Apolo Anton Ohno
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AFP/Matthew Stockman
Aux États-Unis, le patinage de vitesse courte piste n'a qu'un visage: celui d'Apolo Anton Ohno.
En courte piste, il y a les Coréens, les Canadiens et les Chinois. Puis il y a l'Américain Apolo Anton Ohno qui fait cavalier seul. Un spécimen rare dans un monde déjà spécial.
Le quintuple médaillé olympique participe à une première coupe du monde en fin de semaine à Québec depuis 2005.
À sa première course vendredi, il a été disqualifié au 1500 m pour un dépassement illégal.
« J'étais nerveux avant la course, a-t-il confié. Je sentais que j'étais couvert d'une couche de rouille dont je devais me départir. Mes autres courses de la journée ont été plus agréables. »
Après ses trois médailles aux Jeux de Turin en 2006, il a voulu faire le vide.
« J'étais épuisé mentalement. J'avais besoin de faire quelque chose de différent, de connaître autre chose que le patinage pour voir si c'est vraiment ce que je voulais faire dans la vie. »
Loin de la piste, le patineur n'a pas chômé.
Le printemps dernier, il a participé à la populaire télé-réalité américaine Dancing with the stars, la version américaine du Match des étoiles de Radio-Canada.
Il n'a pas fait que passer. Au terme des dix semaines de compétition, il a été sacré grand vainqueur en récoltant au passage, plusieurs notes parfaites.
Près de 20 millions d'Américains l'ont observé se déhancher lors de la finale à la télévision.
« Ça m'a permis de vraiment me faire connaître aux yeux du grand public, confie-t-il. Les gens ont pu connaître ma personnalité, pas seulement mon côté athlétique. »
Apolo Anton Ohno, le danseur...
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AFP/Charley Gallay
Aujourd'hui, il est une immense vedette. D'ailleurs, dans la plupart des compétitions auxquelles il participe, son relationniste personnel l'accompagne pour gérer les demandes médiatiques.
Avantage ou distraction pour la formation américaine? Pour le grand manitou de l'équipe, Guy Thibault, Apolo Anton Ohno est d'abord un atout de taille.
« Non seulement c'est un patineur exceptionnel, mais aussi un coéquipier modèle. Sa notoriété rejaillit sur notre sport. S'il n'était pas là, les médias seraient peu nombreux à parler de nous, explique-t-il. »
Un athlète concentré
Lorsque les projecteurs sont éteints, Apolo Anton Ohno se fait discret.
D'ailleurs, sur le circuit de la Coupe du monde, ses contacts avec les patineurs des autres nations se font rares.
« C'est quelqu'un qui est très renfermé, avance Kalyna Roberge. Il est vraiment dans sa bulle lors des compétitions. C'est normal, je pense. Je suis un peu comme lui. »
« Il fait sa petite affaire, ajoute le patineur Steve Robillard. C'est vrai qu'il ne se mêle pas aux autres, mais ça lui rapporte. Chaque fois qu'il patine, il veut gagner et rien d'autre. C'est tout à son honneur. »
C'est par soif de victoire qu'Ohno dit être de retour au patin.
Il a bien aimé l'expérience de la danse, mais lorsqu'on lui demande s'il est un meilleur danseur que patineur il répond, en riant, qu'il espère qu'on se souviendra surtout de lui pour ses exploits sur la glace.
Ce sera sa priorité, du moins à court terme. Il n'a que 25 ans, mais considère déjà que les Jeux de Vancouver en 2010 pourraient être son chant du cygne.