
Membre de l’équipe canadienne de ski alpin depuis 2002, François Bourque nous ouvre les portes du grand cirque blanc.
François Bourque
Bonjour à tous.
La saison de ski commence, alors que celle de la chasse se termine. Je suis un passionné de chasse. Ainsi, comme j'ai déjà tué mon chevreuil, ça m'a moins dérangé de venir à Montréal pour le gala de Ski Québec. Sinon, je n'aurais pas été très content!
Mes grands-parents et mes oncles sont des chasseurs, j'ai été élevé là-dedans. Ça me permet de me retrouver, de faire le vide. C'est calme. Il n'y a pas de téléphone, il n'y a personne qui peut me déranger.
Mais bon, parlons de ski. Cet été, on s'est beaucoup entraîné en salle à Tremblant avec toute l'équipe canadienne avant de faire deux camps sur neige au Chili et à Sölden (Autriche). Par contre, il a fallu que je vende mon motocross, alors je n'en fais plus et je n'ai plus mal aux épaules et au dos! Ce n'était pas une directive de l'équipe, mais disons que j'ai décidé de mettre ça de côté pour un bout!
Ma saison a très bien commencé. À Sölden, je voulais finir dans les 20 premiers. L'an passé, je faisais du slalom géant, mais ça n'allait pas très bien. Je faisais beaucoup d'erreurs. J'avais des problèmes de matériel, mais c'est le gars sur les planches qui faisait que ça n'allait pas bien. À la fin de l'année, j'ai repris mes vieux skis de la saison précédente et ça s'est mis à mieux aller.
![]() François Bourque à Sölden |
C'était juste une question de temps avant que ça débloque. À l'entraînement, j'étais rapide, mais je n'arrivais pas à reproduire ça en course. On s'entraîne avec les Autrichiens et on est aussi rapide qu'eux. Il faut juste refaire ça en compétition et c'est ce que j'ai été capable de faire à Sölden. J'ai pris des risques et ça a fonctionné. De toute façon, tu n'as pas le choix si tu veux avoir de bons résultats.
C'est sûr que de finir cinquième, tout juste derrière Herman Maier et Bode Miller, c'est encourageant. Eux font ça à toutes les courses. Mon but c'est de le faire le plus souvent possible pour prendre de l'expérience. Ça fait longtemps qu'ils sont là, tandis que je suis juste un petit jeune (il va avoir 21 ans le 18 novembre). Même si je veux toujours avoir de bonnes courses, je dois prendre ça étape par étape. De toute façon, tu ne peux pas brûler les étapes dans ce sport-là.
Qualifié pour le géant et le super-G
![]() |
La bonne nouvelle, c'est qu'avec cette cinquième place, je me suis qualifié en slalom géant pour les Jeux olympiques de Turin. J'étais déjà qualifié pour le super-G (en vertu de sa troisième place à Garmisch-Partenkirchen) et j'ai une chance aussi de faire la descente et le combiné, mais pas question de faire le slalom.
Le problème quand tu fais toutes les disciplines, c'est que tu as le même nombre de jours d'entraînement. Si tu as 50 jours sur la neige et que tu fais deux disciplines, ça te fait 25 jours pour chacune. Mais si tu en fais quatre, bien tu en as deux fois moins.
Au début de l'an passé, je voulais seulement me classer pour les Jeux olympiques et y aller pour l'expérience. Mais, à la fin de la dernière saison, je me suis rendu compte que moi aussi je pouvais gagner des médailles. Je vais donc y aller pour la performance, alors pourquoi ne pas faire ça aux Jeux, c'est une belle course pour être en haut du podium!
Le fait de me qualifier pour les Jeux olympiques l'an dernier, ça m'a enlevé un peu de pression. Mais ce n'est pas parce que je me suis qualifié que je vais mettre la pédale douce. Je m'applique autant et je veux encore gagner.
Des points et des podiums
![]() |
Mon objectif pour cette saison est d'abord d'obtenir 400 points FIS (Fédération internationale de ski) le plus vite possible parce que ça te permet d'avoir de bons numéros de dossard même si tu n'es pas dans les 30 premiers d'une discipline et ça te permet aussi de participer à toutes les disciplines lors de la finale de la Coupe du monde.
C'est sûr aussi que je veux monter sur le podium cette année et pourquoi pas sur la grosse marche. Par contre, je prends ça une course à la fois. Je ne pense pas trop aux Jeux olympiques. La prochaine course c'est Lake Louise, alors j'essaie de me concentrer sur cette course-là.
D'ailleurs, on part lundi pour Panorama, Colombie-Britannique, afin justement de s'entraîner pour Lake Louise (Coupe du monde du 23 au 27 novembre).
Je vous reparle avant cette étape.
À bientôt.
(Propos recueillis par Manon Gilbert)