Bonjour à tous,
Ça y est, ma carrière d'athlète est terminée. Fini les entraînements intensifs, les compétitions, bienvenue la routine.
Étonnamment, je n'ai versé aucune larme lors de mon ultime tour de piste aux Championnats du monde par équipe, à Bormio. Je m'attendais à être plus émotive.
C'est plate, mais je n'ai rien senti au cours de cette dernière journée. J'aimerais ça dire que j'ai vécu des moments spéciaux, mais ce n'est pas le cas. Pendant la semaine, je me suis seulement passé de petites remarques du genre : c'est la dernière fois que j'aiguise mes patins.
Pas de célébration non plus lors de la dernière soirée, mis à part quelques verres de vin et un petit toast en mon honneur au gala des mondiaux. C'était bien ainsi, je n'aime pas que toute l'attention soit sur moi.
C'est davantage aux Jeux olympiques que j'ai réalisé que ma carrière tirait à sa fin. Après le 1000 m, ma dernière épreuve individuelle, j'ai pleuré. En fait, on dirait que mon esprit de compétition s'est arrêté aux Jeux olympiques.
Tania Vicent
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PC/Paul Chiasson
Je n'avais plus de motivation, pour l'entraînement oui, pas pour la compétition. J'étais donc prête pour la retraite.
Pour la première fois de ma carrière après les JO, je me suis mise à penser qu'il ne fallait pas que je me blesse. Je ne voulais plus prendre de risque parce que la fin s'en venait.
En tant qu'athlète, tu ne peux pas penser comme ça. Je ne voulais pas commencer ma nouvelle vie de retraitée avec une jambe dans le plâtre et gâcher mes trois jours de ski avec mes coéquipiers à Chamonix.
C'est drôle, parce que contre toute attente, en ski, je n'avais aucune crainte. Aucune technique, mais téméraire à souhait. Je suivais les gars partout, même en hors-piste.
Manuel, un ami de notre entraîneur Sébastien qui réside à Chamonix et qui fait parfois de la vidéo pour l'équipe de courte piste, nous a servi de guide. Il n'en revenait pas de nous voir aller.
Parfois, il était certain qu'on allait se planter, mais on restait debout... grâce à nos jambes d'athlètes. De toute façon, si je tombais, ce n'était pas trop grave... il n'y a pas grand risques de blessure dans la poudreuse!
J'ai hâte de refaire du ski. C'est un autre bon côté de la retraite. Comme les joueurs de hockey, je ne pouvais pas pratiquer d'autres sports parce que les dangers de blessures étaient trop élevés.
Maintenant, je peux faire ce que je veux. J'ai commencé à courir. Mes amis veulent que je fasse un demi-marathon avec eux. Je leur ai dit que j'allais suivre le plus lent. Mais je pense que l'esprit de compétitrice va ressortir. Cette semaine, je suis allée courir avec mon copain et à la fin, je sprintais!
C'est certain que je n'arrêterai pas de m'entraîner. J'adore trop cela. J'aime quand ça fait mal. Mais la compétition, je ne suis plus capable. Ma tête ne suit plus. En fait, si je pouvais seulement me concentrer sur les Jeux olympiques, je continuerais à patiner. Une compétition tous les quatre ans, ce serait l'idéal!
Emploi ou maternité?
Pour l'instant, je ne me rends pas vraiment compte que je suis à la retraite. C'est plutôt comme si j'étais en vacances à la fin de la saison. Je suis donc la même routine que d'habitude, c'est-à-dire profiter de ma maison et de l'été qui pointe au Québec.
Je n'ai pas encore vraiment songé à ce que j'allais faire plus tard. Je veux travailler et avoir des enfants, mais dans quel ordre, allez savoir? Honnêtement, je ne veux pas y penser tout de suite. J'ai l'impression que si j'y pense, la panique va s'emparer de moi.
J'aimerais rester engagée dans mon sport, je ne sais pas sous quelle forme parce que les dirigeants doivent se réunir bientôt pour former la nouvelle structure.
J'ai aussi des tonnes d'obligations postolympiques... jusqu'en septembre. D'un hommage lundi au match des Blues Jays à Toronto, en passant par des présidences d'honneur dans des tournois de golf et des conférences dans des écoles, et je veux les vivre à fond.
Donc, ça ne servirait à rien de commencer à travailler demain matin. Et qui sait, peut-être que parmi toutes ces obligations se présenteront des occasions d'affaires? Je ne ferme aucune porte.
Jessica Gregg, Kalyna Roberge, Marianne St-Gelais et Tania Vicent
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AFP/Yuri Kadobnov
D'ailleurs, l'impact des Jeux au Canada a été phénoménal. Je ne dirais pas que j'ai plus d'activités postolympiques que d'habitude, mais jamais en trois Jeux, les gens ne m'avaient reconnue dans la rue. Maintenant, il n'y a pas une journée où ça ne se produit pas.
Les trois premières fois (après chaque JO) que j'avais été présentée au centre de la glace du Centre Bell, je n'en revenais pas de l'intensité des applaudissements. Samedi dernier par contre, je me disais que plus jamais ça ne pourrait surpasser ce que j'ai vécu à Vancouver. C'était 100 fois plus fort et plus soutenu. C'est peut-être pour cela que ma motivation est tombée à plat.
Mais j'aurai une dernière occasion de vibrer au rythme des Jeux lors du défilé des athlètes à Montréal le 23 avril. J'ai hâte. Ça va être gros parce que plus j'en entends parler, plus ça prend de l'ampleur... du Marcel Aubut tout craché!
Cette chronique sonne le glas de ma contribution au site des sports de Radio-Canada. Je tiens à vous remercier d'avoir suivi mes péripéties au cours de ma dernière saison.