
Médaillée d'or aux Jeux olympiques de Turin et quatre fois championne de la Coupe du monde, Jennifer Heil nous entraîne sur le circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique.
Chronique
Une chronique de Jennifer Heil (propos recueillis par Manon Gilbert )
Bonjour à tous,
Comme vous le savez déjà, le début de la saison a été retardé faute de neige. C'est très décevant quand tu es prête à commencer la saison et que tu dois attendre.
Par contre, nous sommes très optimistes de pouvoir skier la semaine prochaine à La Plagne (ndlr: la course a finalement été annulée mercredi). Nous ne l'étions pas au début parce qu'il faisait très chaud en France, mais il y a eu une tempête de neige. Il est tombé près de 50 cm et la température est restée froide.
C'est maintenant la seule course avant celle au mont Gabriel. Si elle était annulée, l'attente serait très longue et ça serait difficile de commencer la saison seulement en janvier.
Heureusement, nous pouvons quand même skier sur le glacier ici à Tignes où devait se dérouler la première Coupe du monde. Les conditions sont bonnes pour l'entraînement, mais tout le monde a hâte que la saison commence.
Aujourd'hui, j'étais au sommet de la piste de bosses, à 3000 m d'altitude. Je regardais les montagnes et j'étais excitée par le fait d'être encore en Coupe du monde. C'est ma sixième saison sur le circuit et je n'ai rien perdu de la passion que j'éprouve pour le sport. Je crois que c'est la raison pour laquelle je demeure au sommet, sans ça, ce serait impossible de continuer à me pousser.
Cette saison, je veux continuer à repousser mes limites. Je veux aussi réduire l'écart entre la vitesse des femmes et des hommes. À la fin de la dernière saison, mes entraîneurs m'ont dit que je pouvais encore m'améliorer, j'en tire donc une très grande motivation.
Sur les traces de Kari
Le ski féminin s'est beaucoup amélioré. Kari Traa (ex-championne du monde et olympique) a beaucoup fait pour le sport. Elle a repoussé les limites avec de gros sauts. Maintenant que Kari a pris sa retraite, je veux continuer à faire avancer le sport.
![]() Photo: La Presse Canadienne /Frank Gunn Jennifer Heil |
Les bosses sont un sport très dynamique qui évolue beaucoup. Il y a la technique, la force, l'expérience. Je peux encore beaucoup m'améliorer au niveau technique, être plus rapide, effectuer de meilleurs virages... même que je pense que je ne serai jamais assez bonne au niveau technique pour mon entraîneur Steve Desovich (avec l'équipe australienne). Il est très perfectionniste.
Juste une petite précision. Je ne m'entraîne pas avec l'équipe australienne. Quand je suis sur la piste, Steve m'entraîne au niveau technique. Pour le reste, j'ai le même horaire qu'Alex, Stéphanie et Audrey (tous protégés de Dominick Gauthier).
Je n'aurai pas de nouveau saut cette saison. J'ai passé beaucoup de temps sur la rampe d'eau cet été, mais je ne veux rien faire tant que je ne serai pas prête à 100 %. Les juges veulent faire « wow » quand ils voient un saut. Je ne veux rien leur présenter tant que je ne serai pas prête. Je ferai donc les mêmes sauts que l'an dernier, un 360 et un périlleux arrière-croix de fer.
Et comme ça a été une année très stressante, surtout les huit mois précédant les Jeux, j'ai essayé de prendre un peu de temps pour moi pendant l'été. J'ai vraiment mis l'accent sur le surf, j'ai même surfé à l'île de Vancouver. C'était la première fois que je surfais au Canada. C'était un peu froid par contre. Je défie déjà beaucoup le froid durant la saison de ski acrobatique, je ne suis pas certaine que j'ai envie de le faire dans l'eau aussi. Les vagues étaient cependant très belles!
Ça a quand même été un été d'entraînement intense, et très occupé aussi, beaucoup de demandes d'apparitions publiques, de conférences dans les écoles.
Après La Plagne, je rentre au pays pour passer les fêtes avec ma famille. Ensuite, je serai au mont Gabriel.
On se reparle justement avant la course au Québec.
À bientôt.