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Photo: Thomas Coex
Jean-Philippe Roy
Les Jeux olympiques approchent à grands pas et pour bon nombre d'athlètes ce sera enfin l'aboutissement de toutes ces années d'effort.
Mais, entre les mois de novembre et février, de fortuites blessures peuvent venir assombrir leur plus grand rêve.
D'ailleurs, les skieurs qui filent à plus de 100 km/h sont souvent le plus à risque.
Les Canadiens n'ont pas été épargnés au cours des dernières années. Érik Guay, Geneviève Simard, Julien Cousineau, Jan Hudec, Jean-Philippe Roy et Vincent Lavoie ont tous été contraints à l'inactivité pendant des périodes plus ou moins longues.
Certes, les blessures font partie du métier, mais le moment où elles surviennent a-t-il un impact sur la performance des athlètes?
Guay s'est blessé à Lake Louise il y a deux ans. Il a donc eu toute une saison pour reprendre confiance et pour tester son genou. Par contre, Cousineau, Roy et Lavoie n'ont que quelques mois avant les Jeux olympiques pour s'assurer que leur corps va tenir le coup.
D'ailleurs, Roy nous a confié mercredi qu'il avait dû réduire ses entraînements sur neige parce que son genou enfle encore.
« Je m'entraîne plus en salle et je mets de la glace après chaque séance. Sur neige, je fais seulement des simulations de course », explique le skieur de Sainte-Flavie. Inquiétant non, à moins de 100 jours de Turin?
À fond la caisse

Si le commun des mortels était dans les bottes de Jean-Philippe, il aurait tendance à mettre la pédale douce. Mais, après vérification auprès des membres de l'équipe canadienne, un constat s'impose: ne jamais regarder en arrière et foncer toujours plus vite.
« Je vais toujours à fond quand je descends. Si je pense à ne pas me blesser, ça risque d'être encore plus dangereux. Ça peut te déconcentrer et c'est là que tu peux commettre des erreurs et te blesser », explique Guay.
« De toute façon, toute proportion gardée, c'est rare que tu tombes et c'est encore plus rare que tu te blesses », ajoute le skieur de Mont-Tremblant.
Pourtant, le ski alpin figure parmi les sports où il y a le plus de blessures après le hockey. Mais la passion, l'adrénaline et le désir de vaincre sont plus forts que le risque de se déchirer un ligament antérieur croisé!
« Je skie pour gagner, pour accumuler des points, jamais je ne ralentirai pour ne pas me blesser. Si je ne vais pas aux Jeux de Turin à cause d'une blessure, j'irai à ceux de Vancouver », affirme sans ambages Cousineau.
C'est une façon de voir les choses certes, celle d'une jeunesse téméraire comme le penseraient certains. Mais c'est surtout celle d'athlètes qui gravitent dans un milieu où il n'y a pas de place pour les demi-mesures.
Écrivez à Manon Gilbert
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