Joannie Rochette
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Gérard Châtaigneau
Joannie Rochette a décidé d'aborder différemment la nouvelle saison de patinage artistique.
Joannie Rochette a décidé d'aborder différemment la nouvelle saison de patinage artistique. Elle veut conserver ses énergies pour les Jeux olympiques et les mondiaux, tout en rehaussant le niveau de difficulté de son programme court.
Impériale en 2004-2005 avec une médaille d'or aux Championnats canadiens et au Trophée Éric Bompard (Paris), en plus d'une troisième place à la finale du Grand Prix, la Québécoise de 19 ans a vu sa saison se terminer en queue de poisson avec une décevante 11e position aux Championnats du monde.
Pas question de répéter les mêmes erreurs cette année parce que la blonde patineuse n'a pas digéré cette 11e place à Moscou. Rochette préfère donc conserver son énergie pour être au sommet aux Jeux olympiques de Turin, si elle se qualifie, et aux Championnats du monde en mars, à Calgary, où elle veut réintégrer le « top 10 ».
Si ses débuts sont plus modestes cette année (2e à Skate Canada et 4e à Paris), ils correspondent parfaitement à ses nouveaux objectifs.
« Côté résultats, je suis très satisfaite de mon début de saison. Mes performances ont été bonnes, peut-être pas à leurs meilleures, mais pour l'instant, c'est ça que je veux. Je veux m'améliorer à chaque compétition pour être au sommet aux Jeux olympiques et je sens que c'est ça que je suis en train de faire présentement », confie la patineuse rencontrée au 20e gala du sport universitaire québécois, mardi, dans un hôtel de Laval.
Destination Ottawa
Photo Gérard Châtaigneau / FSC-Sims
Même si elle ne sait toujours pas si elle se qualifiera pour la finale du Grand Prix (il reste encore deux compétitions avant l'étape ultime au Japon du 16 au 18 décembre qui regroupe les six meilleurs de chaque discipline), Rochette se concentre désormais sur les Championnats canadiens (en janvier à Ottawa), une étape déterminante avant Turin.
« L'an dernier, ça a tellement été exceptionnel que je sais que je ne vivrai jamais un autre moment comme ça. C'est toujours la première fois qui est spéciale. L'an dernier, après les Championnats canadiens, j'avais le sentiment que j'avais tout donné et j'étais deux fois plus nerveuse de ne pas être capable de répéter ça aux mondiaux. Donc, cette année, je ne me mets pas de stress pour les Championnats canadiens, je m'en vais là pour me qualifier pour les Jeux olympiques. Peu importe ce qui arrive, je veux que ma meilleure performance soit aux Jeux », affirme la patineuse de l'île Dupas, près de Berthierville.
Avec les changements de règlements de Patinage Canada, Rochette pourra patiner l'esprit en paix parce qu'à moins d'une catastrophe elle sera au rendez-vous dans la capitale piémontaise. En effet, cette année, la Fédération nationale s'inspirera du début de saison des patineurs pour choisir ceux qui représenteront le Canada aux Jeux olympiques au lieu de prendre automatiquement les deux premiers des Championnats canadiens.
Mettre un peu de piquant
Consciente que la compétition va être beaucoup plus rehaussée aux Jeux olympiques, plusieurs patineuses qui ont fait l'impasse sur les mondiaux l'an dernier seront de la partie, Rochette veut augmenter le niveau de difficulté de son programme court en incorporant une nouvelle combinaison triple-triple.
Photo Gérard Châtaigneau/FSC-Sims
« On pratique beaucoup triple lutz-triple boucle piqué et triple flip-triple boucle piqué. On va voir lequel va le mieux. Mais je ne risquerai pas de faire un triple-triple et de me retrouver 25e. Si je le mets dans mon solo, il va être constant pour que je reste dans le top 10 », soutient l'étudiante en sciences de la nature au Cégep André-Grasset.
Justement, pour mettre du piquant à son programme court, Rochette a poussé l'audace jusqu'à patiner sur le mégasuccès controversé de Madonna, Like A Prayer. Un choix, on s'en doute, qui n'a pas fait l'unanimité chez les juges.
« Au début, je n'étais pas vraiment d'accord avec cette musique-là parce que je savais que ce serait controversé auprès des juges, que ça ne serait pas tout le monde qui aimerait ça. Personnellement, j'aimais ça, mais je savais que les personnes d'une autre génération n'aimeraient pas ça. D'ailleurs, certains juges m'ont dit que ce n'était pas leur pièce favorite. Finalement, j'ai décidé de le faire parce que personne ne l'a jamais fait avant. En patin, la plupart du monde réutilise des concertos qui ont été utilisés des milliers de fois, c'est vraiment plate. Je voulais faire quelque chose d'original et d'un peu excentrique. C'est un défi que je me suis donné », explique Rochette qui trouve vraiment « cool » de patiner sur la musique d'une de ses chanteuses préférées.
Madonna transcende certes les générations puisque Rochette s'en est fort bien tirée avec des deuxième et quatrième places à ses deux Grands Prix. Ne lui reste plus qu'à faire une petite prière pour que son rêve olympique se réalise.