Grand titres

Logo Radio-Canada

Patinage Courte piste - Canada

Reviendra, reviendra pas?

Mise à jour le jeudi 26 août 2010 à 18 h 34

Kalyna Roberge

Photo: La Presse Canadienne /Paul Chiasson

Kalyna Roberge

« Peut-être que je vais m'ennuyer après 6 mois, mais peut-être aussi que dans un an, je vais me dire que c'est fini. »

Kalyna Roberge accrochera ses patins pour un an, mais rien n'indique que la double médaillée olympique en patinage de vitesse courte piste les reprendra un jour.

À 23 ans, Roberge a préféré se donner entièrement à ses études en techniques d'éducation à l'enfance. On ne devient pas championne avec des demi-mesures, et elle veut s'investir à 100 % dans sa nouvelle vie.

Il faut dire que la réalité d'athlète ne la satisfaisait plus du tout.

« Je n'aurais pu accomplir ni ce que je voulais en patin ni à l'école. Cette saison, c'était difficile pour la motivation, j'avais un ras-le-bol. »

Plusieurs facteurs s'entremêlaient : l'inquiétude d'être sans carrière à 28 ans après les Jeux de Sotchi, la difficulté à s'adapter à l'entraînement à Montréal tandis que sa famille est à Québec, la déception après les JO de Vancouver...

Des critères inatteignables

En fait, le simple fait de répondre aux critères de brevet ou de Sport Canada était devenu une corvée pour Roberge.

« Pour le brevet or, il y a des exigences à respecter. On doit faire les sélections nationales et s'entraîner dans un Centre national. Or, il est à Montréal. On s'était entendus pour que je commence à Montréal cet été, quand il n'y avait pas d'école, puis que je revienne chez moi à Québec en suivant un programme rigoureux. J'aurais été suivie et surveillée pour que Sport Canada s'assure de ne pas donner d'argent à quelqu'un qui ne s'entraîne pas.

« J'ai essayé au début, mais plus les semaines avançaient, plus je me rendais compte que je n'étais pas là. Selon les critères de Sport Canada, j'ai décidé de prendre une année sabbatique. »

Grosso modo, on demandait à Roberge de s'entraîner comme si elle allait participer aux Coupes du monde et aux Championnats du monde, alors que ce n'était pas du tout son intention.

Roberge ne montre toutefois aucune amertume envers Sport Canada. Elle connaissait les critères, elle est à l'aise avec sa décision. Et à la limite, elle se réjouit qu'une jeune patineuse reçoive son financement.

« J'ai été blessée, j'ai changé d'entraîneur, de programme, je devais faire mon deuil olympique (finale B au 500 m et au 1000 m, demi-finale au 1500 m)... La seule chance que j'avais de revenir forte (à Sotchi) était de prendre une année sabbatique. »

Roberge a été une des têtes d'affiche de l'équipe canadienne féminine sur courte piste au cours des quatre dernières années. Elle a gagné deux médailles d'argent au relais à Turin et à Vancouver, et elle a reçu plusieurs autres récompenses aux Championnats du monde et en Coupe du monde.