Le troisième Subban s'en vient

Jordan Subban Jordan Subban  Photo :  Ontario Hockey League

BELLEVILLE - « Les dépisteurs diront ce qu'ils voudront, mais au bout du compte, Jordan leur fera probablement perdre la face », croit P.K. à propos de son frère cadet, âgé de 17 ans. 

P.K. Subban se braque quand il est question des prédictions des dépisteurs au sujet de son plus jeune frère, admissible au repêchage en juin prochain. Jordan Subban, un défenseur, pourrait attendre au moins au deuxième tour avant d'entendre son nom, mais il s'agit sans doute du choix « tardif » le plus en vue du prochain encan.

Aux classements de mi-saison, publiés en janvier, Jordan Subban venait au 81e rang des patineurs nord-américains. De son côté, l'analyste de TSN Craig Button le classait 54e au total.

Lancez tous ces chiffres à un jeune de 17 ans, repêché 5e au total dans la Ligue junior de l'Ontario, frère cadet d'une vedette du Canadien de Montréal et d'un choix de premier tour, et vous pourriez le déstabiliser. Mais il s'est bâti une carapace.

« J'essaie de ne pas regarder les classements, surtout en deuxième moitié de saison, explique Jordan Subban à Radio-Canada Sports. Je me tiens loin de Twitter pour rester concentré, même si tôt ou tard, quelqu'un finit par me dire mon classement. Notre équipe est bâtie pour aller loin en séries. Donc, hors glace, je me concentre sur l'école. Et à la patinoire, je pense au hockey. Après la saison, il y aura amplement de temps pour penser au repêchage. »

Hausse à venir?

Cela dit, il lui reste encore du temps pour gagner la faveur des recruteurs. Au sein d'une équipe qui a gagné ses 10 derniers matchs et qui aspire à la Coupe Memorial, Subban s'illustre. Dans les deux dernières semaines, il a connu une soirée de trois buts en plus d'inscrire un tour du chapeau à la Gordie Howe.

« Si des gens l'ont vu jouer depuis Noël, ils l'ont réévalué, croit son entraîneur-chef avec les Bulls de Belleville, George Burnett. S'il mesurait 6 pi, il serait vu plus haut. Mais il peut encore grandir, tout le monde dans sa famille est grand. Et s'il ne grandit pas, regardez Ryan Murphy [Hurricanes] ou Ryan Ellis [Predators]. Ils sont petits et seront de bons joueurs dans la LNH pendant plusieurs années. »

« Il a connu un début de saison laborieux, en dessous des attentes. Mais depuis un mois, il est redevenu ce que les gens pensaient qu'il pouvait être », avance un dépisteur d'une équipe de la LNH sous le couvert de l'anonymat.

Mais qu'il soit repêché au premier ou au septième tour, Subban demeure déterminé à faire sa place.

« Les classements peuvent être vus comme une source de motivation, mais ma plus grande motivation est de gagner. Je déteste perdre, que ce soit en saison, en séries ou au X-Box contre mes frères. Je n'aime pas perdre. C'est ça, ma motivation. Les classements, c'est l'opinion de quelqu'un. Je connais mon potentiel, je sais ce que je dois faire pour m'améliorer. »

Pas une copie de P.K.

Ceux qui s'attendent à voir en Jordan Subban une copie du numéro 76 du Canadien seront déçus.

Dès qu'on l'aborde, on voit vite qu'il ne sera sans doute pas aussi costaud que son grand frère. À 1,75 m, sa taille représentera son handicap numéro 1. Et elle lui coûtera sans doute quelques rangs en juin prochain. Mais son coup de patin l'aide à faire oublier cette faiblesse.

« S'il utilise ses attributs, qui sont ses jambes, sa vitesse et sa tête, sa taille ne devient plus un problème, estime Burnett. Mais c'est un meilleur patineur que P.K., il peut se sortir de situations difficiles avec son coup de patin, tandis que P.K. devait s'en sortir avec sa robustesse. »

Quand on lui parle, Jordan est loin de l'athlète flamboyant, parfois arrogant, que peut être P.K. Les personnalités de deux jeunes hommes semblent être aux antipodes.

« Il a une bonne attitude, meilleure que P.K. et que Malcolm, croit un dépisteur. Il est très tranquille et ne cherche pas les micros et les caméras. Il est complètement à l'opposé. »

Mais comme P.K., Jordan pourrait devenir un excellent défenseur offensif. Avec 48 points en 59 matchs, il produit à un rythme comparable à celui de son frère au même âge (56 points en 68 matchs).

Avec six choix dans les trois premiers tours en juin, le Canadien pourra regarnir sa banque d'espoirs. P.K. Subban ne demanderait pas mieux que son équipe utilise un de ces choix pour réunir les deux frangins. « J'adorerais jouer avec lui », lance P.K., avec un large sourire.

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