Canadien saison 2013, au jeu!

Dans la tête d'Eller

Lars Eller Lars Eller  Photo :  PC/Graham Hughes

OTTAWA - On a beaucoup parlé de l'ajout de Martin Lapointe et de Patrice Brisebois dans l'entourage du Canadien pour illustrer le changement de mentalité de l'organisation avec Marc Bergevin comme directeur général.

Un texte de Guillaume Lefrançois

On a moins parlé du fait que le psychologue sportif de l'équipe est une personne beaucoup plus présente que jadis, avec des effets inespérés, notamment sur Lars Eller.

« C'est un aspect sous-estimé dans nos performances, a affirmé l'attaquant à la sortie de l'entraînement matinal du Canadien (12-4-2), lundi, en vue du duel face aux Sénateurs (11-6-2) en soirée. Les gens n'y pensent pas. Il y a cette culture macho au hockey qui veut que tu endures tes maux et que tu ne t'apitoies pas sur ton sort. Mais tu peux apprendre à contrôler ta tête, à comprendre pourquoi tu réagis d'une certaine façon. Je crois sincèrement que ça se passe beaucoup dans la tête. »

Sous l'ancien régime, le psychologue sportif David Scott passait de temps à autre à Brossard pour s'adresser aux joueurs. Mais on parlait de quelques visites par saison.

Pour 2012-2013, Michel Therrien a recommandé Sylvain Guimond à son patron. Basé à Montréal, le Dr Guimond côtoie donc les joueurs au quotidien quand ils sont en ville. Et foi d'Eller, cette nouvelle ressource ne doit pas seulement servir aux jeunes.

« Oui, il travaille surtout avec les jeunes, mais aussi avec les vétérans, rappelle le jeune homme de 23 ans. Ce n'était pas un service qu'il y avait beaucoup avant, quand les plus vieux ont commencé. Il n'est jamais trop tard pour explorer de telles avenues. »

Plus robuste

Il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts depuis qu'Eller a été laissé de côté pour les matchs 2 et 3 de la saison.

Le joueur acquis contre Jaroslav Halak compte maintenant 9 points à ses 12 derniers matchs, soit depuis sa performance de 3 points face aux Sabres de Buffalo le 2 février.

Mais au-delà de la production offensive, la robustesse du nouveau Lars Eller est l'aspect le plus surprenant. Depuis cette rencontre de la veille du Super Bowl, le Danois compte 21 mises en échec, le 4e total de l'équipe pour cette période.

On parle d'un revirement spectaculaire de situation pour un joueur qui a fini 11e avec le Canadien à ce chapitre en 2011-2012, et qui aurait chuté au classement si Louis Leblanc et Ryan White avaient joué davantage de matchs.

« Je joue mon meilleur hockey quand je m'implique et que je termine mes mises en échec. Je l'ai toujours eu en moi. Je ne l'ai simplement pas assez exploité à mes deux premières années ici. Je frappais, mais pas autant que maintenant. »

Est-ce vraiment possible de changer un joueur à ce point?

« C'est possible de rendre un joueur plus complet, croit Therrien. Ça a toujours été un de mes buts : le rendre responsable offensivement et défensivement. Ce qu'il a grandement amélioré, c'est qu'il est beaucoup plus agressif, avec les résultats qu'on connaît. Quand les résultats sont là, c'est toujours plus facile pour un entraîneur de le pousser dans ce sens. »

Sans Bourque

Par ailleurs, c'est toujours sans Rene Bourque que le Canadien affrontera les Sénateurs. L'attaquant souffre toujours de symptômes grippaux, un mal qui l'a empêché de jouer samedi. Le Tricolore garde espoir de revoir l'Albertain à Toronto pour le match de mercredi, mais son état est réévalué au quotidien.

Le CH amorce une semaine chargée qui comprend aussi des matchs à Toronto mercredi, contre Pittsburgh samedi à Montréal, puis dimanche soir à Boston. Sept des huit prochaines rencontres des Montréalais sont à l'étranger.

On notera que le défenseur Francis Bouillon endossera le chandail du Canadien pour un 500e match.

« Je l'ai connu, il avait 17 ans, a raconté Therrien, son entraîneur avec le Titan de Laval et les Prédateurs de Granby. C'est un bel exploit pour lui. C'est à peine si on lui donnait une chance de faire carrière au hockey junior. Et là, il joue son 500e match. Tout le crédit lui revient. »

Du côté d'Ottawa, en l'absence du gardien Craig Anderson blessé, c'est le géant Ben Bishop qui défendra le filet des Sénateurs. Ces derniers ne prévoient pas apporter de changement à leur formation.

Trios

  • Pacioretty - Desharnais - Gallagher
  • Prust - Plekanec - Gionta
  • Galchenyuk - Eller - Cole
  • Moen - White - Armstrong

Défenseurs

  • Markov-Emelin
  • Gorges-Diaz
  • Subban - Bouillon