Canadien saison 2013, au jeu!

La formule gagnante

La formule gagnante

Le hasard a bien fait les choses pour Michel Therrien. Une absence inattendue de Rene Bourque l'a forcé à créer un nouveau trio, dont le succès a été instantané.

Transporté par Lars Eller, Alex Galchenyuk et Erik Cole, le Tricolore (12-4-2) a retrouvé le chemin de la victoire en l'emportant 3-0 sur les Rangers de New York (8-7-2), samedi, à Montréal.

Le CH a explosé avec trois buts en période médiane. Cole a ouvert la marque avec son premier but après une disette de neuf matchs sans point.

Galchenyuk et Eller se sont ensuite offerts en spectacle. Les deux hommes y ont été d'un échange inspiré qui a mené au filet de Galchenyuk.

La recrue a ensuite rendu la politesse au Danois et lui a permis de toucher la cible en avantage numérique, dans la dernière minute de jeu de l'engagement. Sur le jeu, le gardien Martin Biron avait la vue voilée par... Cole. Les trois membres du trio ont chacun terminé la soirée avec un but et une aide.

« On dirait que ça clique entre nous, a mentionné Eller au sujet de Galchenyuk. On se repère, on crée de l'espace l'un pour l'autre, c'est agréable de jouer avec lui. »

Eller s'est drôlement replacé depuis que Therrien l'a envoyé réfléchir dans les estrades pendant deux matchs en début de saison. À ses 12 dernières sorties, le Danois compte 9 points.

« Il y a un moment dans ta carrière où tu dois trouver quel genre de joueur tu seras. Je crois que j'en suis là. »

L'explosion du CH n'est sans doute pas étrangère aux problèmes de la brigade défensive des Rangers. Déjà privée d'un pilier en Michael Del Zotto, elle a perdu les services de Ryan McDonagh en période médiane, durement mis en échec par Max Pacioretty. Matt Gilroy, utilisé moins de trois minutes en première période, a finalement passé 15 minutes sur la patinoire. Il était d'ailleurs sur la patinoire pour les trois buts des Montréalais.

John Tortorella était furieux contre Pacioretty, d'autant plus qu'il a subi une autre perte en fin de match, quand l'arrière Dan Girardi a été atteint d'une rondelle à un pied.

« Puis-je poser la première question? À quelle hauteur Pacioretty a-t-il sauté lorsqu'il a frappé McDonagh? Quelqu'un a une idée? », a lancé le bouillant entraîneur-chef d'entrée de jeu en point de presse.

Grippé, Bourque a été remplacé par Brandon Prust dans le trio de Tomas Plekanec et de Brian Gionta. Le retour de Brendan Gallagher, après une absence de trois matchs à cause d'une commotion cérébrale, a permis à Therrien de réunir la recrue à David Desharnais et à Pacioretty.

Un jeu blanc, pas d'étoile

Quand un gardien signe un jeu blanc et ne fait pas partie des trois étoiles, c'est que ses coéquipiers ont accompli tout un travail.

C'est ce qui est arrivé à Carey Price, auteur d'un des jeux blancs les plus faciles de sa carrière. Le gardien du Tricolore n'a affronté que 17 tirs dans un match relativement fermé, où les vainqueurs se sont contentés de 18 tirs.

« On sautait sur toutes les rondelles libres, autant en attaque qu'en défense. Le résultat est indéniable », a dit Price, auteur de son deuxième blanchissage de la saison.

Les Rangers étaient certes privés de l'attaquant Rick Nash, blessé, mais il y a une constance dans le jeu du Tricolore depuis la dégelée de 6-0 subie il y a deux semaines aux mains des Maple Leafs. Depuis cette rencontre, l'équipe présente une fiche de 6-0-1, accorde en moyenne 22 tirs par match et n'a permis que 7 buts aux adversaires.

« Depuis le jour 1 du camp, on parle d'être une équipe dure à affronter, a rappelé Therrien. Les gens pensent qu'on veut être physiques, mais ce n'est pas seulement ça. C'est de prendre de bonnes décisions avec la rondelle, d'enlever le temps et l'espace [à l'adversaire]. Ça fait partie de ce concept. Les joueurs semblent tirer une fierté d'exécuter ce système. Dès qu'on en sort, on devient vulnérables. »

Avec ce système habilement exécuté, le Canadien arrive à faire mal paraître plusieurs équipes. On en a eu un autre exemple samedi, à un tel point que la grande vedette offensive des Rangers, Marian Gaborik, a été clouée au banc pour l'ensemble de la troisième période.

Derek Stepan a été le plus menaçant pour les « Blue Shirts », et c'est de la zone neutre qu'il a dû s'y prendre! Il a tenté un dégagement, mais Price a quitté trop rapidement son demi-cercle, croyant que l'attaquant dégagerait dans un coin, plutôt que près du filet.

Quand la meilleure chance de l'adversaire vient de 25 mètres, c'est généralement bon signe.