'est pas si pire. Et puis je suis plus chanceux qu'en 2002 parce que c'était arrivé à un mois des Jeux olympiques », a affirmé le bosseur.
Justement, après deux tentatives aux Olympiques avortées, Rousseau y pense aux Jeux. Déjà, il sait les corrections qu'il devra apporter à son ski à son retour sur neige.
« C'est ma dernière chance de représenter mon pays aux Jeux olympiques. Je ne veux pas rater mon coup. »