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Coupe du monde de courte piste
Les Canadiens victimes de leur courtoisie...
 

30 novembre 2003 – L'équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste dépasse les attentes de l'entraîneur national Guy Thibault, mais il n'est pas totalement satisfait pour autant. Bien que ses ouailles récoltent de nombreuses médailles, Thibault croit qu'ils pourraient faire encore mieux avec un peu plus d'agressivité et en concrétisant davantage leurs occasions.

«Nous avons rarement placé autant de monde en finale, mais notre manque d'opportunisme nous a privés de quelques médailles, soutient Thibault. Nous aurions pu connaître un week-end exceptionnel, mais ces erreurs l'ont transformé en une bonne fin de semaine.» Il cite les exemples de Mathieu Turcotte qui a perdu l'équilibre quelques fois ce week-end et celui de Tania Vicent qui a laissé passer les Coréennes lors de la demi-finale du 1000 mètres. «Cette petite erreur de Tania nous a coûté une patineuse en finale.»

Cette attitude a également retenu l'attention de l'entraîneur. «Nous sommes trop polis (es), avance Thibault. Nous cédons trop facilement notre place lorsque les autres patineurs tentent des dépassements parfois trop audacieux.» Selon Thibault, ses athlètes craignent les contacts qui provoquent des chutes et augmentent les risques de blessures. «Les autres nations savent que nous allons nous tasser, alors ils en profitent pour effectuer des dépassements risqués.»

Amélie Goulet-Nadon corrobore la remarque de son entraîneur : «Nous sommes trop polies et les autres patineuses tentent parfois des dépassements trop à l'intérieur. Il faudra que nous apprenions à ne pas leur céder la place et à provoquer l'accrochage pour qu'ils soient disqualifiées.» L'entraîneur soutient que ce n'est pas dans la nature de ses patineurs de défendre leur position avec cet acharnement. «Nous avons davantage l'habitude de céder la position en se disant que nous allons la leur reprendre.»

Des talents d'acteur

Mais, il faudra remédier à la situation puisque les autres pays exploitent cette faille. «Éric Bédard est plus agressif et il faut vraiment lui arracher sa position pour la lui prendre, précise Thibault. Mais dans l'ensemble, nous sommes trop courtois.»

En contrepartie, les patineurs adverses utilisent bien le règlement de l'obstruction pour faire disqualifier les Canadiens qui tentent des dépassements. «Les patineurs des autres pays ne nous cèdent pas leur place lorsque nous effectuons des dépassements ce qui provoque des contacts. Comme c'est le patineur qui dépasse qui est sanctionné, nous nous faisons souvent disqualifier.»

L'entraîneur canadien a également souligné le talent d'acteur de certains athlètes, notamment des Coréens. «Ils en mettent souvent plus que les officiels en demandent, ces derniers mordent et disqualifient nos athlètes.» Selon Thibault, la tactique est d'exagérer l'effet du contact, de démontrer une perte d'équilibre et de perdre quelques positions. Les athlètes ainsi victimes d'un contact sont dédommagés en étant promus au tour suivant et leur «agresseur» est disqualifié.

Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste

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